Lola a sauvé une personne âgée de la noyade : « ça a bouleversé ma vie »
publié le5 Décembre 2025

Lola Pourcel © DR
Lola Pourcel revient sur un sauvetage qu'elle a effectué en juillet 2023, alors qu'elle était âgée de seulement 17 ans. Cet acte a bouleversé sa vie.
Lola Pourcel se délecte du soleil à Théoule-sur-Mer (Alpes-Maritimes), en ce 4 juillet 2023. La lycéenne de 17 ans a passé sa dernière épreuve du baccalauréat la veille. Elle profite de son premier jour de vacances en famille sur « la plage où l’on vient tous les week-ends, celle où on fait les devoirs, on mange, on fête parfois des anniversaires, raconte-t-elle. C’est un coin plutôt sauvage, avec des bateaux de pêche à côté. »
Comme à son habitude, elle entre dans l’eau seule pour faire quelques brasses. Elle s’éloigne du bord pour atteindre une zone où elle n’a plus pied. Un couple de retraités italiens se trouve à quelques mètres d’elle. L’homme, muni d’un masque, regarde sous l’eau. « Au bout d’un moment, je me suis dit : « Il a du souffle, quand même. Ça fait longtemps qu’il n’a pas respiré ! » », se souvient Lola. Elle poursuit son chemin, quand elle entend soudain des cris et tourne la tête vers le couple. La femme fait de grands gestes en direction des personnes se trouvant sur un ponton proche. « Mais c’était des Hollandais, ils ne comprenaient pas ce qu’elle disait », se remémore la jeune femme. La brune au physique gracile réalise, en revanche, que quelque chose ne va pas. Elle nage le plus vite possible vers les deux Italiens et saisit l’homme. « Je l’ai fait correctement sans même le savoir, s’étonne encore Lola. Je l’ai pris sous les bras, en lui maintenant la tête hors de l’eau. Et j’ai fait une sorte de rétropédalage, alors que je ne l’avais jamais appris. »
« Si je n’avais pas agi réagi aussi vite, il serait mort »
Alors qu’elle s’approche du bord, un sauveteur la rejoint avec un paddle, sur lequel ils allongent l’homme de 93 ans, inconscient. D’autres secouristes leur viennent rapidement à l’aide. « Comme je ne connais pas les gestes, je les laisse faire », explique Lola. Elle retourne alors vers la compagne de la victime. « Elle était très paniquée. On a nagé ensemble doucement jusqu’à arriver au bord », précise la jeune femme.
Voyant que de nombreux spécialistes des premiers secours ont pris le relais, Lola retourne s’asseoir avec sa famille. « C’est toi qui as ramené le monsieur ? », lui demandent ses grands-parents. « Oui, c’est moi », répond simplement la lycéenne, tout en observant la scène.
L’homme est en vie. Il revient à lui avant d’être emmené dans un centre hospitalier. Une fois l’intervention terminée, des pompiers viennent parler avec Lola. « Ils m’ont dit : « Si vous n’aviez pas réagi aussi vite, il serait sans doute mort. » »
L’analyse : « Ça a bouleversé ma vie »
Lola l’assure : ce jour-là, elle a agi « à l’instinct. Je n’avais aucune expérience du secourisme, souligne-t-elle. Et je m’évanouis quand je vois du sang ! J’ai vraiment été vers ce monsieur sans réfléchir. Pour moi, c’était comme ramasser un portefeuille tombé par terre pour le rendre. »
Tandis qu’elle ramène le nonagénaire vers la plage, la lycéenne n’est pas stressée. « Plutôt très concentrée », se rappelle-t-elle. En son for intérieur, elle pense pourtant que l’homme est décédé. « Mais je me disais : « Il faut qu’il ressuscite », en sourit-elle un an plus tard. C’est mon caractère : quand j’ai décidé quelque chose, je ne lâche pas. Abandonner ne fait pas partie de mon vocabulaire. » Elle est rassérénée lorsqu’elle voit l’homme passer devant elle, conscient.
Dans les jours qui suivent, Lola « ne veut pas parler » de cette intervention. « Je ne voulais pas qu’on me félicite non plus, avoue-t-elle. De mon point de vue, j’avais fait quelque chose de très simple, qui ne méritait pas qu’on le souligne. Les pompiers le font tous les jours ! » Pourtant, les éloges fusent.
La jeune femme retourne aussi au poste de sauvetage de la plage. Le directeur du centre de formation et d’intervention (CFI) de Cannes lui propose de financer gratuitement sa formation de sauveteuse. Elle accepte. « Ça tombait bien, je cherchais un job d’été, s’amuse Lola. Le problème, c’est que je ne savais même pas nager le crawl ! Le premier jour de formation a été terrible, j’ai pleuré. Mais, j’ai tenu, car je voulais prouver que j’étais capable de sauver des gens. »
Après un an d’entraînements et d’efforts, Lola obtient les six diplômes nécessaires pour devenir nageur sauveteur. « Le souvenir de ce sauvetage était une vraie source de motivation dans les passages difficiles, reconnaît-elle. Ce moment a vraiment bouleversé ma vie. Depuis, j’ai réalisé qu’elle ne tient qu’à un fil. J’ai un regard nouveau sur le monde, notamment sur les personnes âgées, sur le fait qu’il faut profiter de l’instant présent. Et j’essaye de pousser les gens à se former aux gestes de premiers secours, qui peuvent sauver des vies ! »