Céline Cabon, sauveteuse vendeuse
publié le26 Novembre 2024

La mère de famille de 45 ans voulait agir pour la SNSM sans embarquer à bord d’un bateau. Sa solution : tenir la boutique de sa station ! © SNSM
Tous les Sauveteurs en Mer n’ont pas pour rôle de sauter dans un bateau pour vous venir en aide. À terre, des bénévoles tout aussi utiles se chargent de gérer la trésorerie des structures, d’organiser leur communication, d’effectuer des tâches administratives… À L’Aber Wrac’h, Céline Cabon tient la boutique.
Chez les Cabon, la SNSM est une affaire de famille. Mickaël a affronté les éléments pendant près de vingt ans sur le canot tous temps de la station de L’Aber Wrac’h, à Landéda (Finistère). Céline, sa compagne, ne monte pas sur les bateaux de sauvetage. Mais elle impulse un dynamisme impressionnant à la boutique locale, où elle vend des produits dérivés pour alimenter les caisses de la structure. Leurs enfants, Marine, 12 ans, et Romain, 15 ans, prêtent aussi main-forte.
« On dit que quand on met le doigt dans l’engrenage, le bras y passe vite en entier, s’amuse Céline. C’est tout à fait mon histoire, mais ça n’a rien eu de douloureux car il y a une très chouette ambiance dans l’équipe formée par tous les bénévoles. » Pourtant, rien ne la prédestinait à rejoindre les Sauveteurs en Mer. Originaire de Nantes, elle passe régulièrement l’été à L’Aber Wrac’h, où elle a « souvent vu les sauveteurs, la station et les embarcations sans trop bien comprendre leur rôle ».
Fascinée par l’énergie des bénévoles Céline Cabon Bénévole à L’Aber Wrac’h
Ce n’est qu’en rencontrant son mari, sauveteur embarqué, qu’elle découvre « les astreintes, les interventions de jour ou de nuit, les exercices… J’ai été touchée et fascinée par l’énergie des bénévoles, l’esprit de famille, leur abnégation et leur souci de bien faire leurs missions, ainsi que leur humilité », note la maman de 45 ans.
Elle veut intégrer cette grande famille, mais sans embarquer. Céline trouve le moyen « d’aider l’association à [sa] manière » : se rendre utile à la boutique. Conseillère clientèle de métier, elle est habituée au contact commercial.
La boutique, tenue par une douzaine de bénévoles, n’ouvre que quelques jours par an. Comme une professionnelle, Céline « prépare dès l’hiver les commandes pour la saison à venir en faisant un point annuel avec le fournisseur », analyse les ventes de l’année passée « pour voir les tailles ou les couleurs qui ont eu le plus de succès ». Là aussi, cela se fait en famille : ses deux enfants donnent également leur avis sur les modèles et les coloris. « Pour répondre à la demande, j’ai même développé avec À l’Aise Breizh, une entreprise textile voisine, toute une gamme aux couleurs de la station, souligne Céline. Ces articles plaisent énormément, ce qui est super pour aider les finances de la station… Mais cela se révèle aussi très gourmand en temps. »
Le temps, le nerf de la guerre pour Céline. « Si les soirées et les week-ends ne suffisent plus, la seule solution pour moi reste de poser deux ou trois jours de RTT, explique-t-elle. Mais quand on croit en cette noble cause et qu’on est porté par toute son équipe, on le fait bien volontiers. » Un avis sans doute partagé par les nombreux bénévoles qui, comme Céline, remplissent d’invisibles missions à terre pour permettre aux sauveteurs d’intervenir en mer.
Article rédigé par Étienne Devailly