Avis de tempête : ayez les bons réflexes en mer et à terre
publié le20 Décembre 2023

Canot tous temps dans la tempête © Nicolas Régnier
Rail de dépressions, jet-stream, ces mots font parfois écho à une actualité dramatique : les tempêtes. Comment limiter les dégâts en mer et à terre ?
Des rafales records ont parcouru la France en 2023 : 155km/h sur l’ile d’Oléron, 207 km/h dans le Finistère. En mer ou sur terre, les dégradations sont souvent mémorables… Coupure d’électricité, arbres sur la chaussée, la situation peut vite être dangereuse mais une prévention efficace peut empêcher les accidents.
Renseignez-vous sur la météo et sachez renoncer à une sortie en mer !
Une mauvaise météo peut s’avérer fatale pour un équipage. Nausées, fatigue et affolement peuvent prendre le contrôle face à une mer agitée. Avant de partir, mieux vaut s’avoir où l’on s’aventure !
Le patron pêcheur ou le plaisancier qui veut faire une traversée un peu longue ne sont pas les seuls concernés par la météo. Tous ceux qui travaillent sur la mer ou y vont pour leur plaisir doivent s’en inquiéter et observer le ciel, le vent et la mer, qu’ils soient à la plage, à la pêche à pied (pensez au risque de brouillard), en stand-up paddle, en kitesurf, en kayak de mer ou simples baigneurs.
Ne laissez pas vos enfants jouer sans surveillance sur un matelas gonflable au bord de la plage quand le vent de terre peut les pousser vers la mer ! Sur certaines plages surveillées, ce risque est indiqué par un drapeau noir et blanc en plus des traditionnels vert (baignade autorisée et surveillée), jaune (danger), ou rouge (baignade interdite). Une météo plus précise est affichée par les nageurs sauveteurs. Les drapeaux n’en sont pas la traduction automatique, le chef de poste tient compte de son expérience du plan d’eau et de ses dangers.
Ne pas y aller quand le temps menace, c’est ne pas y aller … du tout, sur les côtes ou en pleine mer. Être capable de laisser le bateau sur place. C’est pourquoi il faut toujours prendre une marge de sécurité sur les derniers jours d’une croisière. C’est la principale utilité des anticipations à sept jours ou plus : voir si le temps s’annonce plutôt maniable pour le retour. S’il y a un risque, il vaut mieux tenter ses premières routes de nuit – bien préparées – pour être rentré par temps maniable. Pourquoi cette insistance ? Parce que, par mauvais temps, la terre et même le port deviennent les pires dangers. Rares sont les abris à très larges entrées protégés par de vastes avant-ports. Beaucoup d’entrées de ports ou de mouillages deviennent très dangereuses par mauvais temps. Même le demi-tour, une fois qu’on a constaté l’état de la mer, devient une manœuvre risquée.
Aujourd’hui il est assez facile de prévoir les tempêtes, que ce soit par « le bulletin météo fourni par le CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) ou encore Windy pour suivre les intempéries en temps réel » explique Nicolas Thiollent, coordinateur des soutiens locaux de formation de la SNSM. « Il faut croiser les sources pour être au mieux préparé » ajoute-t-il. Vous pouvez aussi consulter la météo en temps réel directement sur Météo-France.
Connaître le temps est nécessaire et s’ajoute au fait de déchiffrer la mer ; suivre la hauteur des vagues, pour ne pas se retrouver dans un creux et mettre en danger l’équipage.
Face à une grosse tempête, on ne sort pas. Il vaut mieux ne pas prendre ni pour soi, ni pour les sauveteurs qui viendraient nous porter secours . Nicolas Thiollent Coordinateur des soutiens locaux de formation de la SNSM
Que faire si vous êtes pris dans une tempête en pleine mer ?
Il est parfois impossible de rentrer à terre. Alors que faire si vous êtes déjà sur mer ?
Le premier conseil est de « rechercher une zone d’abris et prévenir le CROSS, affirme Nicolas Thiollent, cela permet d’anticiper et de réagir rapidement en cas de danger ».
En partageant votre position, vous gagnez quelques minutes vitales pour un sauvetage. Par la suite, il faut sécuriser l’équipage. « L’important c’est de se longer, de porter un gilet et de se mettre en sécurité en fermant les portes si le bateau est insubmersible » préconise-t-il. Pour limiter les dégâts amarrer vos objets personnels, un autocuiseur ou une caisse à outils qui volent à travers une cabine peuvent faire très mal.
Gardez à disposition le matériel de sécurité : fusée de détresse, pompes d’asséchement, radio, GPS, bouée.
La panique peut rapidement monter, il est essentiel de savoir évaluer la situation, « Il faut connaître ses limites et celles de son équipage » insiste Nicolas Thiollent. En amont, pour mieux réagir, « Il faut comprendre comment se positionner face à la mer, quitte à prendre des cours de météo, continue-t-il, le baromètre permet de se positionner par rapport au front et d’affronter au mieux la tempête ».
Quelles précautions prendre face à une tempête sur la terre ferme ?
Les bénévoles de la SNSM interviennent souvent pour aider à remorquer des embarcations à la dérive dans les ports au lendemain des tempêtes. Les bateaux peuvent être marqués par les rafales de vents, se trouver à l’horizontal sur l’eau ou carrément coulés. Pour éviter ces dégâts matériels, il faut « anticiper l’amarrage de son embarcation, sur le corps mort, explique Nicolas Thiollent, doubler les amarres, mettre des pare-battages ». Une fois votre embarcation sécurisée, c’est à vous de vous protéger !
- Prévoyez un kit d’urgence 72 h. Beaucoup de foyers se sont retrouvés sans électricité à la suite des tempêtes de 2023. Or, mieux vaut prévenir que guérir. Pour ça, préparez le nécessaire dans un endroit facile d’accès. Vous trouverez toutes les informations sur le kit 72 h sur la page du site du gouvernement Géorisques.
- Lorsque l’alerte est déclenchée, essayez de ranger tout ce qui pourrait être emporté dehors. Fermez par la suite vos portes et volets pour être en sécurité à l’intérieur de votre domicile.
- Pendant la tempête, limitez vos déplacements et coupez le courant en amont pour éviter les suraccidents (surtensions électriques, courts-circuits, fuite de gaz). Prévenez le 18 ou le 112 en cas de danger.
- Après la tempête, si vos biens ont été abimés, vous avez 5 jours pour le déclarer auprès de votre assureur.
Kayaks : attention au-delà d’un vent force 3 !
Nous vous proposons deux extraits du petit guide kayak, préparé par la direction des affaires maritimes du ministère du développement durable, en partenariat avec l’École nationale de voile et de loisirs nautiques, et les représentants des associations de pratiquants :
- Limitez vos sorties à des forces de vents égales ou inférieures à force 3. Consultez systématiquement les prévisions météo locales avant d’effectuer votre sortie. Le vent et les conditions de navigation peuvent évoluer rapidement ! Soyez particulièrement prudent quand il y a du vent de terre (du vent venant de la terre).
- La vitesse moyenne d’un kayak « sit on top » ne dépasse pas 3 nœuds par temps calme et mer plate, soit la vitesse d’un bon marcheur. Mais dès que le vent atteint la force 3 Beaufort (15 km/h), le néophyte ne dépasse pas la vitesse de 2 nœuds face au vent. Il lui faudra alors plus d’une heure pour rallier un abri se situant à 2 milles nautiques (un peu moins de 4 km). Sachez aussi qu’un kayakiste néophyte consomme deux fois plus d’énergie qu’un kayakiste expérimenté et que cette différence est amplifiée dès que le vent forcit.