Dans les années 1960, les sauveteurs se renouvellent grâce aux régates
publié le14 Octobre 2025

Les régates étaient très populaires dans les années 1960–1970, comme ici, à Damgan (Morbihan) © DR
Les 26 et 27 juin ont eu lieu les rencontres 200 ans de sauvetage en Manche et mer du Nord : histoire, patrimoine et enjeux contemporains. De nombreux spécialistes ont pris la parole. Notamment Jean Patrick Marcq, historien de la SNSM, qui a abordé la relation entre les clubs de régate et les Hospitaliers sauveteurs bretons.
À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la France est exsangue. Les Hospitaliers sauveteurs bretons – qui fusionneront avec la Société centrale de sauvetage des naufragés en 1967 pour donner naissance à la SNSM – ne font pas exception. Ils mettront de longues années à se relever.
Au début des années 1960, la pratique de la voile de loisir explose. Partout sur l’eau fleurissent les dériveurs de types 420, 470, 505 ou encore Flying Dutchman. Les régates deviennent très populaires et nécessitent la mise en place d’un dispositif de sécurité adéquat. Paul Renault, à l’époque président des HSB, y voit une possibilité de renouveau pour sa société de sauvetage. Il lie alors des partenariats avec des clubs de voile et des yacht-clubs.
Le succès est tel que les HSB étendent rapidement leur activité au-delà de la Bretagne. En s’appuyant sur des passionnés, de nouvelles sections sont créées en Méditerranée, en Normandie et dans le Nord.
À Damgan (Morbihan), sous l’impulsion de Michel Gicquel, une section HSB voit le jour pour la surveillance des dériveurs et des régates du club nautique local. Elle devient le centre de tests de tous les HSB et servira de modèle à la constitution des futurs centres de formation et d’intervention (CFI) de la SNSM.
À Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), la grande rade offre un terrain de jeu nautique de premier choix pour plus d’une centaine de dériveurs. Le 15 avril 1963, Michel Boitard, président régional des Hospitaliers sauveteurs bretons et responsable du Yacht Club Boulonnais, y fonde une nouvelle section des HSB. Ce partenariat est basé sur le volontariat : les équipages de dériveurs, après avoir reçu une formation à la conduite des navires à moteur, au certificat de radiotéléphoniste et au secourisme, assurent la sécurité des régates à tour de rôle.
Charles Pilorget, surveillant de plage des HSB à Saint-Briac, arrive à Vannes en 1949. Mordu de voile, il participe à de nombreuses régates et se rapproche naturellement de la Société des régates de Vannes. Il développe une station HSB et des postes de secours, prélude à la création de la station SNSM du golfe du Morbihan, à Baden.
Les exemples de rapprochement avec les clubs de voile sont très nombreux. Ils ont notamment été utiles pour attirer des recrues – dont certaines deviendront des piliers de l’association –, ainsi que pour acheter des Zodiac® et des vedettes.
Ils ont également permis aux sauveteurs de se former aux nouvelles pratiques de la navigation de plaisance et d’améliorer l’efficacité de leurs interventions. Des échanges qui perdurent aujourd’hui, comme en témoigne l’organisation du Defi Wind de Gruissan (Aude), qui rassemble plus de 2 000 pratiquants de loisirs nautiques en dix jours. Plus d’une centaine de sauveteurs de la SNSM sont mobilisés chaque année pour assurer leur sécurité durant la compétition.
Textes Jean-Patrick Marcq et Clarisse Oudit-Dalençon