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Article Sauvetage

La Baule : un marathon, deux arrêts cardiaques

publié le1 Avril 2025

écrit parClarisse Oudit-Dalençon

4 minde lecture

Les Sauveteurs en Mer étaient vigilants à l’arrivée du marathon, où des incidents surviennent souvent © SNSM

La Baule-Escoublac accueillait son premier marathon international début novembre. Près de 12 500 personnes ont participé, encadrées par des bénévoles de la SNSM.

Quarante-deux kilo­mètres et cent quatre-vingt-quinze mètres à travers les marais salants de Guérande. Début novembre a eu lieu le premier mara­thon inter­na­tio­nal de la Côte d’Amour, en Loire Atlan­tique. Près de 12 500 coureurs y ont pris part, sous l’œil atten­tif des béné­voles des centres de forma­tion et d’in­ter­ven­tion (CFI) de Rennes, de Nantes et d’An­gers. « La vraie diffi­culté pour s’or­ga­ni­ser est posée par la forme de la course. Elle s’étend sur un vaste terri­toire, où il faut qu’on soit capables d’agir rapi­de­ment », précise Mathieu Winckel­mul­ler, chef du dispo­si­tif prévi­sion­nel de secours et béné­vole au CFI de Nantes.

Soixante Sauve­teurs en Mer sont répar­tis sur le parcours, trois postes de secours ont été spécia­le­ment instal­lés. « Même si on est bien orga­ni­sés, ce genre d’évé­ne­ment reste un stress  », admet Mathieu Winckel­mul­ler. À 9 h 45, les compé­ti­teurs s’élancent depuis La Baule. Ils traversent les marais salants jusqu’au Croi­sic, puis réalisent une boucle pour finir la course dans le centre ville baulois, où le public les acclame. Le gagnant achève l’épreuve en 2h19. Aucun inci­dent n’est à signa­ler jusque-là. Mais, vigi­lants, les sauve­teurs se rassemblent à proxi­mité du lieu du finish. 

Après une acti­vité physique intense, le corps est fati­gué et c’est géné­ra­le­ment à ce moment-là que les acci­dents se produisent. Vers 13 h 30, un homme de 38 ans passe la ligne d’ar­ri­vée, puis s’écroule. « Les sauve­teurs ont pu inter­ve­nir quasi­ment dès qu’il a touché le sol. La proxi­mité avec les postes de secours a permis une prise en charge très rapide », souligne le chef du dispo­si­tif. 

30 minutes de massage cardiaque

Les béné­voles constatent un malaise cardiaque et déclenchent tout de suite la chaîne de secours. « Après de longues minutes de massage cardiaque, l’homme a repris un pouls », relate Mathieu Winckel­mul­ler. Cette première inter­ven­tion au dénoue­ment heureux réjouit les sauve­teurs. Mais ils restent concen­trés : la course n’est pas finie. Une heure après le premier inci­dent, un deuxième homme tombe à l’ar­ri­vée. Encore un arrêt cardiaque.

Les secou­ristes inter­viennent et prodiguent un massage cardiaque au spor­tif de 72 ans pendant plus de 30 minutes. Il est emmené d’ur­gence à l’hô­pi­tal de Nantes, mais les efforts du person­nel médi­cal ne suffisent pas. Son décès est prononcé au centre hospi­ta­lier. « La semaine suivante, nous avons pris le temps de reve­nir sur cet événe­ment, tant sur le plan tech­nique que psycho­lo­gique, explique Mathieu Winckel­mul­ler. On ne sait pas comment des inter­ven­tions diffi­ciles peuvent affec­ter les sauve­teurs qui les prennent en charge, donc c’est vrai­ment néces­saire d’en discu­ter. »

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