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Article Sauvetage

Manche : il s'évanouit dans l'eau, les sauveteurs interviennent in extremis

publié le26 Janvier 2026

Les sauveteurs ont rejoint l’homme en détresse en quelques minutes sur la SNS 446 Notre-Dame-de-Gonneville © SNSM

Un pêcheur à pied a été emporté par les courants montants après avoir fait un malaise, au mois d’avril, à Agon-Coutainville. Réveillé par l’eau, il a réussi à donner l’alerte pour que les sauveteurs le secourent.

Mieux vaut être accom­pa­gné lorsque l’on part à la pêche. Un homme l’a appris à ses dépens, le 30 avril dernier. Vers 19 heures, il se promène sur l’es­tran à marée basse, à la recherche de coquillages et de crus­ta­cés. Une brise escorte ses pas sur les longues éten­dues de sable qui s’étirent devant Agon Coutain­ville (Manche). Soudain, il est pris d’un malaise, s’éva­nouit et s’écroule au sol. 

La marée remonte peu à peu et commence à l’at­teindre. Trempé par l’eau glacée, l’homme se réveille. Quand il rouvre les yeux, les vagues ont déjà volé ses affaires. Cet habi­tué des lieux sait que le courant risque de l’em­por­ter lui aussi. Très affai­bli, il parvient à s’agrip­per à un bateau amarré près de lui et se met à hurler aussi fort que possible.

D’où viennent les cris ?

Sur le rivage, en ce début de prin­temps, un son stri­dent perturbe le calme de la station balnéaire. Plusieurs personnes entendent des cris, sans vrai­ment en iden­ti­fier la source, et contactent les secours. Les opéra­teurs du centre régio­nal opéra­tion­nel de surveillance et de sauve­tage (CROSS) Jobourg préviennent tout de suite la station de la ville voisine de Blain­ville-sur-Mer. Rassem­blant les quelques indi­ca­tions dont ils disposent, ils aver­tissent les Sauve­teurs en Mer afin qu’ils aillent secou­rir trois personnes isolées par la marée et abri­tées sur les rochers.

Juste avant d’em­barquer, Auré­lien Lecar­don­nel, patron de la station, guette l’ho­ri­zon. Mais quelque chose ne va pas : aucun rocher n’est visible, l’eau étant remon­tée. Les infor­ma­tions qu’il a reçues semblent erro­nées. « Je me dis alors que c’est une fausse alerte, ça arrive de temps en temps », explique le sauve­teur de 38 ans.

Au même moment, un témoin vient à lui et signale avoir entendu des cris. Le béné­vole chausse ses jumelles. «  Je scrute la baie, vers les bateaux amar­rés. Je ne sais pas pourquoi, mais mon regard s’ar­rête sur un bateau en parti­cu­lier, se souvient le sauve­teur. Il y a eu un coup de vent qui l’a fait tour­ner très légère ment et, là, je vois un bras pendu à la rambarde. Une vraie chance !  »

En trois minutes à la victime

Une fois la victime repé­rée, il faut agir rapi­de­ment. Les Sauve­teurs en Mer sont d’au­tant plus inquiets que, selon l’alerte du CROSS, il y a poten­tiel­le­ment deux autres personnes à l’eau. « C’est allé très vite. De l’ap­pel du CROSS au repé­rage de la victime, il a dû s’écou­ler à peine trois minutes », se remé­more Auré­lien Lecar­don­nel. Les sauve­teurs foncent vers la victime, la hissent à bord et, après s’être assu­rés de son état de santé, l’in­ter­rogent sur la situa­tion. Le pêcheur à pied leur confirme être seul. « Il est à bout de force. Il a dû s’agrip­per durant près d’une heure à l’em­bar­ca­tion, détaille le béné­vole. Il est en état de choc et d’hy­po­ther­mie avan­cée. » 

Les sauve­teurs le rassurent et le ramènent au port. « Cela finit bien, mais il a eu beau­coup de chance d’être entendu par des passants, conclut le patron. Dans ce genre de situa­tion, ça peut vrai­ment se jouer à quelques minutes. » 

Article rédigé par Clarisse Oudit-Dalençon

Équipage engagé

VEDETTE LÉGÈRE SNS 205 Nohic

Patron : Auré­lien Lecar­don­nel
Équi­piers : Antoine Dauvin, Franck Félix, Alexandre Mazzola, Thomas Stell

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