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Alexandre Huart, "le goût des autres"

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Une grande motivation

Motivé comme personne, ce passionné de kitesurf avoue un besoin vital d’activité physique et une envie sans limite de transmettre son expérience aux autres.

Elles ne le quittent jamais. Même dans sa voiture, Alexandre Huart ne se départit jamais des dizaines de plaquettes éditées par la SNSM, expliquant la voie royale pour devenir chef de poste. Lui n’en n’a pas eu besoin. C’est arrivé naturellement. Étape après étape. Diplôme après diplôme, jusqu’à assurer les fonctions de chef de poste l’été dernier sur la page de Wimereux.

Il suffit de l’écouter évoquer son parcours pour comprendre qu’à 26 ans, ce sportif, grand pratiquant de kite, fait preuve d’une vitalité viscérale qui l’a conduite à intégrer – malgré ses études – les pompiers volontaires de Calais. « Je déborde d’énergie avoue-t-il. J’ai besoin d’activité physique pour trouver mon équilibre ».

Difficile de ne pas le croire d’autant qu’à l’heure de nous quitter il a bien voulu nous confier le programme du week-end à venir. Week-end presque ordinaire pour un garçon qui force l’admiration et le respect. Jugez plutôt.

 

  • Vendredi soir : escalade en salle,
  • Samedi matin : cours d’entrainement à la piscine de Calais pour préparer des stagiaires au passage du BNSSA,
  • Samedi après-midi : sur la plage, cours de formation aux techniques du sauvetage,
  • Dimanche : de 20 heures à 8 heures du matin : service de garde chez les pompiers calaisiens,
  • Lundi : suivi des cours de première année à l’université du littoral de la Côte d’Opale, pour devenir professeur d’éducation physique.

 

Ses débuts à la SNSM

La SNSM, c’est à l’âge de 19 ans qu’il y rentre, en intégrant le Centre de Formation et d’Intervention (CFI) Côte d'Opale (à Calais), l’un des 32 CFI de France, le plus au nord de tout le littoral. De son existence, des formations qui y sont dispensées, c’est un « pote » du kite qui l’informe. La formation exige une participation financière.

Mais qu’importe. Alexandre est motivé et enchaîne les diplômes avec succès : PSE1 (Premiers Secours en Équipe de Niveau 1), PSE2 (Premiers secours en Équipe de Niveau 2), Permis côtier, Certificat Restreint de Radiotéléphoniste, BNSSA (Brevet National de Sécurité et de sauvetage Aquatique), chef de poste. Et si aujourd’hui, Alexandre reconnaît « qu’il en a parfois bavé, qu’il n’avait pas vraiment de disposition pour la natation, qu’il a parfois pensé jeter l’éponge », il ne regrette rien.

Sa première saison, en 2010, il est Nageur Sauveteur à Wissant, réputé pour son spot de kite. Ce sera une bonne façon de rembourser sa contribution aux frais de formation. Mais surtout prétexte à découvrir la vie de groupe aux côtés des six sauveteurs. « Nous formions une petite famille » se souvient-il. Tout comme il se souvient, le deuxième jour de son arrivée, de sa première montée d’adrénaline. L’assistance à une personne qui ne savait pas nager et qui avait décidé d’en finir avec la vie. La seconde poussée : le sauvetage d’un kite surfeur qui avait failli s’écraser contre la digue. L’année suivante, il récidive, toujours à Wissant, prétexte à une rencontre qui va marquer sa vie. C’est Rudolph, l’adjoint au chef de poste. « Avec lui, j’ai morflé confie-t-il mais j’ai appris à me surpasser. C’était mon Jedi, j’étais son Padwan », référence à Star Wars oblige. Ensemble, ils ramèneront deux belges bloqués par la marée sur les vestiges du Mur de l’Atlantique. Au terme de quatre saisons passées à Wissant, Alexandre change d’horizon. Il passe un mois aux Sables d’Olonne où, simple sauveteur, il apprend à travailler aux côtés des CRS chargés de surveiller la plage.

Enfin, l’été 2016 et désormais chef de poste, Alexandre est nommé à Wimereux où la municipalité met à disposition du poste un IRB (Inflatable rescue Boat, petit pneumatique de sauvetage côtier) loué par la SNSM et équipé d’un moteur de 25 cv, ainsi qu’un véhicule 4x4. Face à lui et à ses huit camarades sauveteurs, une plage technique, d’autant qu’à marée haute la mer couvre tout le sable. Où sera t-il l’année prochaine ? Alexandre ne peut répondre mais se verrait bien changer d’air et découvrir la Méditerranée. En attendant, il donne au quotidien libre cours à ses passions. Le kite, bien évidemment, et celle qu’il voue à sa compagne, Manon, rencontrée au CFI Côte d'Opale, Nageuse Sauveteuse et pompier volontaire comme lui. Ensemble, ils se verraient bien partir en Australie. Mais pour l’heure, Alexandre focalise son énergie pour passer avec succès en deuxième année de master d’enseignement. L’an passé, il échouait pour quatre petits points. On croise les doigts pour lui !

Portrait rédigé par Bernard Rubinstein, paru dans le Magazine Sauvetage n° 138 (3e trimestre 2016).

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