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Les bénévoles de Barfleur sauvent six britanniques

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28 Mars 2013 -
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C'est vers 18h15 que les passagers de l'Outreach II ont envoyé un appel de détresse, après qu'un des leurs ait perdu l'équilibre et se soit blessé. Partis de Fécamp à la mi-journée, les six personnes à bord se sont retrouvées prises au piège d'une mer houleuse et brutale. Ce croiseur est la propriété de l'UKSA (United Kingdom Sailing Academy), une école qui a pour objectif de mettre la voile à portée de tous et qui accueille, entre autres, des jeunes en difficulté.

Le Cross répond à la demande d’assistance médicale du voilier britannique et organise une conférence avec le CCMM (Centre de consultation médicale maritime) à Toulouse et le SCMM, son équivalent du Havre. En accord avec le médecin régulateur, un accueil à quai à Cherbourg est convenu. Mais, à 3.4 miles au large dans le N-O du Cotentin, la situation s’aggrave brusquement. Le bateau part au lof, se couche puis se redresse. Deux équipiers, heureusement retenus par leurs harnais, passent par-dessus le bord dans une eau à 9°. Ils sont trempés jusqu’aux os.
Les voiles sont arrachées par la tempête. Le moteur refuse de démarrer. L’Outreach II et son équipage sont en perdition. Le courant de marée les pousse inexorablement vers le secteur des Equets avec ses bancs. Là, les vagues déferlent sur les hauts fonds et deviennent rouleaux. Peu de navires en détresse en réchappent. Le vent souffle maintenant avec des rafales à plus de 55 noeuds.

Informé par le voilier, le Cross-Jobourg met en alerte le canot SNS 086 Amiral de Tourville.
A 21h 35, celui-ci appareille et s’engage dans l’alignement délicat de Barfleur. « A bord, ils sont six, raconte la présidente Mariannick Papillon. Un patron et cinq canotiers dont deux « voileux ».

Avec mon mari, on suit les échanges en phonie. Ça s’annonce difficile. Alors le patron et mon mari conviennent d’une stratégie. Le canot ira s’appuyer contre le voilier et deux canotiers passeront à son bord ». Pour l’Amiral de Tourville, se porter à couple de l’Outreach II est un exercice exigeant. Avec près de 900 CV pour l’un et rien pour l’autre hors des mouvements désordonnés.  De plus, les ponts de chacun ne sont pas à la même hauteur. Enfin, chaque navire monte et descend sur l’eau à un rythme différent. Il faut donc anticiper leurs mouvements, prendre en compte l’obstacle des filières des deux bords, risquer un éloignement brutal des deux coques. Et surtout, en lâchant prise pour sauter à bord, enfreindre la règle absolue : « une main pour soi, une pour le bateau ». Un exercice dangereux. Son prix peut être un membre brisé, une tête écrasé, une vie. Les deux voileux de l’Amiral de Tourville se portent volontaires pour tour à tour, passer d’un bond sur le pont britannique qu’ils inspectent rapidement. Hors de question d’organiser la manœuvre inverse, de faire passer les six britanniques dont un blessé sur la SNS 086. Une seule solution : le remorquage.

L’Amiral de Tourville manœuvre en douceur. Pour amortir les à-coups, 200 m de remorque sont filés. Ils donnent de la souplesse à l’attelage qui rejoindra Barfleur à 23H40, en partie porté par la marée.

Sauvés, les six britanniques sont accueillis à quai par une ambulance des pompiers. Elle en conduira deux à l’hôpital Pasteur de Cherbourg. Selon un porte-parole de la UKSA, «  ils en seront relâchés trois heures plus tard ».

Nul doute que sans l'intervention des bénévoles de la SNSM de Barfleur, l'expédition aurait tourné au cauchemar.

SNSM - Les Sauveteurs en Mer
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