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Dispersion des cendres en mer : ce qu’il faut savoir

publié le2 Mars 2024

écrit parEquipe éditoriale

15 minde lecture

Choi­sir la disper­sion des cendres d’un proche en mer, c’est avant tout respec­ter les dernières volon­tés du défunt. Ce guide complet vous four­nira les infor­ma­tions essen­tielles pour comprendre et orga­ni­ser cette pratique. Il aborde les diffé­rences entre la disper­sion simple et l’im­mer­sion d’urnes biodé­gra­dables, examine les règles légales qui encadrent ces actes, et met en lumière les consi­dé­ra­tions écolo­giques à prendre en compte.

Que dit la loi sur la disper­sion des cendres en mer ?

Alter­na­tive à la disper­sion à terre (dans les jardins du souve­nir, par exemple), la disper­sion en mer des cendres est l’oc­ca­sion d’or­ga­ni­ser une céré­mo­nie près du port d’at­tache du défunt. Voici tout ce qu’il faut savoir pour réali­ser cette céré­mo­nie.

La disper­sion des cendres à la surface de la mer est enca­drée par la loi du 02/01/1986 et l’ar­ticle L. 2213–23 du code géné­ral des collec­ti­vi­tés terri­to­riales (CGCT), qui l’au­to­rise sous réserve qu’elle soit réali­sée à plus de 300 mètres des côtes. Atten­tion, elle est en revanche inter­dite dans un cours d’eau douce (rivière, fleuve, ruis­seau, etc.).

Il faut distin­guer la disper­sion de l’im­mer­sion d’une urne funé­raire. Il faut, pour cela, acqué­rir une urne submer­sible biodé­gra­dable et pouvant se dissoudre dans l’eau de mer (urne en sel, en carton ou en argile, par exemple). Cette opéra­tion doit être effec­tuée à plus de 3 milles nautiques du rivage, ce qui corres­pond à un peu plus de 5,5 km. En option, vous pouvez faire dépo­ser l’urne dans une cavité sous-marine par des plon­geurs profes­sion­nels, à au moins 15 mètres de profon­deur.

Ces mesures légales visent à respec­ter à la fois l’en­vi­ron­ne­ment marin et la volonté du défunt.

Quelles diffé­rences entre la disper­sion des cendres et le dépôt des cendres en mer ?

Cette distinc­tion est impor­tante, car elle déter­mine le choix des urnes et la prépa­ra­tion de la céré­mo­nie.

  • Disper­sion directe des cendres : les cendres du défunt sont répan­dues direc­te­ment dans l’océan, permet­tant aux courants marins de les disper­ser natu­rel­le­ment. Cette méthode est privi­lé­giée pour sa simpli­cité et son aspect natu­rel.
  • Dépôt d’une urne biodé­gra­dable : l’urne funé­raire, conçue pour se dissoudre progres­si­ve­ment, est placée dans l’eau. Ce proces­sus contrôlé libère les cendres douce­ment (il faut comp­ter 48 heures pour la disso­lu­tion d’une urne en sel, par exemple), en accord avec des consi­dé­ra­tions envi­ron­ne­men­tales spéci­fiques.

Ces deux procé­dures soulèvent plusieurs points impor­tants :

  • Consi­dé­ra­tions légales : chaque méthode est soumise à des régle­men­ta­tions locales et mari­times spéci­fiques.
  • Impact écolo­gique : le choix de la méthode et de l’urne ciné­raire (conte­nant les cendres du défunt) doit prendre en compte la préser­va­tion des écosys­tèmes marins.
  • Prépa­ra­tion de la céré­mo­nie : le type de disper­sion choisi influence les arran­ge­ments et la person­na­li­sa­tion de la céré­mo­nie, et exige une plani­fi­ca­tion minu­tieuse pour hono­rer la mémoire du défunt confor­mé­ment à ses dernières volon­tés.

Qui est habi­lité à inhu­mer les cendres d’un défunt en mer ?

Si vous dispo­sez de votre propre embar­ca­tion, il est possible de réali­ser vous-même la disper­sion des cendres en mer. Pour cela, il vous faudra respec­ter les obli­ga­tions suivantes :

  • Remplir une décla­ra­tion à la mairie de la commune du lieu de nais­sance du défunt, préci­sant la date et le lieu de la disper­sion ;
  • Décla­rer la disper­sion à la mairie de la commune du port d’at­tache du bateau ;
  • Respec­ter les diffé­rentes obli­ga­tions de distance (disper­sion ou immer­sion) et le carac­tère biodé­gra­dable de l’urne.

