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Article Mécénat

Dix ans que Total est avec la SNSM

publié le7 Mars 2018

Patrick Pouyanné, 53 ans, président-directeur général du groupe Total depuis décembre 2015. ©Total

Le 8 décembre 2017, au Salon nautique de Paris, la Fondation Total a signé le renouvellement de son soutien à la SNSM à hauteur de 5,4 millions d’euros sur trois ans. Principal mécène de la SNSM depuis dix ans déjà, le groupe accompagne les Sauveteurs en Mer pour leur permettre de professionnaliser toujours plus leur travail et développer des matériels innovants. À l’occasion de ce soutien renouvelé, Patrick Pouyanné, président-directeur général du groupe Total, fait avec nous le bilan de ce partenariat de longue date et évoque l’avenir commun de nos deux organisations.

Patrick Pouyanné, vous êtes à la tête du premier groupe indus­triel français avec près de cent mille colla­bo­ra­teurs, dans cent trente pays. Que repré­sente, pour vous et ces colla­bo­ra­teurs, votre enga­ge­ment auprès des Sauve­teurs en Mer ?

Patrick Pouyanné : La SNSM est avant tout pour moi un modèle de soli­da­rité unique : des femmes et des hommes qui font preuve d’un dévoue­ment hors du commun en portant béné­vo­le­ment assis­tance. C’est un enga­ge­ment exem­plaire, et nous sommes fiers de soute­nir la SNSM depuis main­te­nant dix ans. La force de la soli­da­rité est en effet une des cinq valeurs du groupe.

Ce parte­na­riat est né de la volonté de renfor­cer notre ancrage local et notre dialogue avec les gens de mer. La mer et le litto­ral accueillent bon nombre de nos implan­ta­tions et j’es­time que nous avons une respon­sa­bi­lité vis-à-vis de ces terri­toires. Nous voulons contri­buer à leur déve­lop­pe­ment, par nos acti­vi­tés comme par des actions d’in­té­rêt géné­ral. Pendant ces dix années, nous avons construit ensemble les moda­li­tés concrètes de ce parte­na­riat. Si l’his­toire conti­nue, c’est parce qu’elle nous enri­chit mutuel­le­ment et que nous parta­geons des valeurs fortes telles que la soli­da­rité, la sécu­rité, le goût de la perfor­mance.

La SNSM est avant tout pour moi un modèle de soli­da­rité unique : des femmes et des hommes qui font preuve d’un dévoue­ment hors du commun.

La sécu­rité est notre valeur phare et nous savons bien, comme vous, qu’elle est l’af­faire de chaque instant. Nous avons déve­loppé une exper­tise en matière de sauve­garde des personnes, en parti­cu­lier en mer puisqu’une part impor­tante de notre person­nel y est expo­sée. Il est donc natu­rel de nous enga­ger pour contri­buer à réduire le nombre de bles­sés et de morts sur la mer. Nous avons aussi en commun le goût de la perfor­mance. Nous savons que la passion du métier ne permet ni approxi­ma­tion ni amateu­risme, qu’elle doit donc se doubler de l’ex­cel­lence.

Tout au long de ces dix années, vous avez aidé la SNSM à rele­ver ses défis en matière de forma­tion, d’en­tre­tien et de renou­vel­le­ment de la flotte. Quelles inflexions souhai­tez-vous appor­ter à votre parti­ci­pa­tion pour les trois prochaines années ?

P.P. : Un anni­ver­saire, c’est toujours l’oc­ca­sion de faire le bilan ! Celui de notre parte­na­riat est riche. La moder­ni­sa­tion des équi­pe­ments a eu un effet boule de neige sur la profes­sion­na­li­sa­tion et l’or­ga­ni­sa­tion de la SNSM. L’har­mo­ni­sa­tion des équi­pe­ments a entraîné une harmo­ni­sa­tion des forma­tions et des pratiques là où, aupa­ra­vant, il y avait une juxta­po­si­tion de centres auto­nomes. Notre accom­pa­gne­ment s’est aussi traduit par des trans­ferts de savoir-faire : gestion finan­cière, suivi des béné­voles, meilleure visi­bi­li­té… Aujour­d’hui, la SNSM est arri­vée à une nouvelle matu­rité. Il convient donc de donner un nouvel élan à notre parte­na­riat, d’au­tant que le contexte a évolué.

