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Portrait de sauveteuse : Delphine Guillot, une jeune femme d'excellence

publié le2 mai 2018

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À 31 ans, Delphine Guillot, entrée à la SNSM en 2009, peut être fière de son titre de championne d’Europe de décathlon. Même si, pour cette nutritionniste diététicienne installée à Fontainebleau, le plus important reste le partage et l’écoute des autres. Portrait.

Imagi­nez la scène… Une belle plage de Charente-Mari­time pratique­ment déserte. Seule présence humaine, une jeune fille qui, selon un céré­mo­nial bien réglé, court à la limite de l’es­tran. La foulée est légère, la silhouette harmo­nieuse, tous les indices d’une spor­tive aguer­rie à l’exer­cice physique qui, chaque matin, beau ou mauvais temps, avale ses huit à dix kilo­mètres.

Son nom ? Delphine Guillot, origi­naire de Villard-de-Lans dans l’Isère, alors en vacances avec ses parents. L’his­toire aurait pu s’écrire avec le mot fin. C’était sans comp­ter sur sa rencontre avec un Nageur Sauve­teur de la SNSM qui l’in­ter­pelle. Comment s’ap­pe­lait-il ? Delphine l’a depuis long­temps oublié, mais en revanche se souvient de leurs échanges qui l’in­citent à adhé­rer aux grandes causes de la SNSM et à s’ins­crire (elle a alors 23 ans) au centre de forma­tion et d’in­ter­ven­tion (CFI) de Lyon, installé sur une péniche.

Au programme : suivre durant une année le cursus des sauve­teurs. Il est bon de préci­ser que Delphine est une spor­tive accom­plie, et l’est toujours restée à un très haut niveau. Le doit-elle à son père, profes­seur d’édu­ca­tion physique ? Diffi­cile de répondre, mais à l’écou­ter, on ne peut manquer d’être impres­sionné par son don pour les acti­vi­tés spor­tives. Jugez plutôt : à neuf ans, elle s’offre un titre de cham­pionne de France de gymnas­tique ryth­mique et spor­tive, avant de bifurquer vers l’équi­ta­tion – le concours complet – qui la mène au cham­pion­nat de France junior. Pour corser le tout, à 18 ans, elle se met au 400 mètres haies. Côté études supé­rieures, c’est moins bien. Nul n’est parfait. Delphine se cherche. Ses deux années passées à Grenoble en faculté de phar­ma­cie ne la passionnent pas vrai­ment. Tout comme les deux années suivantes en faculté de biochi­mie, toujours à Grenoble.

Sans langue de bois, Delphine confie qu’elle « tentait à cette époque de donner un sens à sa vie. De servir les autres, se rendre utile ». « Je l’ai trouvé dans la SNSM », avoue-t-elle. Diffi­cile d’en douter. En tout cas, au CFI de Lyon, l’am­biance est convi­viale. Très bonne nageuse, les exer­cices en piscine ne lui sont qu’une forma­lité et à la fin de l’an­née, le brevet natio­nal de sécu­rité et de sauve­tage aqua­tique (BNSSA) en poche, elle est prête à affron­ter sa première saison de Nageuse Sauve­teuse. Durant l’été 2010, elle est nommée le premier mois en Norman­die au poste de secours de Woigna­rue dans la Somme. Elle n’en a gardé que de bons souve­nirs. Moins de son second poste à Saint-Tropez, sur la plage de la Bouilla­baisse. « Le site était très protégé, se souvient-elle. Il me manquait les marées, les vagues ». Il n’em­pêche que pour Delphine, chaque été est désor­mais programmé. Et les postes s’en­chaînent. Arca­chon, puis la Corse où en 2016 elle découvre la pratique du semi-rigide et les inter­ven­tions de nuit. « Ce fut un sacré coup de fouet, une bonne façon de me sortir de la routine ». D’au­tant que la même année, elle passe chef de poste sur la plage du Lido, proche du port de Propriano.

Entre temps, Delphine a trouvé sa voie. Exit Grenoble et les années d’er­rance. Bonjour Paris où elle suit une licence de nutri­tion, un BTS de diété­tique, le tout complété par un diplôme univer­si­taire en nutri­tion du sport. Elle se fixe à Fontai­ne­bleau où elle exerce depuis 2015 dans une maison de santé univer­si­taire ; acti­vité complé­tée, un jour par semaine, au service de santé des armées où elle s’oc­cupe de diété­tique mili­taire avec les spor­tifs de haut niveau.

Mieux encore, malgré des acti­vi­tés profes­sion­nelles bien char­gées, elle se met dès son arri­vée en 2013 à Fontai­ne­bleau au triath­lon pour fina­le­ment conqué­rir en 2017 le titre envié de cham­pionne d’Eu­rope de cross-triath­lon Xterra, suivi par une huitième place au cham­pion­nat du monde de la disci­pline, à Hawaï. Au programme : 1,5 km de nata­tion en mer, 35 km de VTT, et pour finir du trail, une course à pied de 10 km en pleine nature.

C’est dire qu’à 31 ans, Delphine reste un exemple. Elle a tout, la gentillesse, le goût des autres, la compé­tence, et l’in­so­lente passion d’ai­der son prochain. D’ailleurs, dans cette quête insa­tiable, Delphine s’est même enga­gée depuis 3 ans comme pompier volon­taire à la caserne de Fontai­ne­bleau. « Pour sortir de la routine, me perfec­tion­ner en secou­risme ». À l’heure de nous quit­ter, au buffet de la gare de Fontai­ne­bleau, Delphine avoue qu’elle se rever­rait bien s’ali­gner cette année au cham­pion­nat d’Eu­rope de triath­lon. Il ne lui manque rien. Quoique… L’ar­ri­vée d’un spon­sor pour finan­cer sa campagne de parti­ci­pa­tion aux diffé­rentes épreuves. Avis aux amateurs !

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