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Conseil

Tout savoir sur la pêche à pied

publié le10 Octobre 2024

Une adepte de la pêche à pied © SNSM

Les grandes marées attirent beaucoup de promeneurs et pêcheurs à pied, en quête de couteaux, crevettes, huîtres, moules, palourdes et autres fruits de mer et crustacés. Attention, cependant, la pêche à pied récréative est une activité réglementée et qui n’est pas forcément sans danger. Alors, pour que votre loisir reste un plaisir, voici nos conseils de prudence pour profiter des grandes marées.

Quelques conseils avant de partir à la pêche à marée basse

La pêche à pied se défi­nit par l’en­semble des tech­niques de pêche pratiquées sans utili­sa­tion d’une embar­ca­tion. Elle a lieu en bord de mer, sur les rochers et îlots, en se déplaçant essen­tiel­le­ment à pied, sans que le pêcheur cesse d’avoir un appui au sol et sans équi­pe­ment de nage ou de plon­gée.

Pratiquée à marée basse, dans l’es­tran (ou zone inter­ti­dale, voir plus bas), elle n’est pas pour autant sans danger. Avant de se rendre sur place, il est donc impé­ra­tif de se rensei­gner sur :

  • les heures de marées, hautes et basses : celles-ci sont faciles à trou­ver sur Inter­net. Elles sont égale­ment affi­chées dans les postes de secours, dans les capi­tai­ne­ries des ports et sont souvent distri­buées gratui­te­ment dans les commerces ;
  • le coef­fi­cient (100 ou plus = danger) ;
  • le marnage (diffé­rence de hauteur entre basse et haute mer) ;
  • les dangers locaux (sables mouvants, etc.) ;
  • les condi­tions météo­ro­lo­giques : les vents d’ouest, notam­ment, peuvent submer­ger des sites habi­tuel­le­ment acces­sibles à pied (digues, chaus­sées, passages, promon­toires, etc.). 

Les vents violents doivent, de manière géné­rale, appe­ler à la prudence sur les sites de pêche à pied : ils peuvent à tout moment déclen­cher une lame ou une vague plus forte que les autres, qui peut happer un prome­neur distrait ou trop proche du bord de mer, parti­cu­liè­re­ment lorsqu’ils se conjuguent à un fort coef­fi­cient de marée.

Par ailleurs, avant de vous rendre sur un lieu de pêche à pied, gardez en tête ces recom­man­da­tions :

  • Ne partez pas pêcher seul.
  • Ayez avec vous un télé­phone portable pour donner l’alerte en cas de néces­sité en compo­sant le 196.
  • Préve­nez une personne restée à terre de l’heure prévue de votre retour. En cas de retard, elle pourra aver­tir les secours.
  • Prenez une montre et restez atten­tif à l’heure.

Le maté­riel du pêcheur à pied

Tout dépend un peu de votre ambi­tion ! S’il existe du maté­riel sophis­tiqué (des dragues à coquillage, par exemple, pour fouiller une grande quan­tité de sable et en extraire les coquillages faci­le­ment), il est tout à fait possible de se conten­ter d’un couteau et/ou d’un petit râteau, pour décol­ler les coquillages ou grat­ter dans le sable. 

Si vous êtes en quête de crevettes grises ou roses ou bien de crus­ta­cés, vous pouvez vous équi­per d’un have­net (sorte d’épui­sette) pour aller cher­cher dans les mares ou trous d’eau dans les rochers.

Pensez égale­ment à vous munir d’une bonne paire de gants (de vais­selle, par exemple) pour vous proté­ger les mains de l’eau de mer, du froid et des coupures lorsque vous allez ramas­ser coquillages (coquilles Saint-Jacques, bigor­neaux…) et crus­ta­cés, ainsi qu’un panier ou seau pour rame­ner votre précieux et déli­cieux butin.

Les lieux pour pratiquer la pêche à pied

Des côtes basques jusqu’au Mont Saint-Michel et plus au Nord, la pêche à pied se pratique sur toutes les plages de l’At­lan­tique, de la Manche et de la mer du Nord, sur l’es­tran de celles-ci (la zone de recou­vre­ment des marées).

Celui-ci se décom­pose en plusieurs étages. Le haut de l’es­tran – ou étage supra­lit­to­ral – est inondé deux fois par jour sur une petite surface (10 % envi­ron) et ne consti­tue pour cela pas le meilleur site de pêche. On préfé­rera donc l’étage médio­lit­to­ral – partie immer­gée deux fois par jour égale­ment (50 % d’im­mer­sion) –, où l’on pourra trou­ver coques, palourdes, crabes, patelles, crevettes, etc.

Enfin, acces­sible lors des grandes marées, l’étage infra­lit­to­ral ne se découvre que quelques jours par an. C’est la partie la plus basse de l’es­tran. Profi­tez-en, c’est ici que vous réali­se­rez vos plus belles prises ! Atten­tion, c’est aussi à cet endroit que vous serez le plus loin de la terre ferme (voir recom­man­da­tions ci-dessous). 

