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Rudy Coulon communique son énergie aux sauveteurs de Trébeurden

publié le4 Novembre 2021

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Rudy Coulon est le président de la dynamique station SNSM de Trébeurden ©SNSM

En quelques mois, le nouveau président et trois bénévoles de cette station bretonne ont réussi à en multiplier l’effectif par huit et à assurer les missions de la saison estivale. Portrait d’un président dynamique, investi, autant passionné par le sauvetage qu’attentif à son équipe.

Les stations de sauve­tage aussi peuvent avoir besoin de sauve­teurs. Y compris pour elles-mêmes. Celle de Trébeur­den (Côtes d’Ar­mor) en a fait partie. Implan­tée jusqu’alors sur deux sites distants d’une dizaine de kilo­mètres – Trébeur­den, où est basée la vedette SNS 218 Pors Trozoul, et l’Île-Grande, dotée du semi-rigide SNS 718 Toulg­wenn, elle a été victime d’une certaine usure. Fin 2020, le siège pari­sien de la SNSM a dû tran­cher. L’Île-Grande a, dès lors, été ratta­chée à la station de Trégas­tel, tandis que Trébeur­den restée seule devait recons­ti­tuer un équi­page pour la vedette.

Rudy Coulon

« Nous n’étions plus que quatre membres à rester à la station de Trébeur­den, explique Rudy Coulon, président de cette dernière. Le siège des Sauve­teurs en Mer nous a proposé, dans un premier temps, de nommer un patron. Il y en avait un parmi nous quatre, qui est devenu le patron titu­laire. Puis on nous a demandé d’es­sayer de recom­po­ser une équipe, avec un tréso­rier et un président. » Pres­senti pour ce dernier poste, Rudy Coulon n’y tenait pas parti­cu­liè­re­ment, mais l’a accepté en janvier dernier, dans « l’in­té­rêt de la station, affirme-t-il. Nous avons reformé un équi­page et, début octobre, nous sommes trente-quatre dont trois femmes. C’est comme si nous avions créé une nouvelle station.  » 

Un véri­table défi

Car, au début de l’an­née, cette « nouvelle » station ne dispo­sait que de quatre sauve­teurs expé­ri­men­tés et de quelques « sauve­teurs poten­tiels, de toutes géné­ra­tions mais pratique­ment sans aucune expé­rience des secours », souligne Rudy Coulon. Dans ces condi­tions, pas d’autre solu­tion que d’op­ter pour « une forma­tion très inten­sive, jusqu’à trois soirées par semaine. C’était très dense pour eux, mais ils le savaient. Nous l’avions expliqué car nous voulions avoir au moins une équipe opéra­tion­nelle pour l’été », pour­suit le président.

Résul­tat, « l’été s’est très bien passé. Ils se sont énor­mé­ment inves­tis puisqu’en huit mois, nous avons huit PSE1 – le premier niveau de secours –, trois équi­piers pont et bien­tôt d’autres spécia­li­tés. Pour une première saison, en si peu de temps, c’est bien, même très bien, nous sommes assez fiers d’eux  », raconte Rudy Coulon, en souli­gnant le soutien essen­tiel du centre de forma­tion et d’in­ter­ven­tion des Côtes d’Ar­mor, basé à Trégas­tel.

Sa recette ? Visi­ble­ment, ce quaran­te­naire enthou­siaste est avant tout modeste. Tenant à jouer toujours collec­tif, il sait délé­guer et déce­ler les apti­tudes comme les goûts de chacun pour en faire des atouts. Et il s’ap­plique les mêmes pratiques. Son métier de vendeur de voitures depuis treize ans lui permet de rencon­trer et de lier connais­sance avec « énor­mé­ment de monde dans notre bassin d’ac­ti­vité, profes­sion­nels et parti­cu­liers, et la commu­ni­ca­tion fait partie de mon quoti­dien. Cela aide forte­ment », estime-t-il. 

Il en est de même du patron de la vedette, Chris­tophe Ooghe. « J’ai la chance qu’il soit direc­teur de l’école de voile de Trébeur­den. Il a pu aller moti­ver des jeunes qui étaient déjà dans le milieu mari­time, précise le président. Nous avons aussi beau­coup travaillé sur les réseaux sociaux pour faire connaître l’ac­ti­vité de la SNSM afin que d’autres personnes aient envie de se présen­ter natu­rel­le­ment pour propo­ser leurs services et nous rejoindre.  » 

Lui, sa voca­tion tient à ses racines. Son père avait été sauve­teur plusieurs années et certains de ses amis l’étaient. « J’ob­ser­vais cela de loin et j’aime beau­coup le milieu mari­time. Ce qui m’a vrai­ment attiré, c’est le côté humain du groupe SNSM, l’es­prit fami­lial et être là pour les autres. Ce sont des choses de plus en plus rares  », insiste-t-il.

Photo de groupe de la station SNSM
La station SNSM est composée de trente-quatre personnes ©SNSM

Pour autant, cet amateur de navi­ga­tion de plai­sance sait aussi garder les pieds sur terre. « La passion est une chose, moti­ver une équipe et la gérer avec les diffé­rents tempé­ra­ments en est une autre », recon­naît-il. 

Partage et collé­gia­lité

Il accom­pagne, montre la route, en s’ap­puyant sur son vice-président et les patrons. « Nous prenons des déci­sions de manière très collé­giale. Après, quand il faut tran­cher, je tranche, mais l’idée était quand même de rajeu­nir l’état d’es­prit, tout en gardant la porte ouverte aux volon­taires de tous les âges, parce qu’il en faut  », pour­suit Rudy Coulon, très atten­tif à utili­ser au mieux les compé­tences de chacun et à encou­ra­ger leur partage. Il a pu créer ainsi plusieurs binômes de façon à ce que « la mission de sauve­tage ne s’ar­rête pas ». 

Pour lui, le sauve­tage, c’est certes du béné­vo­lat et une passion, mais c’est aussi un métier non rému­néré qui demande « un vrai inves­tis­se­ment. Il faut rester connecté, se former, s’en­traî­ner, écou­ter, apprendre des anciens parce qu’ils ont plein de choses à trans­mettre, et savoir ne pas mettre sa vie en danger », résume-t-il. Avec une mention spéciale pour les dona­teurs, ainsi que les compagnes et compa­gnons très inves­tis dans les anima­tions, qui permettent de faire connaître la SNSM.

Réunir les 70 000 à 80 000 € néces­saires chaque année au fonc­tion­ne­ment de la station est aussi un point central de la mission; cette année, la station de Trébeur­den va enga­ger 20 000 € pour la révi­sion des cinq cents heures de service des moteurs de la SNS 218

Article rédigé par Domi­nique Malé­cot, diffusé dans le maga­zine Sauve­tage n°158 (3e trimestre 2021) 

 

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