Tout savoir sur le mouillage de son bateau
publié le23 Octobre 2024

Bateaux au mouillage en Corse © SNSM
Que l’on doive s’arrêter dans un port, dans une crique ou lorsque voiles et moteur ne sont plus opérationnels, il est impératif de maîtriser la technique du mouillage. Voici les conseils et informations de la SNSM pour y parvenir en toute sécurité.
Définition du mouillage
Le mouillage consiste à immobiliser un bateau en mer ou dans les ports de plaisance, en le fixant à un emplacement spécifique, grâce à une ancre, une chaîne ou un cordage. Le terme « mouillage » définit à la fois l’action, le lieu et le matériel utilisé pour stabiliser l’embarcation.
En fonction du dispositif choisi, le mouillage peut indiquer un ancrage, un amarrage ou encore un stationnement. C’est une manœuvre indispensable en navigation, car elle peut s’effectuer dans diverses situations : lorsque l’on doit mouiller au port (le long du quai, à la cale, sur une place de port ou au niveau d’un ponton), ou si l’on veut profiter d’une escale dans une crique pour se baigner, stationner pour pêcher, ou encore pour éviter une tempête ou un courant fort, par exemple.
Qu’est-ce qu’une zone de mouillage ?
Une zone de mouillage est un espace dans lequel un navire peut être ancré ou amarré. En tant que plaisancier, vous avez deux possibilités :
- Le mouillage au port : il s’agit d’un mouillage fixe, réalisé à l’aide des systèmes fournis par le domaine public maritime (chaîne, bouée d’amarrage, taquet, anneau, bitte d’amarrage, etc.) ;
- Le mouillage en dehors des ports : il s’agit généralement d’un mouillage forain, réalisé avec le matériel d’amarrage de votre bateau. Il peut être individuel (« sauvage »), ou collectif et organisé.
Une ZMEL (zone de mouillage et d’équipements légers) est une zone de stationnement autorisée pour les bateaux de plaisance, en dehors des places dans les ports. Le développement de ces zones aménagées fait suite à l’augmentation du nombre de plaisanciers en France. L’objectif de ce type de mouillage est qu’il permet d’éviter les problèmes de sécurité, d’insalubrité et de destruction de l’environnement que peuvent causer les mouillages sauvages. En effet, en plus de racler les fonds marins en détruisant ainsi la faune et la flore, les mouillages anarchiques sont souvent la cause de pollution marine, notamment en raison de l’abandon des systèmes d’amarrage sur place. La ZMEL a donc pour but de participer au développement durable des zones côtières, en associant la protection de l’environnement aux intérêts des plaisanciers.
Comment choisir la zone de mouillage ?
Un bon mouillage est une affaire d’anticipation. Vous devez :
- Choisir le bon emplacement,
- Déterminer le bon type de mouillage à effectuer,
- Utiliser le matériel adéquat,
- Respecter les autres usagers et la réglementation,
- Assurer la sécurité de l’équipage et de votre bateau.
Pour choisir votre zone de mouillage :
- Vérifiez la composition sous-marine de la zone où vous souhaitez jeter l’ancre : la nature du fond marin doit permettre une bonne tenue de l’ancre et de maintenir le bateau ;
- Contrôlez la marée et le courant : la ligne de mouillage doit être adaptée à la hauteur d’eau ;
- Choisissez une zone de mouillage à l’abri du vent ;
- Assurez-vous de la sécurité et de la disponibilité de la zone avant de mouiller l’ancre.
Les différents types de mouillage et la réglementation en vigueur
Quel que soit le type de mouillage (forain ou fixe, individuel ou organisé), vous devez faire une demande d’autorisation d’occupation temporaire (AOT). Elle doit être adressée à la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) en France métropolitaine, ou bien à la Direction de la mer (DM) dans les Outre-mer.
Concernant les techniques de mouillage, on retrouve le mouillage simple (une seule ancre) et d’autres types de mouillage qui demandent l’utilisation de deux ancres. Le mouillage de plusieurs ancres s’avère utile en cas de forts vents et peut permettre de diminuer le rayon d’évitage. Ces autres types de mouillage sont plus compliqués à mettre en œuvre. Il est ainsi recommandé de s’entraîner par temps calme pour bien les maîtriser.
