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Cinq marins sauvés in extremis de leur cargo transportant des fruits (Les Saintes - Guadeloupe)

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23 Juillet 2013 -
RECITSAUVETAGEGUADELOUPE

Le CROSS Antilles-Guyane alerte Eric Gélinet, le président et patron de la station des Saintes à 7h30 le 20 mars 2013. La mission est urgente. L’Elite est en mauvaise posture et prend l’eau. Plus tôt dans la nuit, l’Elite s’était signalé au CROSS par VHF pour une panne de propulsion. Depuis, sa situation a empiré. Son moteur en panne, il a dérivé dans la nuit. Plus grave, vers 7 heures du matin, une voie d’eau s’est déclarée et l’équipage ne parvient pas à l’assécher.

Eric Gélinet décide alors d’intervenir avec la SNS 240 CETO, tout juste livrée de métropole et qui n’est pas encore opérationnelle. « Le canot sort d’une modernisation carénage avec remplacement des moteurs », explique Eric Gélinet, qui se retrouve face à un dilemme. Avec les canotiers de la station, il s’estime encore peu familier de la nouvelle vedette et de son équipement de dernière génération. D’ailleurs le matin même, un exercice de rodage était prévu. Mais, face à cet appel du Cross AG, l’urgence l’emporte. Cinq vies sont peut-être en jeu. Qu’importe le statut du canot. Il faut, tout de suite, rameuter les 3 autres canotiers prévus ce jour et y aller.

A l’engagement de la SNS 240, le Cross AG ajoute d’autres moyens : l’hélicoptère Dragon 971 de la Protection civile à Pointe-à-Pitre; le canot SNS 268 Karukera de Basse-Terre et la vedette G 9710 de la Gendarmerie à Basse-Terre. Le remorqueur « Bison » de Pointe-à-Pitre est aussi sollicité.

A bord de l’Elite la situation s’aggrave. L’eau noie la cale marchandise du cargo. Dans le nord de Grand Ilet, le Dragon est sur zone mais n’y trouve pas l’Elite. Les coordonnées transmises au Cross AG sont fausses. L’hélicoptère tourne et brûle du carburant. Jusqu’à ce qu’un pompier posté à terre repère le cargo à la jumelle : dans le sud de Grand Ilet. Enfin l’hélicoptère a l’Elite en visuel. Il est 08h07. Retenu par un mince câblot tourné sur une ancre légère, le cargo, déjà bas sur l’eau, chasse lentement vers des rochers tout proches. L’hélicoptère treuille son plongeur. Lapidaire, le constat est pessimiste : « Panne moteur confirmée. Trois mètres d’eau dans la cale. Aucun moyen d’assèchement à bord ».

Arrivé sur zone à 8h27, la SNS 240 CETO offre sa motopompe. Mais doit prendre des précautions. D’abord tester la bonne marche de cette pompe dont c’est le premier emploi. Ensuite convenir d’une manœuvre pour la transborder sur l’Elite. « Entre le clapot levé par l’alizé et la houle d’Atlantique, les conditions d’un accostage étaient mauvaises, raconte Eric Gelinet. Les amplitudes conjuguées dépassaient 2m. Un hélitreuillage est donc décidé ». Reste encore à élinguer la moto pompe. Quand elle est prête, le Dragon est en fin de potentiel : il doit repartir pour un plein à Pointe-à-Pitre. A son retour, la motopompe est enfin transférée. « Malheureusement, poursuit Eric Gelinet, ni l’équipage de l’Elite ni le plongeur ne parviennent à la mettre en marche. On a donc fait hélitreuiller l’un de nos canotiers sur l’Elite ». Il est 9h28. Bientôt la pompe ronronne, docile, mais une évidence s’impose : elle ne peut étaler la voie d’eau.  « L’Elite, explique Eric Gelinet, commence à gîter. Submergé à chaque vague. A 09h50, l’évacuation s’est imposée. Evidente ».

En trois accostages successifs, la SNS 240 se porte à couple du cargo sinistré pour d’abord embarquer l’équipage, puis la moto pompe plus le chien du bord et enfin le canotier. Le plongeur est déjà reparti comme il était venu : par les airs. Au dernier accostage, le pont du petit cargo qui cale 3,10m pour une jauge de 95,6, n’est qu’à 35 cm de l’eau. Les canotiers conduisent les rescapés à Terre-de-Haut. Ils seront recueillis plus tard par un ami pêcheur. Sur zone, la SNS 268 et la G 9710 de la Gendarmerie de Basse-Terre assistent à l’agonie du cargo. Avant d’être relevées par un baliseur venu marquer l’épave d’une bouée et s’assurer d’une possible fuite d’hydrocarbure.

Une belle intervention qui a sauvé la vie de cinq personnes qui auraient été sérieusement en danger sans le secours des bénévoles de la SNSM.

SNSM - Les Sauveteurs en Mer
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