Attention aux marées !
publié le2 Juin 2025

Plage découverte à marée basse © SNSM
Ah, les marées… Un phénomène incontournable à prendre en compte avant toutes vos sorties en mer ou sur le littoral. Les horaires et amplitudes de ces mouvements océanographiques, parfois impressionnants, doivent absolument être connus avant d’envisager des activités nautiques ou des balades en bord de mer. Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas « la mer à boire » !
Le phénomène des marées
Comprendre le mécanisme de la marée, c’est appréhender l’une des forces les plus puissantes de la nature qui anime une partie de notre environnement marin, c’est observer le rythme naturel des océans, influencé par les astres, notamment la Lune et le Soleil. Ces derniers agissent sur le niveau de l’eau, créent des marées hautes et basses qui peuvent affecter la navigation, la pêche, et même les promenades côtières. Et, bien que les notions de coefficient de marée et de marnage peuvent sembler complexes, elles sont essentielles pour anticiper le mouvement des eaux et savoir rester en sécurité en mer ou sur l’estran. Alors, comment cela fonctionne-t-il ?
Comment se forment les marées ?
Les marées sont un phénomène naturel résultant de l’attraction gravitationnelle exercée par la Lune et le Soleil sur les océans de la Terre. Lorsque la Lune se trouve le plus près de la Terre, sa force gravitationnelle attire les océans, créant ce qu’on appelle l’onde de marée.
Le Soleil, bien qu’éloigné, a également une influence notable. Cette conjonction des forces gravitationnelles provoque une élévation (marée haute) et une diminution (marée basse) régulières du niveau des mers et des océans. Pour la petite histoire, c’est Isaac Newton qui a découvert ce phénomène de marée en 1687 !
Connaître le cycle des marées
En France métropolitaine, le cycle des marées se décompose en deux marées hautes et deux marées basses chaque jour, avec un intervalle d’environ 6 heures entre chaque marée haute et basse. Ces alternances de haute et basse mer se déroulent deux fois toutes les 24 heures et 50 minutes exactement. L’horaire de la marée se décale donc de 50 minutes chaque jour par rapport à la veille. On appelle coefficient de marée la mesure de l’amplitude des marées. Il est exprimé en centièmes et varie de 20 à 120, qui constitue le coefficient de la plus forte marée qui puisse exister.
Plus ce coefficient est élevé, plus la différence entre haute et basse mer est marquée. Le coefficient de marée varie selon la position relative de la Terre, de la Lune et du Soleil, mais également au fil du mois lunaire et de l’année solaire.
C’est ainsi que l’on observe les plus fortes marées aux équinoxes de printemps et d’automne (lorsque le jour dure autant que la nuit) et les plus faibles aux solstices d’hiver (le jour le plus court de l’année) et d’été (le jour le plus long).
Quels sont les différents types de marées ?
Les marées se classent principalement en deux catégories :
- Les marées de vives-eaux se produisent lors des phases de pleine lune et de nouvelle lune, périodes où l’attraction combinée du Soleil et de la Lune est la plus forte, générant des marées avec des coefficients élevés.
- À l’opposé, les marées de mortes-eaux surviennent lorsque la Lune et le Soleil forment un angle droit par rapport à la Terre, réduisant leur attraction combinée et donnant lieu à des marées avec des coefficients plus faibles.
Les grandes marées, souvent appelées marées du siècle, se produisent lorsque la Terre, la Lune et le Soleil s’alignent et que leurs forces gravitationnelles se conjuguent. Ce phénomène entraîne des marées exceptionnellement hautes et basses.
Quelle est la différence entre marée basse et haute ?
La marée basse – ou basse-mer – est le moment où le niveau de la mer est au plus bas dans un cycle de marée ; tandis que la marée haute – ou haute-mer – est le moment où il est au plus haut. La différence de hauteur entre ces deux niveaux est le marnage. En France, c’est le coefficient de marée qui indique si la marée du jour a un petit ou un gros marnage. Les marées peuvent être plus ou moins fortes selon l’endroit et le coefficient. En effet, les mouvements de marée sont aussi liés à la configuration des côtes et à la profondeur de l’eau. À Brest, par exemple, la différence de hauteur d’eau est d’environ 7 mètres. Au mont Saint-Michel, elle peut atteindre 15 mètres, tandis qu’elle est seulement de 40 centimètres sur les côtes de la mer Méditerranée.
