Maxime Bonnet, « Devenir Sauveteur en Mer a donné du sens à ma vie »
publié le25 Novembre 2023

Nageur sauveteur depuis sa majorité, Maxime a forgé « des amitiés indéfectibles » au sein de l’association © D.R.
Rugbyman, ce Limousin de 26 ans est attaché aux valeurs de solidarité et de partage, qu’il retrouve au sein de la SNSM.
Il a beau avoir grandi à Limoges, Maxime Bonnet a toujours été à l’aise dans les vagues. Enfant, en vacances chez ses grands-parents sur l’île d’Oléron, il ne se lassait jamais d’aller à la rencontre des nageurs sauveteurs et de les écouter raconter leurs aventures, sa madeleine de Proust.
Sportif ayant tour à tour pratiqué judo, tennis, football, il s’est finalement fixé sur le rugby, où il joue deuxième ligne du haut de son 1,97 mètre. Puisant dans l’ovalie les valeurs de solidarité, de convivialité, de combativité et de respect qu’il retrouvera à l’identique chez les Sauveteurs en Mer.
Dès sa majorité, il se forme au centre de formation et d’intervention (CFI) de la Haute-Vienne, à Limoges. Une fois ses qualifications de nageur sauveteur en main, étudiant en fac de droit – il est aujourd’hui titulaire d’un master 2 de droit des associations –, il consacre ses étés à la surveillance des baignades.
Sa première saison, sur les plages du débarquement à Courseulles-sur-Mer, va forger son engagement, sous la houlette de « Jean-Baptiste, un super chef de poste ». Puis d’autres étés, aux Sables-d’Olonne sur les plages de Sauveterre et du Veillon : « Les meilleurs, avec des amitiés indéfectibles depuis ».
Au secours d’une vingtaine de baigneurs à Belle-Île
À 26 ans désormais, Maxime a vécu plusieurs moments forts au fil des saisons. Notamment à Belle-Île-en-Mer, sur la plage de Donnant. Spot connu des surfeurs, le site est tout aussi grandiose que traître en raison de courants poussant vers les rochers. Cet après-midi-là, dans les vagues, un groupe d’une vingtaine de baigneurs est à la dérive. Quatre sauveteurs, dont Maxime, les sortent deux par deux de la houle, à la seule force de leurs bras et de leurs pieds palmés. De la dune, les vacanciers observent la noria des bénévoles dans leurs efforts périlleux et harassants. De retour sur le sable, Maxime est accueilli par une foule qui les applaudit, eux, ces femmes et hommes ordinaires qui, là, ensemble, ont réalisé l’extraordinaire.
Depuis un an, le Limougeaud a déménagé à Lille, où il est responsable administratif du Stade Villeneuvois Lille Métropole. Ce club de rugby s’illustre notamment par son équipe féminine, qui évolue en Élite 1. Le sauveteur est désormais rattaché au CFI local, où l’on sait pouvoir compter sur lui.
Maxime, la passion intacte, participe désormais à la tournée mini-sauveteurs. Grâce à cette opération de prévention, en partenariat avec la MACIF, une équipe de sauveteurs fait une tournée des plages durant l’été. Ils vont à la rencontre des enfants afin de les initier aux gestes qui sauvent et de leur distiller quelques précieux conseils.
« Il y a beaucoup de noyades sur les plages non surveillées ou hors des horaires de présence, rappelle Maxime. Dans une mer hostile, les nageurs commettent toujours la même erreur de vouloir revenir coûte que coûte à leur serviette. Or, même un très bon nageur avec des palmes n’y arriverait pas. Les courants ne sont pas dangereux en soi, il faut simplement les contourner. »
Le jeune homme, affable et passionné, ajoute : « Être nageur sauveteur est accessible à tout sportif, peu importe qu’il soit nageur ou non à la base. Il suffit d’avoir une appétence pour l’eau, d’apprendre les techniques de sauvetage et de les répéter sans cesse. Cela a donné du sens à ma vie. »
Article rédigé par Alain Mila, diffusé dans le magazine Sauvetage n°166 (4ème trimestre 2023)