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Portrait. Brigitte Laurent, psychologue de la SNSM

publié le29 Juillet 2025

Brigitte Laurent © Julia Tourneur

Installée à l’île de Ré, où elle vient d’ouvrir son cabinet, Brigitte Laurent est la psychologue référente de la SNSM. Au sein de la station de La Rochelle, elle déploie de nombreuses formations pour améliorer le quotidien des bénévoles.

« J’ai toujours peur de m’en­nuyer.  » Cela explique sans doute pourquoi Brigitte Laurent est un océan de savoirs. À 37 ans, cette psycho­logue clini­cienne spécia­li­sée en neuro­psy­cho­lo­gie vient d’ou­vrir son cabi­net sur l’île de Ré (Charente-Mari­time). Elle est aussi la psycho­logue réfé­rente au sein de la SNSM. Elle a rejoint l’as­so­cia­tion il y a une dizaine d’an­nées par le biais du grand-père de ses neveux, lui aussi béné­vole. «  Il avait mis en place un stage sur la détresse psycho­lo­gique et il m’a proposé de travailler dessus », indique-t-elle.

La jeune femme, alors instal­lée à La Rochelle, se jette à l’eau et reprend les rênes de ce stage un peu parti­cu­lier entre 2014 et 2016. Une troupe de comé­diens nior­taise élabore avec elle des saynètes, qui amènent les appre­nants à vivre ou revivre des situa­tions poten­tiel­le­ment trau­ma­ti­santes (naufrage, acci­dent en mer, etc.). Après cette immer­sion, les parti­ci­pants reviennent sur les ressen­tis des uns et des autres.

Pour moi, c’est la découverte d’un autre univers. Beaucoup de bénévoles viennent me voir en aparté car ils ont vécu des événements forts au niveau émotionnel et ont le sentiment de ne pas avoir eu d’espace pour pouvoir dire leurs ressentis. Le monde marin, ce n’est pas une culture où l’on dit. Brigitte Laurent Psychologue référente de la SNSM

Le stage fonc­tionne et le bouche-à-oreille lui donne une place à part dans le cata­logue des forma­tions propo­sées aux béné­voles. « On se rend très vite compte des dégâts physiques, mais moins des dégâts psycho­lo­giques, qui peuvent parfois appa­raître a poste­riori  », souligne la spécia­liste. À la nais­sance de sa fille, en 2017, elle confie le stage au Centre ressource d’aide psycho­lo­gique en mer et aux marins (Crapem). Mais elle décide d’uti­li­ser le peu de temps libre qu’il lui reste pour mettre son savoir-faire au service de la station de La Rochelle.

Débrie­fings post-inter­ven­tions

Lorsqu’elle n’est pas au port de La Pallice pour s’in­té­res­ser au bien-être psycho­lo­gique des embarqués, elle pour­suit avec passion des études de crimi­no­lo­gie. Aux côtés des sauve­teurs, elle distille de précieuses notions de psycho­lo­gie, que ce soit en inter­ven­tion ou lors de la disper­sion des cendres de défunts. « Ce sont des béné­voles et ils ne sont pas formés à accueillir les familles et à adop­ter les bonnes postures », décrypte cette future experte psycho-légale.

Aujour­d’hui, la prise en charge psycho­lo­gique s’est fait une place chez les Sauve­teurs en Mer. Les débrie­fings post-inter­ven­tions permettent d’évi­ter des effets délé­tères sur la santé mentale. Élue au Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’as­so­cia­tion il y a deux ans, Brigitte Laurent porte la voix de ces maux parfois invi­sibles qui peuvent ronger les béné­voles.

Article rédigé par Julia Tour­neur.

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