Aujour­d’hui, la plai­sance et les loisirs nautiques génèrent l’es­sen­tiel des inter­ven­tions, alors que les sorties pour la pêche et le commerce ont dimi­nué. Les exigences sont aussi de plus en plus fortes en matière de respon­sa­bi­lité pénale.

L’enjeu pour nous est de conti­nuer à épau­ler la SNSM sur la voie de la profes­sion­na­li­sa­tion, tout en l’ai­dant à conser­ver ce qui fait sa force : la soli­da­rité. Or, l’en­ga­ge­ment des jeunes est une des condi­tions de la péren­nité du béné­vo­lat. Chaque année, cinq cents nouveaux sauve­teurs doivent être formés, alors même que les nouvelles recrues sont de plus en plus éloi­gnées du monde de la mer et de ses valeurs. La forma­tion des jeunes sauve­teurs sera donc une prio­rité de notre mécé­nat.

Cela rejoint par ailleurs l’un des fils direc­teurs de la Fonda­tion Total : l’ac­tion en faveur de la jeunesse. La SNSM contri­bue à donner aux jeunes le sens es respon­sa­bi­li­tés et de l’en­ga­ge­ment itoyen. Au-delà des aspects tech­niques exigeants, ces forma­tions leur trans­mettent des quali­tés d’al­truisme et de travail en équipe et les orientent souvent vers des métiers de fort enga­ge­ment : sécu­rité, pompiers, mari­ne…

Au-delà de votre soutien aux jeunes et à la forma­tion, quelle place accor­dez-vous à l’in­no­va­tion ?

P.P. : L’in­no­va­tion va avec l’es­prit pion­nier de Total, et nous savons qu’il est primor­dial de la mettre au service de la sécu­rité. C’est pourquoi nous avons contri­bué au déve­lop­pe­ment d’équi­pe­ments de pointe. Équi­per les Sauve­teurs en Mer pour faire face aux condi­tions les plus sévères, c’est avant tout mieux les proté­ger dans l’ac­com­plis­se­ment de leur mission. Les nouveaux maté­riaux et les nouvelles tech­no­lo­gies (comme la géolo­ca­li­sa­tion) permettent aussi de gagner en rapi­dité d’in­ter­ven­tion et en effi­ca­cité et donc, in fine, de sauver davan­tage de vies.

La capa­cité d’in­no­va­tion de la SNSM est l’une de ses forces et il convient de la valo­ri­ser. Les inno­va­tions de la SNSM peuvent en effet béné­fi­cier à d’autres struc­tures de service public. Les marins-pompiers sont par exemple très preneurs du nouveau sac médi­cal étanche qui permet une inter­ven­tion immé­diate. Le secteur privé peut aussi
être inté­ressé. Nos plate­formes en Angola souhaitent d’ailleurs tester certaines de ces inno­va­tions.

Des équipes de la SNSM sensibilisent les collaborateurs de Total aux missions de l’association ©Total

Au moment où la SNSM est soucieuse de confor­ter son modèle asso­cia­tif, quels messages souhai­tez-vous adres­ser aux béné­voles ?

P.P. : J’ai une profonde admi­ra­tion pour le courage et l’in­ves­tis­se­ment des béné­voles, et la SNSM est un modèle d’en­ga­ge­ment qu’il faut préser­ver. Nous souhai­tons rester à leurs côtés pour les aider à pour­suivre leur mission.

Le finan­ce­ment du modèle est évidem­ment le nerf de la guerre. Total n’est qu’un parte­naire, et les autres contri­bu­tions sont néces­saires. Mais réflé­chis­sons aussi à des sources de finan­ce­ment complé­men­taires : faire recon­naître la SNSM comme centre de forma­tion profes­sion­nelle et conti­nue, mieux valo­ri­ser les équi­pe­ments inno­vants.

Il me paraît aussi impor­tant que les premiers béné­fi­ciaires de la SNSM – les plai­san­ciers – s’en­gagent. De ce point de vue, nous pouvons sans doute aider la SNSM à se faire mieux connaître, par exemple en renforçant sa promo­tion dans certaines stations-service, en vendant des produits déri­vés, ou en inci­tant au don. Cela permet­trait en outre de sensi­bi­li­ser nos clients en route pour les vacances d’été.

Inter­view parue dans Sauve­tage n°143 1er trimestre 2018

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