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Conseil

Les conseils pour déshiverner un moteur 

publié le6 Mars 2023

Vedette de sauvetage de première classe de la SNSM dans le hangar du pôle de soutien de la flotte © SNSM

Pour préparer la saison, au moment du printemps, il est nécessaire de déshiverner votre bateau, qu’il soit équipé d’un moteur in-bord diesel ou d’un moteur hors-bord essence. L’équipe technique de la SNSM vous donne quelques conseils pour reprendre vos activités nautiques en toute sécurité.

En 2022, 38 % des inter­ven­tions des Sauve­teurs en Mer concer­naient un avarie en lien avec un manque d’en­tre­tien du bateau.

Avant toute chose et quel que soit le navire, il est essen­tiel de s’as­su­rer que la docu­men­ta­tion du navire est à jour et que les visites pério­diques des maté­riels soumis à échéance sont faites (survie, extinc­tion, fusées, fumi­gènes, etc.). Ensuite, côté entre­tien maté­riel et méca­nique, passons en revue les points de contrôle et véri­fi­ca­tion que chaque proprié­taire de bateau doit faire avant de reprendre la mer à l’ar­ri­vée des beaux jours ou après une période d’in­ac­ti­vité prolon­gée.

En premier lieu, il est impor­tant de s’as­su­rer de la propreté des crépines d’ad­mis­sion d’eau de mer et de la carène en géné­ral. La crépine est une pièce en forme de grille fixée sur l’ori­fice des prises d’eau d’un bateau, desti­née à faci­li­ter le pompage, même à pleine vitesse, et à filtrer l’eau pompée. Instal­lée sur les prises d’eau, elles parti­cipent au process de refroi­dis­se­ment moteur, ou au bon fonc­tion­ne­ment des WC marins, si votre bateau en dispose  Il faut égale­ment véri­fier les lignes propul­sives, les appen­dices, l’ab­sence de cloques et les sorties d’échap­pe­ment.

Pour un semi-rigide, en plus de s’as­su­rer du bon état géné­ral du navire et de la propreté de la carène, n’hé­si­tez pas à contrô­ler le gonflage et l’ab­sence de fuite aux valves de gonflage des boudins. Dans tous les cas, il est essen­tiel de s’as­su­rer préa­la­ble­ment que la docu­men­ta­tion du navire est à jour et que les visites pério­diques des maté­riels soumis à échéance sont faites (survie, extinc­tion, fusées, fumi­gènes, etc.).

Pour ceux d’entre vous qui souhaitent procé­der eux même à l’en­tre­tien de leur bateau, suivez les étapes ci-dessous, recom­man­dées par la Direc­tion tech­nique de la SNSM, sinon, contac­tez un profes­sion­nel !

Comment déshi­ver­ner un bateau avec un moteur in-bord ?

  1. Véri­fi­ca­tion de la propreté des fonds, notam­ment en cale machine. Main­te­nir un navire sain permet de visua­li­ser rapi­de­ment une éven­tuelle fuite. Inspec­tion de la présence de rouille et de l’ac­co­rage des éléments à bord ;
  2. Contrôle de la propreté du filtre eau de mer par le nettoyage du panier. Cette opéra­tion est à renou­ve­ler fréquem­ment pour conser­ver un débit d’eau suffi­sant vers l’échan­geur et éviter une surchauffe (présence de sable, plas­tique, algues…).
  3. Véri­fi­ca­tion de l’état et du bon fonc­tion­ne­ment des passe-coques et des vannes de prise d’eau de mer. Les vannes doivent être manœu­vrées régu­liè­re­ment pour éviter de bloquer leur méca­nisme et être fermées lorsque le bateau ne navigue pas afin d’évi­ter un risque de voie d’eau ;
  4. Contrôle régu­lier du joint d’étan­chéité de ligne d’arbre ;
  5. Rempla­ce­ment annuel de la turbine et du rouet de la pompe à eau de mer, ainsi que des filtres (air, huile, gazo­le…) ;
  6. Contrôle du circuit de refroi­dis­se­ment : durites, joints, collec­teurs et colliers de serrage (à la recherche de fissures, de fuites ou de desser­rages). Démon­tez et nettoyez les échan­geurs tous les deux à trois ans pour garan­tir la durée de vie d’un moteur ;
  7. Contrôle du coude d’injec­tion d’eau (risque de colma­tage des trous d’injec­tion d’eau) ;
  8. Contrôle des cour­roies de trans­mis­sion, des cardans et des caches de protec­tion, des niveaux des fluides (huiles, refroi­dis­se­ments…) ;
  9. Test du bon fonc­tion­ne­ment de la ferme­ture des vannes de gazole ;
  10. Véri­fi­ca­tion des batte­ries des moteurs et du réseau secours (absence de corro­sion et tenue de la charge avec véri­fi­ca­tion au volt­mètre), ainsi que du circuit élec­trique en lui-même, et ce, jusqu’au tableau élec­trique (état du câblage, des connexions, des alter­na­teurs…) ;
  11. Véri­fi­ca­tion du bon fonc­tion­ne­ment des alarmes moteurs, incen­die et enva­his­se­ment d’eau ;
  12. Contrôle des commandes moteurs, inver­seurs et arrêts d’ur­gence ;
  13. Essais à quai, puis en charge à diffé­rentes allures, avec contrôles et rele­vés des para­mètres (tempé­ra­ture, pres­sion, consom­ma­tion, sortie d’eau à l’échap­pe­ment…).

