Je donne
ArticlePortrait

Portrait. Aline Marmin, nageuse sauveteuse et formatrice bénévole

publié le7 Septembre 2020

Nageuse sauveteuse et formatrice bénévole, Aline encadre notamment les stages surveillance et sauvetage aquatique, marine jet et les formations de formateurs ©SNSM

Aline Marmin, nageuse sauveteuse, est aussi formatrice dans son centre de formation et d’intervention de Lille, ainsi qu'au Pôle national de formation de la SNSM. Elle consacre plusieurs jours par mois à l’enseignement de de la théorie et des techniques de sauvetage à destination des actuels ou futurs nageurs sauveteurs.

Ses mots d’ordre au quoti­dien : assis­ter, aider. Aline Marmin, 28 ans, se livre volon­tiers sur ses jour­nées profes­sion­nelles déjà bien remplies. « Je suis ensei­gnante au collège SEGPA [Ndlr : section d’en­sei­gne­ment géné­ral et profes­sion­nel adapté] de Lille. L’éta­blis­se­ment assiste des collé­giens en grande diffi­culté scolaire ou sociale  ». Dans cette section adap­tée, elle encadre les ateliers de cuisine, d’en­tre­tien du linge et des locaux. « Ces jeunes ont une quin­zaine d’an­nées et sont en diffi­culté. Ils ont besoin d’aide, en pleine recherche d’une orien­ta­tion profes­sion­nelle. » 

Le week-end, c’est SNSM. Aline a entamé son parcours auprès de l’as­so­cia­tion en 2014, puis a suivi une forma­tion spécia­li­sée à Larmor-Plage en octobre 2016, pour deve­nir elle-même forma­trice au centre de forma­tion et d’in­ter­ven­tion de Lille. « Le centre est basé là-bas pour la théo­rie et l’en­traî­ne­ment. Lors de la forma­tion mer, nous nous rendons sur la plage de Grave­lines, proche de Calais », détaille la béné­vole. 

Pour faci­li­ter l’ac­cès à la forma­tion, les stages de prin­temps et d’au­tomne, d’une durée totale d’une dizaine de jours, sont répar­tis sur les week-ends. Ils sont étalés sur deux mois. Le programme est chargé. D’abord les risques liés aux éléments natu­rels et aux usagers. Suivent la struc­ture d’un poste de secours et le dérou­le­ment d’une surveillance.

« C’est théo­rique, mais c’est du concret, nuance Aline. Par exemple : comment faire pour ne pas être distrait durant sa surveillance ? Et tous les éléments pour que les sauve­teurs sachent à quoi s’at­tendre quand vien­dra l’été. Il y en a qui connaissent bien et d’autres qui découvrent les courants, les vagues… Le secret, c’est d’al­ter­ner théo­rie et pratique, sinon, on ne retient plus rien ! »

Tout y passe : tech­nique de la planche de sauve­tage, le rescue tube (bouée jaune de sauve­tage) ou l’IRB (bateau pneu­ma­tique). Le but est de repro­duire le plus fidè­le­ment des cas concrets, en mettant les stagiaires en situa­tion de poste de secours, en surveillance jusqu’à l’in­ter­ven­tion sur une victime.

Être en contact avec les gens, ça m’ap­porte beau­coup.

Un nouveauté s’est récem­ment ajou­tée au programme. « En octobre 2019, nous avons commencé à former les sauve­teurs au sauve­tage avec Jet-Ski, précise Aline. C’est très diffé­rent. D’ha­bi­tude, on inter­vient soit avec un Zodiac, soit avec une planche ou un sled, une sorte de traî­neau flot­tant. Il s’agit d’une forma­tion complé­men­taire, qui permet d’in­ter­ve­nir plus rapi­de­ment en Jet-Ski, en remon­tant les vagues. C’est parti­cu­liè­re­ment utile contre la houle en Atlan­tique. »

Ambiance studieuse, mais convi­viale. À Grave­lines, les sand­wiches sont dégus­tés le midi sur la plage. Le soir, la base de voile locale devient un gîte. « La forma­tion de sauve­teur, c’est assez détendu ; on s’ef­force de créer une cohé­sion. On est là pour bien s’en­tendre, c’est impor­tant ! C’est pour cela que j’aime bien y passer autant de week-ends, » admet Aline. Avant de glis­ser mali­cieu­se­ment : « Je ne suis pas mariée, je n’ai pas d’en­fant. Je peux y consa­crer le temps que je souhaite ! »

Aider, un leit­mo­tiv depuis l’en­fance

Aline encadre égale­ment les forma­tions de forma­teurs depuis 2018. Elle prend un véri­table plai­sir à animer ces sessions riches en profils variés et en partages d’ex­pé­rience. D’où viennent cette éner­gie et un tel enthou­siasme ? Pourquoi a-t-elle poussé un jour la porte de la SNSM ? Aline hésite un instant, puis livre son histoire. C’est dans les vents salés des plages du Nord que tout a commencé. Les week-ends dans le mobile home fami­lial, basé au camping de Berck-sur-Mer, un peu au-dessus de la Somme. Et surtout, les sorties plage entre amis. « J’y vais depuis mon enfance. Tous les étés, je regar­dais de loin le sauve­teur sur son Zodiac. Bien que je ne l’ai vu inter­ve­nir qu’une seule fois, j’ai natu­rel­le­ment eu envie de faire la même chose ! Ça m’a toujours attiré : être en contact avec les gens, ça m’ap­porte beau­coup. »

Alors âgée d’une ving­taine d’an­nées, Aline rejoint la grande famille des Sauve­teurs en Mer. Mais son aven­ture ne s’ar­rête pas là. « Former, c’était une vraie envie, dès la première année. Je ne m’y atten­dais pas aussi tôt ! » Aline intègre l’équipe des forma­teurs deux ans plus tard. « Il y avait un besoin de forma­teurs, et j’étais deman­deuse. »

L’été dernier, alors qu’Aline était en poste en Norman­die, un jeune sauve­teur de la plage voisine est venu à sa rencontre. La parole facile, il lui a conté dans le détail son dernier passage à l’ac­tion. L’ar­rêt cardiaque d’un homme en pleine baignade. L’in­ter­ven­tion pour aller cher­cher la victime et, surtout, les gestes pour prendre la venti­la­tion dans l’eau. Avant de conclure, recon­nais­sant : « J’ai suivi tout ce que vous m’aviez dit. » Aline l’avait formé l’an­née précé­dente.

« C’est ce qui me plaît dans la forma­tion : aider, être au contact des gens, et trans­mettre à la fois les gestes et ma passion. » Et de conclure : « Pour moi, un forma­teur, c’est juste un sauve­teur qui connaît bien ses tech­niques et qui a de la péda­go­gie. »

Portrait de Ludo­vic Decré­quy, paru dans le Maga­zine Sauve­tage n°153 (3ème trimestre 2020).

La newsletter snsm

Rester informé, c'est déjà s'engager