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Au cœur des tests de sélection des futurs nageurs sauveteurs

publié le14 Décembre 2023

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Les aspirants nageurs sauveteurs écoutent les instructions avant de se mettre à l’eau pour les épreuves de natation © Rémy Videau

Avant d’intégrer une promotion de nageurs sauveteurs, il faut réussir des tests de sélection. Cette année, ils sont une trentaine à s’être présentés au centre de formation et d’intervention d’Orléans à la mi-septembre, répartis lors de deux sessions. Seuls vingt d’entre eux seront retenus.

Aucun nageur sauve­teur n’ou­blie ses tests de sélec­tion. Ils sont la première étape d’une longue aven­ture. Le dimanche 17 septembre 2023, à 7 h 45, quinze candi­dats arrivent à la piscine de La Source, à Orléans, pour montrer leurs capa­ci­tés et leur moti­va­tion au cours de plusieurs épreuves.

Ils sont âgés de 16 à 46 ans et sont étudiants, en pause profes­sion­nelle ou profes­seure de mathé­ma­tiques en collège. Ils se présentent chacun leur tour, lorgnant les t-shirts orange des nageurs sauve­teurs. Le centre de forma­tion et d’in­ter­ven­tion (CFI) d’Or­léans ne peut former que vingt stagiaires par an. Tout le monde ne sera pas pris : à l’is­sue des tests, les forma­teurs béné­voles choi­si­ront ceux qui seront formés.

Au bord du bassin, la tension est palpable. Le groupe écoute scru­pu­leu­se­ment la descrip­tion du dérou­le­ment des épreuves. Dorian, assis à l’écart, se prépare depuis une semaine. « Je suis allé nager en prévi­sion des tests, raconte le jeune homme de 17 ans au maillot de bain noir. Je vois la SNSM en Norman­die depuis que je suis petit, c’est impor­tant pour moi. » Il rejoint les autres aspi­rants sauve­teurs dans le bassin de 25 mètres pour un échauf­fe­ment de dix minutes.

Les épreuves débutent. Les préten­dants se succèdent sur le 200 mètres nage libre, puis sur un parcours où ils doivent récu­pé­rer des objets immer­gés. « On essaie d’éva­luer leur aisance à la nage et en apnée », explique Inès Cousin, respon­sable des entraî­ne­ments au CFI. Karine, 46 ans, sort de l’eau à bout de souffle. « J’ai un peu sous-estimé les épreuves, sourit la doyenne des candi­dats en repre­nant sa respi­ra­tion. Mon fils a fait la forma­tion l’an­née dernière et m’a donné envie de me lancer. »

Epreuve de course pour les aspirants sauveteurs
En tête, Candice mène les candidats à 10 km/h pendant 2 kilomètres © Rémy Videau

Trac­tion, porté, entre­tien de moti­va­tion…

Les parti­ci­pants ont aussi à faire montre de leurs capa­ci­tés en dehors de l’eau. Ils doivent réali­ser une trac­tion, porter une personne sur 25 mètres et expliquer leurs moti­va­tions au cours d’un entre­tien. «  Je veux être sauve­teur comme mon grand-père l’a été avant moi, explique Ewen, 18 ans, serviette saumon sur les épaules. C’est une vraie passion, qu’il m’a trans­mise.  »

De leur côté, les enca­drants chro­no­mètrent, inter­rogent et prennent des notes sur les épreuves. Autour des deux bassins du grand complexe nautique, les t-shirts orange s’agitent comme dans une four­mi­lière pour guider les postu­lants. « C’est beau­coup plus plai­sant et bien moins stres­sant de vivre les tests en tant qu’en­ca­drante, plai­sante Oriane, qui était candi­date l’an­née passée. Il faut s’ar­ra­cher quand on parti­cipe aux épreuves.  »

Bien­tôt une heure que les tests s’en­chaînent. L’am­biance se détend. Les mines renfer­mées des quinze concur­rents laissent place à quelques sourires.

Les épreuves aquatiques n’étaient pas trop difficiles, je suis content de moi. J’ai déjà surveillé des lacs, je veux évoluer et aller en mer. Pierre-Yves Candidat à la formation de nageur sauveteur de la SNSM

Le maillot de bain laisse place aux baskets

Les candi­dats passent de l’eau chlo­rée à la piste d’ath­lé­tisme en quelques minutes. Au programme, 2 kilo­mètres de course à pied, puis une épreuve mystère. Inès profite de l’échauf­fe­ment pour faire connais­sance avec les autres concur­rentes. «  Je n’ai pas pu faire la forma­tion pendant mes études, je vais tout donner, se motive cette profes­seure de mathé­ma­tiques de 26 ans. On y arri­vera ensemble.  »

Deux nageurs sauve­teurs jouent le rôle de lièvre en courant avec les postu­lants. Matis entraîne les plus rapides à 12 km/h. Les moins aguer­ris suivent Candice à une allure de 10 km/h. Les doubler est une moti­va­tion supplé­men­taire pour les plus véloces. « Je vais tout faire pour les suivre, je serais énor­mé­ment déçue de ne pas y arri­ver  », confie Karine sur la ligne de départ.

Théo, 24 ans, arbore un t-shirt floqué « Cham­pion France 2016 UNSS1  ». L’étu­diant infir­mier est passionné de sport, mais n’a jamais eu le temps de deve­nir nageur sauve­teur. Il souhaite se former, comme sa copine et ses amis avant lui. Il fran­chit la ligne d’ar­ri­vée au sprint, à bout de souffle. « C’est long, 2 kilo­mètres, quand on est habi­tué aux 100 mètres », gémit le jeune homme aux bras tatoués. Il retrouve les quatorze autres concur­rents pour l’épreuve mystère. Les spécu­la­tions vont bon train. Courir de nouveau ? Faire un maxi­mum de pompes ? Ils se préparent au pire.

Deux minutes plus tard, la révé­la­tion tombe : ce sera du gainage. « Vous allez nous ache­ver  », ironise Karine avec un faux air déses­péré. Trans­pi­rants et fati­gués, les spor­tifs se mettent en planche pour l’ul­time test. Ils serrent les dents pendant ces longues minutes où il faut se dépas­ser. Du haut de ses 16 ans et 11 mois, c’est Evan qui est le dernier à tenir la place après six minutes et vingt-cinq secondes d’ef­fort. « J’ai connu la SNSM grâce à mon père, qui est pompier, commente cet élève de termi­nale. Je veux passer mes diplômes de secou­risme comme lui.  »

Epreuve de gainage pour les futurs sauveteurs
Épreuve surprise : du gainage ! Certains candidats sont parvenus à rester plus de six minutes en position © Rémy Videau

Les candi­dats se féli­citent en souriant, soula­gés et satis­faits d’avoir donné le meilleur d’eux-mêmes. Quinze autres postu­lants sont atten­dus le lundi suivant pour passer les mêmes tests. Le CFI en retien­dra vingt. Pour Karine, Théo, Inès et leurs homo­logues, il est temps de se dire au revoir. Tous espèrent que cette mati­née commune n’était que le début d’une longue aven­ture de huit mois avant de surveiller la baignade sur les plages l’été prochain.

1- Union Natio­nale du Sport Scolaire

Article rédigé par Rémy Videau, publié dans le maga­­­­­­­­­­­­­­­­­zine Sauve­­­­­­­­­­­­­­­­­tage n° 166 (4e trimestre 2023)

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