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Inauguration du pôle national de formation SNSM de Saint-Nazaire

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23 Juin 2011 -

Discours  d’Yves Lagane, Président des Sauveteurs en Mer


Nous participons aujourd’hui à  une étape importante de la vie d’un projet associatif plus que centenaire, né avec la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés.

Construit sur un projet simple, toujours le même,  il est fondé sur l’engagement bénévole au service de la sauvegarde de la vie humaine en mer. Bien vivant aujourd’hui, il attaque le XXIe siècle avec beaucoup de dynamisme.

Ce projet nous le déclinons aujourd’hui en trois volets d’actions :
1 – l’intervention en mer à partir de vedettes de sauvetage comme ici à Pornichet,  Pornic, le Croisic ou La Turballe.
2 – le sauvetage du littoral avec des jeunes que nous qualifions pour les mettre sur les plages pendant l’été au service des Maires.
3 – la prévention sécurité auprès de tous les publics qui pratiquent la mer.

En 2011, ce projet a  des points forts mais il a aussi quelques fragilités dans  un environnement  qui évolue, que je voudrais rapidement vous développer.


Ses points forts :


    Ce sont d’abord ses résultats, sa place dans l’organisation du sauvetage en France. La SNSM est très clairement le premier acteur de l’intervention au titre du secours en mer au large, mais également sur les côtes. Cela, on en est tous très fiers.


    L’autre force importante, c’est l’attachement que les bénévoles expriment pour cette forme d’engagement. Aujourd’hui comme hier, nous n’avons pas de difficulté à les recruter et à les fidéliser.  Nos anciens ont trouvé la potion magique qui suscite  une si forte motivation : une réponse à une quête de sens, de l’amitié, de la valorisation à travers les qualifications, un espace d’initiative, de la fierté   et de la reconnaissance……


    Notre organisation et les moyens d’intervention développés pour assurer nos missions de sauvetage sont également déterminants. En la personne de Gérard Gazzano, mon prédécesseur,  je rends ici hommage à tous les anciens  qui ont  contribué au développement de cette organisation  organisée aussi efficacement  pour sauver les vies humaines en mer. 

    Au-delà d’une forte solidarité entre les bénévoles sauveteurs, notre force c’est enfin  la communauté des partenaires  fidèles qui nous accompagnent depuis longtemps. Parmi eux, nos partenaires publics restent  essentiels : l’Etat, les collectivités territoriales, les communes, les régions, les départements.

Ensemble ils contribuent pour 30 %  au financement de la ressource de la SNSM et principalement sur les investissements. Mais nous pouvons compter également sur un superbe réseau de donateurs et de partenaires privés.

Sans eux la SNSM n’aurait pas la place qui est la sienne aujourd’hui dans notre organisation nationale de sauvetage.


Je vois trois nécessités d’adaptation de ce projet au XXIe siècle :


Une exigence croissante de qualité et de sécurité dans la société dans laquelle nous vivons. Nous sommes des bénévoles, engagés dans une mission de service public au secours des personnes.  Ceci  n’est pas antinomique  de qualité et même de professionnalisme, ce qui peut choquer parfois, lorsqu’on associe ce mot au bénévolat. Nous ne pouvons pourtant nous soustraire à  cette exigence de qualité. 


Dans le même temps, notre citoyen du 21° siècle refuse le risque et cette société qui met le principe de précaution au premier rang  tend à mettre les contentieux devant la justice.

La troisième  évolution importante est la diminution du nombre de marins professionnels,  c’est-à-dire de marins qui sont allés à l’école pour pratiquer la mer. Ceux qui constituaient il y a encore vingt ans  le gros des troupes de sauveteurs bénévoles sont aujourd’hui  progressivement remplacés par des plaisanciers ; des vrais plaisanciers ; ceux dont j’ai l’honneur de faire partie ;  pas ceux que l’on appelle « les consommateurs de mer » , purs  produits de notre société de consommation que tout a  convaincu que l’on peut prendre la mer sans s’y préparer.

Qu’elles sont les fragilités de notre projet ?

La première est l’exigence de qualification et de compétence qui, aujourd’hui encore chez nous, se transmet le plus souvent  par compagnonnage  des anciens vers les plus jeunes. 

Dans le formalisme qui est exigé de plus en plus par l’institution judiciaire, c’est une fragilité.