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Le mouillage simple
Comme son nom l’indique, la manœuvre de mouillage simple est la plus facile à effectuer. Il ne faut qu’une seule ancre pour ce type de mouillage. Voici les principales étapes :
- Choisissez de préférence une crique abritée des vents dominants, permettant un appareillage facile en cas de sautes de vents, avec peu de courants et une faible profondeur ;
- Portez des gants et des bottes pour éviter de vous blesser aux mains ou aux pieds ;
- Arrivez doucement, face au vent ou au courant ;
- Dépassez le point choisi de la longueur de chaîne voulue ;
- Cassez l’erre (vitesse résiduelle une fois que vous avez arrêté la propulsion) ;
- Évaluez l’évitage de votre bateau ;
- Mouillez en vous aidant éventuellement de la marche arrière ;
- Filez la chaîne (environ trois à quatre fois la profondeur) ;
- Étalez dès la longueur de chaîne voulue ;
- Vérifiez que le bateau ne chasse pas ;
- Au mouillage, vous devez porter les marques : de jour, une boule noire, et de nuit, les feux obligatoires et un feu blanc visible à 360°.
L’affourchage
Les ancres sont ici mouillées à plus de 90° l’une de l’autre, sur l’avant de l’embarcation, ce qui permet de réduire son rayon d’évitage. Attention, il est déconseillé en cas de mauvais temps.
L’embossage
Il faut pour cela mouiller une ancre par l’avant – éventuellement à terre – et une ancre par l’arrière. Ce mouillage permet de supprimer l’évitage. Cette technique est à privilégier lorsque l’on est très près des côtes ou qu’elles sont trop encombrées.
L’empennelage
Il s’agit ici de rapper sur l’ancre principale une deuxième ligne de mouillage de longueur supérieure à la profondeur. Vous pourrez ainsi remonter la première ancre alors que l’autre est au fond. Elle est à utiliser par mauvais temps, la deuxième ligne de mouillage permettant de mieux résister aux vents forts.
En barbe
Cette technique est de moins en moins utilisée. Elle offre l’avantage de travailler sur deux ancres en même temps. Il vous faudra pour cela mouiller la première ancre, reculer sur une vingtaine de mètres, mouiller la seconde et filer la longueur désirée. Attention ici à ne pas emmêler vos deux lignes.
Sur un coffre
De plus en plus de zones côtières favorisent le mouillage sur coffre, qui est plus respectueux des fonds marins que l’ancrage. Le coffre – ou bouée de mouillage – est un bloc de béton (corps mort) déposé au fond de l’eau. Une chaîne relie le coffre à une bouée en surface. Le bateau est amarré en faisant un nœud de cordage à l’anneau d’amarrage sur la bouée.
Les bonnes pratiques du mouillage
Avant de commencer un mouillage, il est important de respecter quelques règles et de bien se préparer. Pensez à régulièrement vous entraîner sur les différentes manœuvres même si vous avez votre permis bateau.
Bien préparer son matériel pour le mouillage
Avant de partir en mer, vérifiez systématiquement que vous disposez de tout le matériel nécessaire au mouillage de votre bateau. Vous pouvez consulter ce mémo sur l’équipement obligatoire sur un bateau de plaisance.
Choisir la bonne ancre pour le mouillage
Pour choisir votre ancre marine, plusieurs facteurs sont à prendre en compte : le poids et la longueur du bateau, votre zone de mouillage, les fonds marins que vous allez rencontrer. Il existe différents types d’ancres :
- L’ancre grappin : elle existe en poids léger pour les embarcations de petite taille. Elle s’accroche mieux dans les rochers et les fonds herbeux que dans le sable ;
- L’ancre plate : elle convient très bien aux fonds marins sablonneux. Cependant, il est conseillé de laisser une bonne longueur de chaîne lors du mouillage, car elle peut avoir tendance à décrocher ;
- L’ancre charrue (ou ancre delta) : sa forme offre une haute résistance d’ancrage et la rend plus fiable que l’ancre grappin et l’ancre plate. Elle s’ancre profondément dans le sable et la vase. Elle s’agrippe efficacement sur les fonds rocheux et les algues.
Vous pouvez trouver toutes les informations pratiques sur le permis bateau sur le site permis-hauturier.info
Toute l’année, les Sauveteurs en Mer se forment et s’entraînent pour pouvoir vous secourir en cas de besoin. Ces interventions de sauvetage nécessitent des moyens financiers conséquents : entretien et renouvellement du matériel, des embarcations, des équipements… C’est pourquoi la SNSM a besoin de vous. Aidez les Sauveteurs en Mer à mener à bien leurs missions, faites un don à l’association !