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Comment assister à un départ de course en toute sécurité ?

publié le3 Octobre 2024

Jérémie Beyou (Charal) qui mène la flotte au départ du Vendée Globe, accompagné de la SNSM - © Jean-Louis Carli/Alea

Rendez-vous incontournable des amoureux de la mer, les courses à la voile - telles que les célèbres Vendée Globe, Route du Rhum, ou Volvo Ocean Race - constituent une expérience inoubliable, qui peut parfois comporter des risques, tant pour les skippers, que pour les spectateurs. Comment se positionner, quel comportement adopter… suivez les conseils des Sauveteurs en Mer pour assister à ces événements, en toute sécurité.

Les départs de course ont la parti­cu­la­rité d’ac­cueillir sur une même zone de nombreuses embar­ca­tions, de tailles et de puis­sances diffé­rentes. Se côtoient des Ultims de 36 m de long, des voiliers de 18 m, des bateaux à moteur, des pneu­ma­tiques, ou encore des bateaux à passa­gers de 30 m rassem­blant jusqu’à 300 spec­ta­teurs. Tout cet écosys­tème doit navi­guer côte à côte, ce qui peut poser des problèmes de sécu­rité.

« Lors du Vendée Globe 2016, je me souviens des bateaux à passa­gers qui partaient à 25 nœuds pour suivre les coureurs au plus près. Ils étaient une soixan­taine, et créaient une mer très courte et hachée qui mettaient en diffi­culté des plai­san­ciers, sur des embar­ca­tions de plus petite taille », raconte Didier Moreau, direc­teur natio­nal de la forma­tion.

Conseil 1 : se prépa­rer en amont

Avant toute navi­ga­tion, les Sauve­teurs en Mer rappellent que la révi­sion du bateau est indis­pen­sable. Véri­fiez le bon fonc­tion­ne­ment du bateau et de ses équi­pe­ments. Assu­rez-vous que les gilets gonflables soient en état de marche, que les équi­piers les portent et sachent les utili­ser. Ayez à bord un moyen pour préve­nir les secours en cas de diffi­culté (par télé­phone contac­tez le 196 ou canal 16 depuis une VHF).

Rensei­gnez-vous en amont sur les zones de navi­ga­tion et l’or­ga­ni­sa­tion du plan d’eau. Un plan de circu­la­tion avec des zones régle­men­tées est défini par la Préfec­ture Mari­time pour assu­rer la sécu­rité et le bon dérou­le­ment des courses. Il est consul­table sur le site inter­net de l’or­ga­ni­sa­teur, celui de la direc­tion des Affaires mari­times ou de la Préfec­ture Mari­time. Géné­ra­le­ment, il y a deux zones, en rouge, les zones inter­dites aux spec­ta­teurs, réser­vées aux bateaux de course et aux navires accré­di­tés par l’or­ga­ni­sa­teur. Les contre­ve­nants à cette zone inter­dite s’ex­posent à des procès-verbaux par l’Au­to­rité Mari­time présente sur le plan d’eau. En vert, les zones auto­ri­sées au public.

Les personnes ayant des bateaux sur remorque doivent aussi, en amont, se rensei­gner sur les condi­tions de mise à l’eau car l’ac­cès aux cales est régle­menté.

Conseil 2 : adap­ter son programme au bateau, à son équi­page et à la météo

Lors d’un départ de course, il y a des milliers de bateaux, avec des plai­san­ciers plus ou moins expé­ri­men­tés dans la zone des spec­ta­teurs. Le dépla­ce­ment simul­tané de ces embar­ca­tions crée inévi­ta­ble­ment une mer hachée et cassante. Adap­tez donc votre programme de navi­ga­tion en fonc­tion des capa­ci­tés de votre embar­ca­tion et de l’ex­pé­rience de votre équi­page (respec­tez le nombre maxi­mum de personnes auto­ri­sées à bord).

Prenez les condi­tions de mer et de météo en consi­dé­ra­tion. Désor­mais, les prévi­sions météo sont dispo­nibles large­ment : sur radio, télé­phone, ou par inter­net.

Rensei­gnez-vous sur la direc­tion, et la force du vent, ainsi que sur la hauteur des vagues, qui peut surprendre, notam­ment après un temps agité.

Conseil 3 : être prudent et anti­ci­per les manœuvres

Lorsqu’un bateau cherche à s’ap­pro­cher des skip­pers de la course, il peut se rappro­cher des autres bateaux spec­ta­teurs. Les accé­lé­ra­tions et les chan­ge­ments de cap peuvent être rapides et violents. Ralen­tis­sez donc dans les zones à fort trafic et suivez les instruc­tions données par les bateaux de surveillance. Enfin, veillez à toujours anti­ci­per les manœuvres des autres bateaux sur zone, les routes conver­gentes consti­tuant un vrai danger en termes de colli­sion. 

La SNSM assure la sécu­rité en mer des courses

« Dans le cadre du dispo­si­tif ORSEC (orga­ni­sa­tion de la réponse de sécu­rité civile en mer), la SNSM assure régu­liè­re­ment la sécu­rité sur le plan d’eau. Pour cela, les équi­pages des stations locales SNSM sont mobi­li­sés, accom­pa­gnés d’équipes de méde­cins urgen­tistes du Service Mobile d’Ur­gence et de Réani­ma­tion. Pour les grandes courses type la Route du Rhum, ou la Volvo Ocean Race, envi­ron vingt-cinq embar­ca­tions SNSM sont déployées, prêtes à inter­ve­nir très rapi­de­ment », explique Didier Moreau.

Pour exemple, lors de la Volvo Ocean Race de 2015, la SNSM a sauvé une plai­san­cière, Virgi­nie Lena­mou­ric, victime d’un grave acci­dent. Alors qu’elle était à bord d’un semi-rigide avec son mari, commis­saire de course béné­vole, un maxi trima­ran de 40 mètres les percute, durant la dernière étape de la course. Le bout du safran heurte de plein fouet ses deux jambes. La SNSM, char­gée de la sécu­rité de la course, inter­vient et récu­père la victime dans l’eau. Les sauve­teurs et méde­cins prodiguent les premiers soins, jusqu’à son trans­fert au centre hospi­ta­lier de Lorient. Virgi­nie perdra sa jambe gauche, ampu­tée, et subira trois frac­tures ouvertes sur la jambe droite.

Retrou­vez le récit de Virgi­nie et de sa fille Lolita dans nos podcasts Canal 16, la radio des Sauve­teurs en Mer :

« Les acci­dents de ce type restent rares mais existent. Il est impor­tant d’être prudent et vigi­lant lorsqu’on assiste à un départ de course, et de bien respec­ter les règles de sécu­rité », conclut le direc­teur natio­nal de la forma­tion.

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