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Cinq sauvés par forte houle à l’embouchure de l’Adour (Pyrénées-Atlantiques)

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3 Février 2014 -
Cinq sauvés par forte houle à l’embouchure de l’Adour (Pyrénées-Atlantiques)

Belharra est une vague géante, l’une des plus importantes d’Europe. Elle est redoutée des professionnels, admirée des touristes et adulée des surfeurs. Ces derniers – à condition d’être d’un niveau professionnel – la rejoignent tractés par des jet-skis pour ensuite, la dévaler sur leur planche. Avec ou sans succès. Mais ajoutant encore au spectacle.

C’est justement ce spectacle que sont venus voir 5 personnes, quatre hommes de 43 à 29 ans et un adolescent de 14 ans, à bord d’un catamaran à moteur de 7 mètres, le 20 décembre 2013. Dans la matinée, ils ont quitté le petit port de Lahonce sur l’Adour. Leur projet est risqué : si la Belharra est là, les conditions sont bien sûr difficiles. Sur le retour, passé 14 h, leur vedette est presque à bon port, à 400 mètres de l’embouchure de l’Adour mais dans des creux bien formés, quand une vague plus importante l’envoie au surf. Elle enfourne, chavire et expédie ses 5 passagers à la mer. Heureusement, tous portent un gilet. Mais l’eau est à 13°.

La station de pilotage du port de Bayonne a observé la catastrophe et immédiatement averti le CROSS ETEL (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage de la zone Atlantique). Celui-ci diffuse un Mayday Relay puis mobilise différents moyens : l’hélicoptère Dragon 64, l’hélicoptère « Raffut » Puma SA 330 de la Base aérienne 120 à Cazaux (Gironde), les pompiers du CODIS 64 qui peuvent rapidement mettre en œuvre un jet-ski. Et le SNS 079 Capitaine Martin Jorlis.

Sur zone, le fileyeur La Marina, patron Bruno Gendron, port d’attache Saint-Jean-de-Luz, se déroute à 15 h à réception du Mayday Relay. Quoique seul à son bord, le patron repère et repêche 4 des naufragés qui partent à la dérive, l’horizon bouché par les vagues. Un exploit mené en 15 minutes.

Peu après, le jet-ski des pompiers se porte vers l’épave aux trois quarts immergée et récupère son propriétaire qui a eu le réflexe de s’y agripper : rester près de son bateau est toujours le meilleur moyen pour être retrouvé et sauvé. Après avoir déposé ce dernier à terre, le jet-ski repart pour assurer le transbordement des 4 autres naufragés de La Marina sur le SNS 079 Capitaine Martin Jorlis maintenant sur zone. Les moyens aériens sont décommandés tandis que les 4 victimes reçoivent leurs premiers soins à bord du SNS 079.

"Ils étaient tous choqués, racontera Pierre Martiarena, patron du canot tous temps. L’un deux était déjà en hypothermie de stade II". Avec les 4 rescapés, le canot fait route vers le port de plaisance du Brise-Lames, commune d’Anglet, sur la rive gauche de l’Adour où attendent un médecin et une ambulance. Il faudra plus de 30 minutes de soins à bord avant que les rescapés puissent embarquer sur le véhicule de secours et d'assistance aux victimes (VSAV) qui les conduira, tous les cinq, aux urgences de l’hôpital Saint-Léon.

À 16 h 30, le Capitaine Martin Jorlis reprend la mer pour tenter de récupérer la vedette King Fisher sinistrée. Deux plongeurs se mettent à l’eau dans le courant et des creux de 4 mètres. Malgré leur formation poussée et leur détermination, il leur est difficile de trouver des prises fiables pour établir une remorque solide pour passer la barre de l’Adour en convoi. À la nuit tombante, leurs efforts permettent cependant de dégager l’épave hors de l’embouchure où elle représente un danger à la navigation. À 17 h 50, le Jorlis et ses 8 canotiers sont à quai. "Quelle idée farfelue, conclut son patron, que d’aller en mer alors que les prévisions de forte houle étaient largement annoncées".

SNSM - Les Sauveteurs en Mer
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