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Élodie, chercheuse et sauveteuse : « Les trucs faciles ne m'intéressent pas »

publié le29 Décembre 2025

Élodie Vlamynck, 48 ans, a rejoint les Sauveteurs en Mer pour « aider l’humain en détresse » © DR

Malgré un emploi du temps très chargé, la chercheuse de 48 ans, adepte des triathlons extrêmes, a rejoint les Sauveteurs en Mer il y a un an et demi.

Cheffe d’en­tre­prise, cher­cheuse, maman, spor­tive adepte des défis extrêmes et, depuis peu, Sauve­teuse en Mer. Les jour­nées d’Élo­die Vlamynck sont si remplies qu’on se demande si elle a le temps de se repo­ser. « Je dors très bien, merci  », lâche dans un rire la quadra­gé­naire aux courtes boucles blondes. « Le tout, c’est d’être très très orga­ni­sée. »

Née à Amiens il y a 48 ans, Élodie a toujours mené plusieurs acti­vi­tés de front. Après tout, « On ne vit qu’une fois », répète-t-elle à l’envi. Bouli­mique de sports dans son enfance, elle quitte la Somme pour l’Île-de-France après le bac. Elle n’at­tend pas la fin de ses études pour fonder un foyer et donne nais­sance à Louis et Marie, 25 et 24 ans aujour­d’hui.

L’or­tho­pé­diste-orthé­siste se lance dans la vie profes­sion­nelle et déve­loppe des appa­reillages qui soulagent les douleurs des personnes atteintes par le syndrome d’Eh­lers-Danlos, une mala­die géné­tique rare. Désor­mais à la tête d’un labo­ra­toire de dispo­si­tifs médi­caux, elle conti­nue de rendre visite à de nombreux patients. «  J’aime énor­mé­ment aller les voir, insiste t-elle.  Je me sens utile, je constate direc­te­ment l’im­pact des soins et je trouve ça très impor­tant de faire du bien autour de soi.  »

De retour dans la Somme, à Fort-Mahon-Plage, depuis une dizaine d’an­nées, elle partage son temps entre ses malades et des travaux de recherche. Elle mène une étude en neuros­ciences dans un labo­ra­toire de l’Ins­ti­tut natio­nal de la santé et de la recherche médi­cale (Inserm).

Malgré un emploi du temps chargé, elle prend le temps de s’en­traî­ner pour des triath­lons extrêmes. « Les trucs faciles, ça ne m’in­té­resse pas, souligne-t-elle. J’ai un mental très fort, je ne lâche jamais. Plus je suis en diffi­culté, plus ça me plaît.  » Au mois de juin, elle a parcouru 8 kilo­mètres en nageant, près de 200 à vélo et plus de 50 à pied, le tout en 24 heures. Quelques semaines plus tôt, elle nageait 22 kilo­mètres en sept heures entre La Rochelle et le Fort Boyard. En début d’an­née, elle bouclait le Mara­thon des sables, soit plus de 120 kilo­mètres à pied dans le désert. 

Déjà « à fond » à la SNSM

Il y a un an et demi, elle a donc rejoint les Sauve­teurs en Mer. «  Je voulais aider l’hu­main en détresse, explique Élodie. Notam­ment les migrants qui tentent de traver­ser la Manche. C’est une grosse part de l’ac­ti­vité de la station de Fort-Mahon Plage. » Sans surprise, elle est déjà « très active, juge-t-elle. Quand je me lance dans quelque chose, j’y vais à fond.  » Secré­taire de la station, elle orga­nise aussi des événe­ments afin de récol­ter des fonds. «  J’ai déjà eu des fonc­tions dans deux asso­cia­tions et c’était parfois très mal orga­nisé, se souvient-elle. Dans ma station, tout est carré, préparé. J’aime beau­coup ça. » 

En plus de ses entraî­ne­ments en vue d’une traver­sée de la Manche l’été prochain, la spor­tive suit des forma­tions pour deve­nir nageur de bord – des sauve­teurs capables d’al­ler à l’eau pour rejoindre une personne ou une embar­ca­tion en diffi­culté. Logique, pour Élodie, puisque « La mer, c’est [sa] vie. »

Article rédigé par Nico­­las Sivan

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