Connaître les hauteurs et horaires des marées par ville en temps réel !
Consultez les horaires des marées en temps réel et par ville sur le site du Service national d’hydrographie et océanographie (SHOM), qui calcule ces horaires en temps réel et ville par ville.
Les horaires des marées varient de jour en jour et d’année en année. Sur les plages, l’eau peut remonter à vitesse rapide et parfois de façon irrégulière. À certains endroits, des bancs de sable peuvent rester découverts alors qu’ils sont déjà entourés par la mer.
- Pour passer une journée en sécurité sur le bord de mer, il est essentiel de bien s’informer sur l’horaire des marées et les hauteurs d’eau prévues. Comme nous l’avons vu, les marées sont un élément naturel influencé par les cycles lunaires et par les coefficients des marées, qui déterminent l’amplitude de chaque cycle. Ces informations vous permettront de prévoir la hauteur à laquelle l’eau se trouvera, que ce soit à marée basse ou à marée haute, et de préparer vos activités en toute sécurité.
- Pour connaître les horaires des marées par ville en temps réel, vous pouvez utiliser des outils en ligne disponibles sur des sites dédiés ou des applications mobiles spécifiques, telles que maree.info ou meteo consult. Ces ressources vous fournissent des prédictions exactes des événements de marée – notamment les heures de pleine mer et de basse mer – ainsi que la hauteur d’eau attendue à chaque instant.
- En connaissant les hauteurs d’eau, vous serez mieux préparé(e) pour ajuster vos activités en fonction de l’amplitude des marées du littoral et des conditions météorologiques. Il est important de connaître ces informations avant toute sortie près de la mer.
- Il est aussi important de repérer les panneaux d’information dans les ports et les zones côtières, qui indiquent les heures des marées et les différences de hauteur. Ces informations permettent de prévoir les dangers potentiels, tels que les bancs de sable ou des rochers rapidement submergés par la marée montante.
- Prendre le temps de consulter l’horaire des marées et de se renseigner sur les hauteurs d’eau est un acte responsable qui vous permettra de vivre pleinement votre expérience en bord de mer.
Suivez les conseils de la SNSM pour profiter des grandes marées en toute sécurité
- Si vous pratiquez un sport nautique ou que vous êtes sur un pneumatique (bateau gonflable, par exemple), la marée descendante peut entraîner la création d’un courant et vous emmener au large. Restez donc vigilant !
- Avant de partir à la pêche à pied, n’oubliez pas d’emporter systématiquement un moyen de communication pour pouvoir alerter les secours en mer en cas de nécessité. Ceux-ci sont joignables par téléphone en composant le 196 ou par VHF sur le canal 16.
- Avant d’aller à la pêche à marée basse, renseignez-vous. Consultez notre fiche conseil La pêche à pied.
Avant la pêche à pied à marée basse
- N’allez surtout pas seul.e à la pêche.
- Prenez une montre et surveillez l’heure.
- Emportez un téléphone mobile afin d’être en capacité de donner l’alerte si nécessaire.
- Prévenez une personne à terre de l’heure à laquelle vous prévoyez de rentrer. Si vous êtes en retard, elle pourra avertir les sauveteurs.
- Renseignez-vous sur les informations suivantes :
- les horaires des marées (haute mer et basse mer)*,
- le marnage (différence de hauteur d’eau entre basse et haute mer),
- le coefficient de marée du moment (s’il est supérieur à 100, il y a danger),
- les conditions météorologiques (attention, les vents d’ouest sont souvent plus dangereux),
- les dangers de la plage où vous prévoyez de vous rendre (sables mouvants, bancs de sable isolés, etc.).
* Les horaires de marées sont affichés dans les postes de secours des plages, dans les capitaineries des ports et sont souvent distribués gratuitement dans les commerces. Ils sont indiqués dans les journaux locaux et disponibles aussi sur Internet.