Vous devrez présen­ter les pièces justi­fi­ca­tives suivantes :

  • Certi­fi­cat d’in­ci­né­ra­tion du défunt ;
  • Copie de l’at­tes­ta­tion de créma­tion ;
  • Copie de l’acte de décès.

Des entre­prises spécia­li­sées de pompes funèbres proposent égale­ment ce type de pres­ta­tion et vous accom­pa­gne­ront dans les démarches admi­nis­tra­tives et logis­tiques, ainsi que pour l’or­ga­ni­sa­tion de la céré­mo­nie en tant que telle.

Le coût moyen varie en fonc­tion du type de pres­ta­tion : de 300 euros envi­ron pour une disper­sion à 400 euros pour une immer­sion (en plus du coût de l’urne, qui peut aller de 50 à 300 euros, voire 400 euros en fonc­tion du maté­riau choisi).

Peut-on être inhumé en mer par la SNSM ?

Un certain nombre de stations de sauve­tage de la SNSM acceptent ponc­tuel­le­ment d’ef­fec­tuer cette pres­ta­tion. Ce service peut être défrayé des coûts enga­gés par la sortie, prin­ci­pa­le­ment le carbu­rant, afin de pour­voir aux frais de fonc­tion­ne­ment courants de la station.

Atten­tion : la disper­sion de cendres peut être annu­lée et repor­tée si le centre régio­nal opéra­tion­nel de surveillance et de sauve­tage (CROSS) – donneur d’ordre de la SNSM – décide de déclen­cher l’em­bar­ca­tion de la station pour assu­rer une inter­ven­tion de sauve­tage.

Pour savoir si la station la plus proche de chez vous est en mesure de réali­ser une sortie pour une immer­sion ou une disper­sion, nous vous invi­tons à la contac­ter direc­te­ment.

Que vous passiez par un pres­ta­taire ou que vous deman­diez à votre station SNSM, il vous sera remis ensuite la posi­tion géogra­phique exacte de la disper­sion ou de l’im­mer­sion, afin que vous puis­siez venir vous recueillir par la suite. Le capi­taine du navire devra égale­ment four­nir aux Affaires mari­times un docu­ment préci­sant ces données, ainsi que la date, le lieu, l’heure et la profon­deur de la disper­sion.

Disper­sion des cendres en mer : ce qu’il faut prévoir

En résumé, la disper­sion des cendres en mer est une pratique enca­drée, qui néces­site une prépa­ra­tion appro­priée, tant aux niveaux régle­men­taire qu’éco­lo­gique. En se confor­mant à ces direc­tives, les familles peuvent assu­rer une céré­mo­nie digne et respec­tueuse pour leurs êtres chers.

L’or­ga­ni­sa­tion d’une céré­mo­nie de disper­sion des cendres en mer néces­site une atten­tion parti­cu­lière portée à plusieurs aspects essen­tiels :

  • Choix de l’urne : les urnes ciné­raires utili­sées doivent être non seule­ment esthé­tiques, mais aussi fonc­tion­nelles. Pour une disper­sion, le couvercle doit être ouvert et les cendres seront disper­sées par le vent. Pour une immer­sion, elles doivent être conçues pour être entiè­re­ment biodé­gra­dables et capables de se dissoudre sans lais­ser de trace dans l’eau salée (bois, carton, sel ou argile, par exemple).
  • Choix de l’em­pla­ce­ment : sélec­tion­ner le lieu de la disper­sion (et futur lieu de recueille­ment) est impor­tant et doit répondre à la fois à des critères person­nels, symbo­liques pour la famille ou le défunt, et à des exigences légales et écolo­giques strictes.

Tout cela garan­tit que l’acte se déroule en harmo­nie avec les règles de protec­tion des espaces marins et des popu­la­tions. Le lieu doit se trou­ver à 300 m mini­mum du fil de côte pour la disper­sion, 3 milles nautiques pour l’im­mer­sion, et 15 m de profon­deur pour le dépôt de l’urne dans une cavité sous-marine.

Il convient de respec­ter toutes les exigences légales et envi­ron­ne­men­tales pour hono­rer la mémoire du défunt tout en proté­geant l’éco­sys­tème marin. Sous certaines condi­tions, la SNSM peut se char­ger de la disper­sion des cendres de vos dispa­rus. Vous pouvez soute­nir les Sauve­teurs en Mer et leur permettre d’as­su­rer toutes leurs missions.

 

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