Pendant la pêche à pied

La pêche à pied peut rapi­de­ment deve­nir… médi­ta­tive ! Affairé à votre pêche, le nez dans le sable, vous pouvez vous oublier et oublier que la marée montante n’est plus très loin.

Voici quelques conseils à garder en tête pendant que vous partez en quête de coquillages et crus­ta­cés :

  • La mer remonte très vite : regar­dez autour de vous, prenez des repères.
  • La montée des eaux peut venir de tous côtés, même derrière vous (et pas seule­ment du large), vous contour­ner et vous isoler. De forts courants peuvent se créer et vous empor­ter.
  • Sachez que, pour un marnage de 10 mètres à mi-marée, l’eau monte de 5 mètres en 2 heures, soit 1 mètre en 24 minutes.
  • À l’heure de la basse mer, il est temps de remon­ter. La présence d’autres personnes autour de vous n’im­plique pas l’ab­sence de danger.
  • Esti­mez le temps qu’il vous faudra pour reve­nir sur vos pas. Gardez en tête que le temps de retour est toujours plus long que le temps de l’al­ler (vase, poids de la pêche, fatigue, enfants).

Une pêche à pied respon­sable

La pêche à pied doit, comme toute forme de pêche, s’ins­crire dans une démarche respon­sable et respec­tueuse des ressources. Afin qu’elle reste durable et profite à un maxi­mum de personnes, voici les conseils de la SNSM :

Vous et votre santé

  • La consom­ma­tion de coquillages ramas­sés peut présen­ter des risques pour votre santé (intoxi­ca­tion alimen­taire). Véri­fiez les affi­chages muni­ci­paux sur la possi­bi­lité ou non de consom­mer votre pêche.
  • Un site très fréquenté n’est pas obli­ga­toi­re­ment syno­nyme de bonne qualité.
  • Pêchez loin des égouts, des zones de mouillage, des estuaires.
  • Les coquillages doivent être consom­més rapi­de­ment et rester vivants jusqu’à leur prépa­ra­tion.
  • En cas de doute, ne les consom­mez pas (aspect, odeur, couleur douteuse).

Vous et l’en­vi­ron­ne­ment

  • Respec­tez la faune et la flore.
  • Ne pêchez que ce dont vous avez besoin pour votre consom­ma­tion person­nelle. Vous n’avez pas le droit de vendre le produit de votre pêche.
  • Atten­tion, la pêche à pied est régle­men­tée : période de pêche, taille ou poids des prises, vous pouvez trou­ver toutes les infor­ma­tions sur le site de Légi­france ou sur le site pêche à pied respon­sable.
  • Afin de pratiquer au mieux la pêche à pied, il est impé­ra­tif de se rensei­gner auprès de la direc­tion dépar­te­men­tale des terri­toires et de la mer sur la régle­men­ta­tion appli­cable : zones d’in­ter­dic­tions, de restric­tions ou zones d’ac­ti­vi­tés, tailles de capture des espèces, période de pêche par espèce, etc.

Marquage des captures

Quel que soit le type de pêche de loisir pratiquée, y compris la pêche à pied, et afin d’évi­ter le bracon­nage, chaque pêcheur doit marquer tous les spéci­mens des espèces figu­rant dans le tableau ci-après. 

Ce marquage consiste en l’abla­tion de la partie infé­rieure de la nageoire caudale. Il doit être effec­tué dès la capture. Ce marquage ne doit pas empê­cher la mesure de la taille du pois­son.

Ce marquage consiste en l’abla­tion de la partie infé­rieure de la nageoire caudale. Il doit être effec­tué dès la capture. Ce marquage ne doit pas empê­cher la mesure de la taille du pois­son.

Les espèces devant faire l’objet d’un marquage :                                             

Bar/Loup

Bonite

Cabillaud  

Corb Denti 

Dorade

Cory­phène

Dorade royale

Espa­don 

Espa­don voilier

Homard 

Langouste

Lieu jaune

Lieu noir

Maigre  

Makaire bleu

Maque­reau

Marlin bleu 

Pagre

Rascasse rouge

Sar commun

Sole

Thazard/Job

Thon jaune 

Voilier de l’At­lan­tique

 

Vous pouvez égale­ment vous rendre sur le site de la Fédé­ra­tion natio­nale des pêcheurs plai­san­ciers et spor­tifs de France pour en savoir plus. 

En cas d’ac­ci­dent, préve­nez les secours !

À partir d’un poste fixe ou d’un mobile, quel que soit l’opé­ra­teur (appel gratuit), compo­sez le 196 pour être direc­te­ment mis en contact avec un centre régio­nal opéra­tion­nel de surveillance et de sauve­tage(CROSS).

Maxime Baudry – Adjoint au sauvetage littoral

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