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ArticleBateaux de sauvetage

Il s’appelle « Gustave Gendron »

publié le18 Octobre 2022

mis à jour le26 février 2026

Le NSH1 "SNS 17-01 Gustave Gendron – Simone Anita" en mer le jour de sa bénédiction sur l’île de Noirmoutier (Vendée) © Alain Dervout

Le SNS 17-01 Gustave Gendron – Simone Anita a été baptisé sur l’île de Noirmoutier le samedi 8 octobre. Premier navire de la nouvelle flotte, il est affecté à la station de l’Herbaudière. Gustave Gendron, ancien patron emblématique, était présent pour célébrer le bateau qui porte son nom. 

De petits points orange se détachent sur le ciel gris de l’île de Noir­mou­tier (Vendée). Aux cris des mouettes se mêlent des saluts et des rires. Ce samedi 8 octobre 2022, des centaines de Sauve­teurs en Mer sont rassem­blés sur le quai de L’Her­bau­dière. Ils sont venus de tous les envi­rons pour le baptême du SNS 17–01 Gustave Gendron – Simone Anita. Ce navire de 17 mètres est le premier d’une longue série, qui compo­sera la nouvelle flotte de la SNSM. « Le baptême d’un bateau est toujours un moment spécial, souligne Thierry Caudal, président de la station de la Côte d’Amour. Forcé­ment là, il y a quelque chose de plus. » 

Grand Pavois au vent, le SNS 17–01 est amarré à la jetée du port. Les visi­teurs du jour viennent le voir tour à tour. Ils admirent sa nouvelle livrée, imagi­née par le desi­gner Philip Starck. Pointent du doigt ses équi­pe­ments modernes. Soudain le groupe s’écarte. Casquette de marin, lunettes de soleil et fine mous­tache blanche, un homme s’avance lente­ment. Gustave Gendron se tient face au Gustave Gendron. Le navire a reçu le nom de celui qui a été patron de la station pendant plus de trente ans, suivi de celui d’une géné­reuse dona­trice, Simone Anita.

Les médailles finissent au fond des tiroirs, les bateaux restent sur l’eau.

«  J’ai reçu plusieurs récom­penses. Au fond, cela ne compte pas vrai­ment, rela­ti­vise le retraité de 84 ans. Mais ce bateau à mon nom… Les médailles finissent au fond des tiroirs, les bateaux restent sur l’eau. » L’an­cien marin-pêcheur pose ses impo­santes mains sur le bastin­gage et grimpe sur le pont. « Ça ne se voit pas mais il est ému, assure Katia, l’une de ses petites-filles. Mon grand-père n’a jamais hésité à donner de son temps au sauve­tage en mer. Je suis très fière de lui. » 

Main­te­nant, je veux voir ce bateau en action.

Gustave Gendron s’en­gouffre dans l’im­mense cabine. Jette un coup d’œil suspi­cieux aux nombreux écrans du poste de pilo­tage. «  Tout ça a bien changé. De mon temps, on avait un sondeur qui ne marchait pas et une radio qui ne fonc­tion­nait pas non plus, s’amuse-t-il. Main­te­nant, je veux voir ce bateau en action. Je veux qu’il fasse des sauve­tages. » 

Ce sera l’af­faire de l’équi­page actuel de L’Her­bau­dière, mené par Jean-Pierre Couton. Avec Noël Meunier, le président de la station, ils ont voulu rendre hommage au « patron extra­or­di­naire » qui les a formés en donnant son nom à leur nouveau canot de sauve­tage. «  Avec lui on s’est toujours sentis en sécu­rité, souligne le patron actuel. C’est très impor­tant. » 

Le SNS 17–01 Gustave Gendron – Simone Anita a lui aussi pour première mission d’as­su­rer la sûreté des sauve­teurs.

Insub­mer­sible, il est capable de se retour­ner tout seul en cas de renver­se­ment. Il emporte aussi de nombreux équi­pe­ments permet­tant à son équi­page de parer à toutes les éven­tua­li­tés. « C’est un bel outil tech­no­lo­gique, abonde Benja­min Dubois, patron suppléant. On est heureux que tant de sauve­teurs soient venus pour son baptême. » 

Les visi­teurs du jour se pressent sur les bords du quai. Céline Couillon, l’une des marraines du bateau, brise une bouteille de cham­pagne sur la proue. Puis neuf navires de la SNSM accom­pagnent le Gustave Gendron en mer pour un dépôt de gerbe. 

Dès le lende­main, le SNS 17–01 a repris la mer en direc­tion de Gujan-Mestras (Gironde) où le Chan­tier Naval Couach (CNC) l’at­tend pour des modi­fi­ca­tions. Il sera ensuite rendu à son équi­page pour ses premières inter­ven­tions.

SNS 17-01 Gustave Gendron – Simone Anita sur mer

140 nouveaux bateaux en 10 ans

Construire près de 140 bateaux en 10 ans pour un montant avoi­si­nant les 100 millions d’eu­ros. Le programme Nouvelle Flotte de la SNSM permet­tra de renou­ve­ler les capa­ci­tés de sauve­tage mises en œuvre sur les côtes de la métro­pole et d’outre-mer. Une néces­sité, car les quelque 800 navires de l’as­so­cia­tion sont vieillis­sants, avec un âge moyen de 19 ans.

Le Chan­tier Naval Couach, à Gujan-Mestras, a été choisi pour être le maître d’œuvre de la nouvelle gamme, qui comprend deux navires hautu­riers et quatre côtiers. Cela a commencé avec la mise au point du plus grand des deux navires hautu­riers, le NSH1, dont le SNS 17–01 est la tête de série.

Le déploie­ment sera progres­sif, selon un plan­ning prévi­sion­nel établi, respec­tant les besoins en renou­vel­le­ment des navires. Les stations de Goury-la-Hague (Manche), l’Ile d’Olé­ron (Charente-Mari­time), l’Aber­wrac’h (Finis­tère), Lège-Cap-Ferret (Gironde), La Ciotat (Bouches-du-Rhône), Propriano (Corse-du-Sud), du Croi­sic (Loire-Atlan­tique), l’Ile Molène (Finis­tère) et Ouis­tre­ham (Calva­dos) seront les prochaines à rece­voir un navire hautu­rier du même type que celui de Noir­mou­tier.

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