La SNSM signe une feuille de route partenariale avec l’État

Le 11 décembre 2020, la ministre de la Mer, Annick Girardin et le président de la SNSM, Emmanuel de Oliveira, ont signé une feuille de route intégrant les engagements du président de la République en matière de sécurité et de sûreté en mer, présentés à l’occasion des Assises de l’économie de la mer de 2019.
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Annick Girardin, ministre de la Mer et Emmanuel de Oliveira, président national de la SNSM, ont signé la première feuille de route partenariale entre l’État et la SNSM le 11 décembre 2020 dans les locaux de l'association © Marianne Cossin

À la suite du drame des Sables d’Olonne, qui a vu périr en mer trois sauveteurs bénévoles au cours d’une intervention en pleine tempête le 7 juin 2019, le président de la République a rendu un hommage national aux disparus. Lors des Assises de l’économie de la mer, à Montpellier, le 3 décembre 2019, Emmanuel Macron a présenté les mesures que comptait prendre le gouvernement pour mieux soutenir l’engagement bénévole des Sauveteurs en Mer. Ces mesures ont été précisées à l’occasion du Comité interministériel de la mer, qui s’est tenu le 9 décembre 2019, et rédigées sous la forme d’une feuille de route partenariale entre l’État et la SNSM, signée le 11 décembre 2020 par la ministre de la Mer, Annick Girardin, et le président de la SNSM, Emmanuel de Oliveira.

Cette feuille de route mentionne l’augmentation de la subvention annuelle de l’État, qui s’élève désormais à 10,5 M€ – contre 6 M€ précédemment –, le nécessaire soutien des collectivités territoriales – notamment pour le renouvellement de la flotte de sauvetage – et annonce l’attribution de la qualité de pupille de la Nation aux enfants des sauveteurs disparus lors d’interventions de sauvetage en mer.

Autres points évoqués : la prise en charge du remboursement des transports sanitaires par l’État, l’indemnisation des sauveteurs décédés ou blessés en intervention ou au cours d’autres activités, la reconnaissance et la valorisation des formations, et l’accompagnement de la SNSM pour promouvoir son image auprès de tous les acteurs de la filière maritime et du grand public. Hormis l’augmentation de la contribution annuelle de l’État, déjà traduite dans les faits, nous espérons que ces intentions puissent être mises en œuvre au plus tard avant la fin de cette année.

L’homologation des formations internes de la SNSM par l’État sera ainsi recherchée, afin de reconnaître l’effort des sauveteurs bénévoles pour obtenir, sur leur temps disponible, les qualifications de haut niveau nécessaires à l’accomplissement de leurs missions, qu’il s’agisse de la navigation par tous les temps – de jour comme de nuit –, de la recherche et de la récupération des naufragés en toute sécurité, ou des premiers secours. Ces homologations devraient offrir aux sauveteurs – qui sont majoritairement des actifs – l’opportunité de valoriser ces qualifications dans le cadre de leur parcours professionnel.

En parallèle, la SNSM s’est engagée dans une réforme de son fonctionnement démocratique, avec la révision prochaine de ses statuts afin de permettre une meilleure collégialité dans la préparation des décisions, au travers de la participation d’un très grand nombre de bénévoles à l’assemblée générale, d’un conseil d’administration très majoritairement composé de bénévoles issus des structures locales de la SNSM et de l’augmentation du nombre des commissions consultatives internes.

Ce partenariat mieux formalisé avec l’État, qui porte la responsabilité de l’organisation des secours en mer, ne remet toutefois nullement en question la nature profonde de la SNSM, qui reste une association de bénévoles de droit privé, reconnue d’utilité publique et dont le fonctionnement repose principalement sur la générosité des donateurs particuliers et des entreprises mécènes.

Article rédigé par Marc Sauvagnac dans le magazine Sauvetage n°155 (1er trimestre 2021)