Il est recom­mandé de contrô­ler annuel­le­ment et de rempla­cer, si ils sont usés, les capteurs moteurs et inver­seurs.

Comment déshi­ver­ner un bateau avec un moteur hors-bord ?

  1. Contrôle des batte­ries et du réseau élec­trique (batte­ries moteur, fais­ceau et comman­de…) ;
  2. Démon­tage et contrôle visuel des bougies (idéa­le­ment avec un remon­tage à la clé dyna­mo­mé­trique), de l’em­base, des anodes et de l’ai­le­ron ;
  3. Véri­fi­ca­tion du bon amorçage du circuit d’ali­men­ta­tion en essence, du réser­voir, contrôle de l’ab­sence d’eau ou de cham­pi­gnon dans le filtre décan­teur, et de la qualité du carbu­rant (couleur, aspect, odeur…) ;
  4. Rempla­ce­ment des filtres (air, huile, essen­ce…) et/ou vidange ;
  5. Pulvé­ri­sa­tion d’un produit de protec­tion (type 3 en 1) pour préve­nir la corro­sion ;
  6. Vidange de l’em­base motrice et du bloc-moteur (4 T), rempla­ce­ment du joint de bouchon ;
  7. Dépose de l’hé­lice, contrôle visuel, grais­sage de l’arbre, remon­tage ;
  8. Nettoyage, contrôle et grais­sage des pièces permet­tant la montée/descente du moteur ;
  9. Contrôle visuel des commandes de gaz, axe de barre/volant, du vérin de barre et du niveau de fluide hydrau­lique, ainsi que de la confor­mité et de l’étan­chéité du joint de capot moteur et grais­sage ;
  10. Essais à quai puis en charge, à diffé­rentes allures, avec contrôles et rele­vés des para­mètres moteur et du bon débit du refroi­dis­se­ment.

De manière géné­rale, pour des navires équi­pés de moteur in-bord ou hors-bord, main­te­nez le plein pour éviter les phéno­mènes de conden­sa­tion et la présence d’eau dans le circuit d’ali­men­ta­tion. Gardez en tête que le correc­tif coûte plus cher que le préven­tif en matière d’en­tre­tien de son navire.

Ce qu’il faut retenir pour déshiverner un bateau 

  • Une navi­ga­tion réus­sie se prépare bien en amont, à quai, en s’as­su­rant du bon fonc­tion­ne­ment de l’en­semble du navire, en parti­cu­lier de sa propul­sion.
  • Il est impor­tant de respec­ter les temps de montée et de descente en allures.
  • Véri­fier aussi régu­liè­re­ment les para­mètres moteurs au pupitre si dispo­nibles.
  • Effec­tuer des rondes en machine pour un moteur in-bord et des contrôles visuels sur l’ar­rière pour un moteur hors-bord, à la mer comme à quai.
  • Enfin, conser­ver l’his­to­rique des main­te­nances (devis, factures ; tenir un cahier dédié au suivi de main­te­nance a du sens).
  • En cas de doute, faites appel à un profes­sion­nel.

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