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Article Sauvetage

Erquy : un pêcheur se brise la jambe, les sauveteurs sont là

publié le26 Juin 2025

Le blessé, conditionné sur une civière, est prêt pour l’hélitreuillage depuis le pont de la "SNS 201" © SNSM Erquy

Une parfaite coordination des secours a permis de sauver, dans les meilleures conditions, la jambe d’un pêcheur de coquilles Saint-Jacques, victime d’une fracture ouverte.

Un léger vent de sud-est souffle sur une mer peu agitée en baie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Ar­mor), ce 6 novembre au matin. Sans toute­fois parve­nir à dissi­per les nuages du ciel unifor­mé­ment gris sous lequel 240 bateaux ont appa­reillé pour pêcher la coquille Saint-Jacques. À 9 h 34, le chalu­tier Ilyes lance un appel de détresse à la radio VHF. Un de ses mate­lots vient de voir une de ses jambes prise dans le treuil du bateau et de se bles­ser griè­ve­ment. Le navire est posi­tionné à 4,5 nautiques (8,3 kilo­mètres) du séma­phore de Saint Quay-Portrieux, qui capte l’ap­pel.

Le centre régio­nal opéra­tion­nel de surveillance et de sauve­tage (CROSS) Corsen – en charge du secteur mari­time s’éten­dant du Mont Saint-Michel à Penmarc’h – prend immé­dia­te­ment le relais et met en alerte la SNS 201 Côte de Penthièvre. La vedette des Sauve­teurs en Mer d’Erquy est déjà en mer, en mission d’as­sis­tance à la pêche à la coquille Saint-Jacques. Elle fait route vers l’Ilyes, qui se trouve à 17 minutes. 

Grave frac­ture ouverte

Il faut agir vite. Commence alors une confé­rence entre le CROSS Corsen, le SAMU de coor­di­na­tion médi­cale mari­time (SCMM 29) Manche ouest, situé à Brest, et le chalu­tier. Le SCMM 29 décide d’éva­cuer le blessé vers un hôpi­tal bres­tois, avec le concours de l’hé­li­co­ptère H160 Belli­gou, de la base aéro­na­vale de Lanvéoc-Poul­mic. Sur sa route, il se posera deux minutes à l’hô­pi­tal pour embarquer une équipe médi­cale. De son côté, la SNS 201 a rejoint l’Ilyes. À 10 h 07, l’in­fir­mier du Service dépar­te­men­tal d’in­cen­die et de secours (SDIS) des Côtes-d’Ar­mor – qu’elle embarque  lors de ses missions d’as­sis­tance à la pêche à la coquille Saint-Jacques – monte à bord du chalu­tier. Il constate que le blessé présente une très grave frac­ture ouverte à la jambe, lui prodigue les premiers soins et lui admi­nistre des antal­giques pour le soula­ger de la douleur.

Trans­fert du blessé sur la vedette de sauve­tage

Paral­lè­le­ment, l’équi­page de la Côte de Penthièvre prépare la suite des opéra­tions. L’es­pace manque sur le navire de pêche pour abri­ter le blessé et accueillir l’équipe médi­cale qui est en route. De plus, le grée­ment et les câbles des engins de pêche qu’il supporte accroissent le danger des héli­treuillages. 
Gwénaël Meno­ret, patron de la vedette ce jour-là, propose de trans­bor­der le blessé à bord. Trente minutes plus tard, l’homme est allongé au chaud dans la cabine. Les nouveaux sièges, instal­lés lors de la réno­va­tion du bateau en 2021, laissent la place pour allon­ger une personne sur un plan dur. 

Un dispositif efficace

Sur le chemin du retour à Erquy, « nous avons commencé à débrie­fer dans la vedette, raconte Gwénaël Meno­ret, patron de la vedette ce jour-là. Une opéra­tion de ce type qui réus­sit, c’est la récom­pense de tout ce qui s’est fait en amont. Certains pensent que nous ne pouvons pas prendre des bles­sés en charge car nous n’avons pas de méde­cin à bord. Eh bien, si, nous l’avons fait ! L’im­por­tant est de rester calmes et de répar­tir les rôles, puis on déroule la procé­dure acquise lors des stages que nous faisons au Pôle natio­nal de forma­tion de la SNSM. De même, les inter­ven­tions de l’in­fir­mière de la SNSM et de l’in­fir­mier du SDIS ont été parfaite ment complé­men­taires. Le SAMU a pu prendre le relais sans délai. »

Modèle de gestion respon­sable de la ressource, la pêche à la coquille Saint-Jacques est très régle­men­tée et reste dange­reuse, notam­ment parce qu’elle se pratique avec de lourdes dragues traî­nées sur le fond. Le Comité natio­nal des pêches mari­times et des élevages marins, qui gère cette acti­vité, fait donc appel à la SNSM pour assu­rer une présence d’as­sis­tance en mer lors des pêches. Utile, elle n’en repré­sente pas moins une charge de travail impor­tante pour les béné­voles de la SNSM d’Erquy et de Saint Quay-Portrieux, qui « couvrent » la baie de Saint Brieuc.

Un blessé allongé dans la cabine d'un bateau de sauvetage en mer
Le marin blessé, abrité et traité dans la cabine de la « SNS 201 Côte de Penthièvre » grâce aux nouveaux sièges dont elle est équipée. © SNSM Erquy

Placé sous oxygène, le blessé béné­fi­cie d’une surveillance constante grâce au moni­teur de surveillance offert à la station par un géné­reux dona­teur. Les condi­tions météo permettent au patron de la vedette de mettre son annexe à l’eau pour déga­ger le pont et faci­li­ter les opéra­tions d’hé­li­treuillage. Elle sera récu­pé­rée sans encombre à la fin de l’opé­ra­tion. Peu après 11 heures, l’hé­li­co­ptère Belli­gou dépose l’équipe médi­cale du SAMU sur la SNS 201.

Le méde­cin féli­cite l’équi­page et l’in­fir­mier du SDIS de la qualité des soins appor­tés. Il réduit la frac­ture du blessé à bord de la vedette afin de limi­ter les risques d’hé­mor­ra­gie pendant le trans­fert. Le blessé et l’équipe médi­cale sont à bord de l’hé­li­co­ptère à 11 h 45 et arrivent à l’hô­pi­tal 45 minutes plus tard. 
Liberté de manœuvre est donnée à la SNS 201 à 11 h 49, qui est de retour à Erquy à 12 h 36. Le blessé, lui, a pu quit­ter l’hô­pi­tal trois jours après l’ac­ci­dent.

Équipage engagé

Vedette de deuxième classe SNS 201 Côte de Penthièvre

Patron : Gwénaël Meno­ret
Radio : Yves Legout
Infir­mière : Pascale Lecuyer
Équi­piers : Yann Le Bris, Laura Méhault
Infir­mier SDIS : Coren­tin Pineau

Article rédigé par Domi­nique Malé­cot.

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