Autre vulnérabilité : celle d’un projet fondé sur un engagement bénévole qui implique de la part des bénévoles une vraie prise de risques  dans un environnement où leur responsabilité personnelle peut être lourdement engagée. Des condamnations à répétition menaceraient gravement la motivation des bénévoles et la pérennité de notre association. e bénévolat ne peut certes dégager de la responsabilité individuelle, mais il nous faut à tout prix mettre en  confiance nos sauveteurs en les assurant qu’ils seront capables de maîtriser toutes les situations qu’ils sont susceptibles de rencontrer.

Notre réponse c’est la formation : « Former pour sauver », afin de nous donner les moyens de convaincre  toute personne susceptible  de demander des comptes sur la qualification d’un sauveteur venu à son secours   qu’il est  le mieux préparé, le plus qualifié pour assurer la mission qu’on lui a attribuée.

De là,  cette initiative de création d’un pôle de formation national de sauvetage que vous allez maintenant visiter.

On y trouve principalement des espaces d’accueil et des salles de cours pour les bénévoles,   des moyens nautiques dédiés, un simulateur et, à proximité immédiate, le superbe champ de travaux pratiques que constitue l’estuaire de la Loire…

Au-delà,  nous avons en projet de développer un pôle régional de formation au sauvetage à Saint Mandrier, près de Toulon, principalement dédié à nos sauveteurs de Méditerranée. Cela fera « SNSM » : Saint Nazaire-Saint Mandrier….. !
 
Didier Moreau notre directeur de la formation, vous expliquera ce qu’on va y faire. Notre objectif principal est de faire de ces deux centres des pôles d’exploitation et de rediffusion du retour d’expérience sur les milliers d ‘opérations que nous conduisons chaque année ; car c’est une grande  force pour une  organisation d’avoir la capacité d’analyser ses réussites,  mais aussi ses disfonctionnements pour diffuser les enseignements à tous et progresser sans cesse.

Comment va-t-il procéder avec sa petite équipe de cinq permanents ?

En préservant l’esprit de notre projet associatif fondé sur le bénévolat, il va s’appuyer sur un réseau de plusieurs centaines de formateurs bénévoles venant de tous les coins de France qu’il est en train de constituer. 

Bien préparés, ces derniers  iront ensuite  projeter les actions de  formation sur l’ensemble de notre dispositif en France et en Outre-mer.

 

Je voudrais enfin souligner la rapidité avec laquelle nous avons développé ce projet grâce au soutien sans faille de nos partenaires :


- En 2007, nous jetons les bases d’une organisation de formation des sauveteurs avec Jean Maurel, que je remercie de nous accompagner aujourd’hui en acceptant d’être le parrain de notre pôle de formation national ;
- En 2008 et 2009 nous poursuivons la tâche avec Didier Moreau, en fidélisant un  noyau de formateurs  et en formalisant un premier référentiel de stages nationaux ;
- En 2010, nous identifions ce site magnifique avec le soutien enthousiaste du Grand Port Maritime de Nantes et de la ville de Saint-Nazaire ;
- Aujourd’hui, 18 juin 2011, nous inaugurons ce nouveau pôle grâce au soutien   de quatre partenaires particulièrement efficaces que je tiens à citer:

la MACIF – partenaire historique de vingt cinq ans -  nous a aidé à  acquérir un ensemble de moyens nautiques dédiés à la formation en mer ; le Crédit Maritime nous permet de disposer de ces magnifiques locaux ;  la fondation TOTAL nous équipe d’un simulateur de conduite des opérations de sauvetage qui constitue une petite révolution dans nos procédures de travail ; les pilotes de ports ont enfin décidé de mettre à notre disposition gratuitement une précieuse banque de données d’images numérique qui vont nous permettre de simuler des navigations très réalistes dans la plupart de nos approches maritimes métropolitaines et ultramarines.

Avant de passer la parole à Didier, je me fais ici l’interprète de tous nos sauveteurs bénévoles pour remercier tous nos partenaires de leur précieux soutien. Avec vous nous grandissons à vitesse « grand V ».

Je puis vous assurer qu’ils sont très fiers de pouvoir disposer de tels moyens pour encore mieux se préparer à leur mission de sauveteur.

SNSM - Les Sauveteurs en Mer
Association loi 1901, reconnue d’utilité publique depuis 1970 et inscrite au répertoire national des associations sous le numéro W759000011


31, cité d’Antin - 75009 Paris
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