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Charlotte, directrice adjointe de CFI, sauveteuse engagée depuis le lycée

publié le20 février 2026

écrit parLa rédaction

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Charlotte Lecat © DR

Char­lotte Lecat, 29 ans, a rejoint la SNSM alors qu’elle était encore lycéenne. Au fil des années, son enga­ge­ment l’a conduite à gravir les éche­lons, jusqu’à occu­per le poste de direc­trice adjointe du centre de forma­tion et d’in­ter­ven­tion Nord de France – Lille. En 2025, elle a fran­chi une nouvelle étape en étant élue au Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion.

Quel est ton parcours à la SNSM ?

J’ai toujours eu un rapport très fort avec le milieu aqua­tique. Je nage depuis que j’ai 6 ans, d’abord à l’école de nata­tion, puis en club. En termi­nale, au lycée, je suis entrée au CFI, à Lille. J’ai passé tous mes diplômes et j’ai pu commen­cer ma première saison le jour de mes 18 ans ! Après le lycée, j’ai fait des études d’er­go­thé­ra­peute. Mais, à la fin de ma forma­tion, j’ai décidé de passer le diplôme de maître-nageur sauve­teur – MNS. Pendant les deux années suivantes, j’ai travaillé à la piscine de Tour­coing-les-Bains en tant que MNS. Ensuite, j’ai réduit mon temps de travail à la piscine pour prendre un poste d’er­go­thé­ra­peute à temps plein. Aujour­d’hui, je travaille auprès d’un public d’adultes handi­ca­pés moteurs, dans un service d’ac­com­pa­gne­ment à la vie sociale, au sein de l’APF France Handi­cap, une asso­cia­tion recon­nue d’uti­lité publique.

En paral­lèle, tu es restée très enga­gée au sein de la SNSM.

Oui ! J’ai fait plusieurs saisons l’été, en tant que nageuse sauve­teuse quali­fiée, avant de passer adjointe au chef de poste, puis cheffe de poste. Je me souviens parti­cu­liè­re­ment de ma saison à Saint-Tropez quand il y avait eu de gros incen­dies. Un soir, nous avons été rappe­lés pour aller évacuer les criques envi­ron­nantes. Nous sommes donc allés cher­cher le semi-rigide, qui était au corps-mort, et nous sommes repar­tis à trois, avec le chef de poste et un autre collègue, pour véri­fier si des personnes étaient encore piégées par les incen­dies sur les plages. C’est quelque chose qui m’avait beau­coup marquée.

Tu es ensuite deve­nue forma­trice : qu’est-ce qui t’a moti­vée ?

C’était l’évo­lu­tion natu­relle ! J’ai commencé par être forma­trice en piscine, pour le BNSSA [ndlr : brevet natio­nal de sécu­rité et de sauve­tage aqua­tiques], car l’en­traî­neur partait et il fallait le rempla­cer. Trans­mettre, gérer un groupe, s’adap­ter aux autres pour qu’ils puissent être le plus perfor­mants possible, c’était très inté­res­sant. Ça m’a donné envie d’al­ler plus loin et, quand j’ai eu l’op­por­tu­nité de deve­nir aussi forma­trice en secou­risme et forma­trice SSA [ndlr : surveillant sauve­teur aqua­tique], je me suis lancée. Plus récem­ment, j’ai passé le diplôme pour être forma­trice de forma­teurs (FF). Aujour­d’hui, je fais toujours de la forma­tion, mais surtout en tant que FF. J’ac­com­pagne les aide-forma­teurs pour qu’ils puissent, à leur tour, deve­nir forma­teurs. Prendre part à la forma­tion m’a permis de voir l’évo­lu­tion des jeunes entre le début et la fin de l’an­née. Certains se découvrent réel­le­ment, c’est impres­sion­nant. Et, quand un parent vient nous voir pour nous dire que son enfant a beau­coup changé, qu’il a pris confiance en lui, c’est très grati­fiant.

Tu occupes égale­ment le poste de direc­trice adjointe du CFI. Pourquoi ?

Au départ, ce n’était pas prévu ! En tant que forma­trice, j’étais beau­coup au contact des nageurs sauve­teurs et le direc­teur adjoint de l’époque m’im­pliquait déjà dans le proces­sus d’af­fec­ta­tion en plage. En 2020, il est malheu­reu­se­ment décédé et le direc­teur nous a proposé, à deux autres béné­voles et à moi, de reprendre le poste. Aujour­d’hui, on est deux adjoints, car le troi­sième a inté­gré un autre CFI. On essaie de se répar­tir les tâches et je m’oc­cupe plus parti­cu­liè­re­ment de la partie forma­tion, initiale et conti­nue, des anciens nageurs sauve­teurs comme des nouveaux.

Plus récem­ment, tu as été été élue au Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion (CA) de la SNSM, chargé de mettre en œuvre les orien­­ta­­tions stra­­té­­giques déci­­dées par les béné­voles lors de l’As­­sem­­blée géné­­rale annuelle.

Ce sont d’autres membres de CFI qui m’ont soumis l’idée de me présen­ter. Au départ, je ne m’en sentais pas légi­time, mais je me suis dit : « Pourquoi ne pas tenter l’ex­pé­rience ? » Je voulais pouvoir porter la voix des CFI. En rejoi­gnant le CA, j’ai décou­vert une autre sphère, que je ne connais­sais pas du tout. Je me souviens qu’à mes débuts, quand j’étais nageuse sauve­teuse, je ne m’in­té­res­sais pas vrai­ment à tout ce qui touchait à la gouver­nance natio­nale, j’avais déjà beau­coup de choses sur lesquelles me pencher. Pour­tant, c’est vrai­ment impor­tant de comprendre comment la SNSM fonc­tionne, comment les déci­sions sont prises. C’est égale­ment pour cette raison que j’ai aussi rejoint le Comité de préven­tion et de réso­lu­tion des conflits, le Comité des adhé­sions et la Commis­sion nageurs sauve­teurs.

Comment conci­lies tu vie person­nelle, vie profes­sion­nelle et enga­ge­ment à la SNSM  ?

Ce n’est pas toujours évident, mais j’ai la chance d’avoir un entou­rage qui comprend : mon conjoint est aussi engagé dans l’as­so­cia­tif. En plus de dix ans à la SNSM, j’ai fait beau­coup de choses diffé­rentes. C’est très inté­res­sant, mais ça demande de l’or­ga­ni­sa­tion.

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