Pendant la pêche à pied à marée basse
- Surveillez ce qui se passe autour de vous et prenez des repères car la mer remonte très vite.
- Les eaux qui montent peuvent venir de plusieurs côtés, et pas seulement du large ; elles peuvent vous contourner même par l’arrière et vous isoler. Il est alors possible de se faire emporter par de forts courants créés par la marée montante.
- Il faut savoir que si le marnage du moment est par exemple de 10 mètres à mi marée, la mer va monter de 5 mètres en 2 heures, c’est à dire 1 mètre toutes les 24 minutes.
- Calculez avec précision le temps qu’il vous faudra pour refaire le chemin en sens inverse. Pour votre calcul, ayez bien à l’esprit que le temps de retour est toujours plus long que le temps de l’aller (poids de la pêche, marche dans la vase, fatigue), notamment avec des enfants.
- Le signal pour commencer à remonter, c’est l’heure de la basse mer. Et ce n’est pas parce qu’il reste encore des personnes autour de vous que ce n’est pas dangereux.
Attention aussi au moment de la haute mer !
- Par fort vent d’ouest, certains lieux peuvent être submergés par la mer alors qu’ils sont accessibles en temps normal : par exemple des passages, chaussées, digues, promontoires, etc.
- Un vent violent peut déclencher une vague plus forte que les autres, appelée une lame. Si un gros coefficient de marée se conjugue avec un vent fort, cette lame peut venir faucher un piéton inattentif ou un promeneur se trouvant trop proche du bord de l’eau.
Comment ne pas finir encerclé par la marée ?
« Quand la mer remonte, cela peut aller très vite. Renseignez-vous avant de partir sur les horaires de marées pour anticiper sa remontée. Sur la plage, regardez régulièrement autour de vous, prenez des repères pour voir si la remontée a commencé. Celle-ci peut d’ailleurs venir de tous côtés, pas seulement du large, vous contourner, vous isoler et créer des courants qui peuvent vous emporter. À l’heure de la basse mer, commencez à rentrer, n’attendez pas la remontée. D’ailleurs, ne vous fiez pas à la présence d’autres personnes autour de vous, elles ne connaissent pas forcément les conditions de marée ! »
Que faire quand on se fait surprendre par la marée ?
- Si vous êtes surpris(e) par la marée montante, restez calme et cherchez immédiatement un point haut, tel qu’une digue ou une élévation de terrain, pour vous mettre à l’abri. Traverser un bras de mer en cours de remplissage est dangereux, car le courant peut être bien plus puissant qu’il n’y paraît. Repérer des points de sortie avant de s’aventurer sur le littoral, en particulier loin des zones aménagées, est essentiel.
- Il est conseillé de ne pas trop s’éloigner des zones sécurisées, comme les chemins ou digues. En cas de danger, signalez-vous à l’aide de gestes amples ou utilisez un téléphone portable pour contacter les secours. Pour cela composez le 196 depuis votre téléphone portable (urgences en mer) ou le 112 (pompiers).
- En groupe, restez ensemble pour éviter qu’une personne se retrouve isolée, car les marées peuvent monter très rapidement. Assurez-vous que chaque membre connaît les consignes de sécurité vues précédemment pour éviter tout risque inutile en cas de marée montante.
- Pour ne pas être pris(e) de court, il vaut mieux anticiper les risques en consultant l’heure de la marée et les prédictions météorologiques. Les coefficients des marées indiquent l’amplitude de la marée : plus le coefficient est élevé, plus la différence entre marée basse et haute est grande, pouvant rendre le retour sur la terre ferme difficile. En cas de doute, demandez conseil aux locaux ou aux professionnels du secteur maritime, tels que les sauveteurs de la SNSM.
- La mer est imprévisible, même pour les personnes expérimentées. Préparez vos sorties avec soin, restez informés des prévisions, et profitez du littoral en toute sécurité.
* Les horaires et coefficients de marées officiels sont calculés par le Shom
Dans les épisodes de grandes marées, les bénévoles de la SNSM sont souvent sollicités pour secourir des personnes qui se sont laissé surprendre par la montée des eaux. Pour les soutenir dans leurs missions, vous pouvez leur faire un don.