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Comment éviter et soigner l’hypothermie en mer ?

publié le4 Septembre 2024

mis à jour le27 Janvier 2026

Lorsque la température du corps baisse trop, on peut être victime d'hypothermie. Cela arrive si on reste longtemps dans l’eau froide. C’est d’ailleurs la cause de nombreuses noyades. Avec la SNSM, découvrez comment prévenir et réagir rapidement en cas d'hypothermie en mer. 

Qu’est-ce que l’hy­po­ther­mie ?

L’hy­po­ther­mie se produit lorsque la tempé­ra­ture corpo­relle chute en dessous de 35 °C, marquant un dysfonc­tion­ne­ment dans la ther­mo­ré­gu­la­tion du corps. Norma­le­ment, le méta­bo­lisme humain main­tient une tempé­ra­ture interne stable, équi­li­brant la produc­tion et la perte de chaleur.

En cas d’hy­po­ther­mie, cette balance est pertur­bée, entraî­nant des effets néfastes sur les fonc­tions céré­brales et cardiaques, ainsi que sur d’autres systèmes vitaux. Les vais­seaux sanguins et la circu­la­tion sanguine sont égale­ment affec­tés, rédui­sant la perfu­sion des organes et aggra­vant le risque de compli­ca­tions sérieuses.

En cas de chute à la mer, le corps se refroi­dit extrê­me­ment vite, ce qui provoque une hypo­ther­mie. Les Sauve­teurs en Mer savent que chaque minute passée dans l’eau par une victime induit une hypo­ther­mie et un poten­tiel décès. Connaître les causes prin­ci­pales et les actions préven­tives est donc essen­tiel pour tout navi­ga­teur. Vous vous inter­ro­gez sur les causes de l’hy­po­ther­mie, ou vous cher­chez des conseils pratiques pour lutter contre ce refroi­dis­se­ment du corps en situa­tion d’ur­gence ? Voici des éléments de réponse.

Quelles sont les causes de l’hy­po­ther­mie ?

Comment le corps perd-il sa chaleur ?

La tête est une partie sensible du corps. Le cou, les côtés du buste, l’aine, mais aussi les mains et les pieds sont égale­ment des zones respon­sables de la perte de chaleur. Le corps perd de sa chaleur de quatre manières diffé­rentes, en fonc­tion de l’en­vi­ron­ne­ment :

  • Par rayon­ne­ment : perte de chaleur corpo­relle dans l’air ambiant. Même par temps froid et calme, le corps diffuse de la chaleur.
  • Par conduc­tion : trans­fert direct de chaleur au contact d’objets plus froids, comme l’eau de mer. En mer, cette perte de chaleur est accen­tuée par le simple fait d’être sur une embar­ca­tion et surtout lorsque le corps entre en contact direct avec l’eau froide.
  • Par convec­tion : mouve­ment de l’air ou de l’eau autour du corps, disper­sant la chaleur. Un vent fort ou une eau en mouve­ment peut aggra­ver ce proces­sus.
  • Par évapo­ra­tion : perte de chaleur lorsque la sueur ou l’hu­mi­dité sur la peau s’éva­porent. En plus du froid, l’ac­ti­vité physique intense peut augmen­ter la trans­pi­ra­tion, renforçant cette forme de perte de chaleur.

Les causes les plus courantes de l’hy­po­ther­mie

Parmi les facteurs déclen­chant souvent cette baisse de tempé­ra­ture, on retrouve l’ex­po­si­tion prolon­gée à un envi­ron­ne­ment froid, ce qui est parti­cu­liè­re­ment le cas en mer, où le refroi­dis­se­ment est accé­léré. L’im­mer­sion dans de l’eau froide, même pour une durée brève, va en effet rapi­de­ment dimi­nuer la tempé­ra­ture corpo­relle. Le port de vête­ments humides aggrave la perte de chaleur par conduc­tion, tandis que la déshy­dra­ta­tion et la fatigue réduisent la capa­cité du corps à régu­ler sa tempé­ra­ture, augmen­tant ainsi le risque d’hy­po­ther­mie.

Quels sont les symp­tômes de l’hy­po­ther­mie ?

Lorsque le corps est froid, les vais­seaux sanguins se contractent (chair de poule, froid aux pieds et aux mains). Le corps tente égale­ment de produire de la chaleur en faisant « vibrer » les muscles (fris­sons). En cas d’hy­po­ther­mie impor­tante, une personne peut deve­nir maladroite, confuse et perdre connais­sance ou ne plus avoir de fris­sons du tout. Il y a alors danger.

Quels sont les diffé­rents stades de l’hy­po­ther­mie ?

L’hy­po­ther­mie légère

Elle se mani­feste par des fris­sons, une augmen­ta­tion de la tension arté­rielle (hyper­ten­sion) et une accé­lé­ra­tion des rythme cardiaque (tachy­car­die) et respi­ra­toire.

L’hy­po­ther­mie modé­rée

Les symp­tômes s’in­ten­si­fient, avec une confu­sion mentale, une coor­di­na­tion motrice réduite, et un ralen­tis­se­ment du méta­bo­lisme et des fonc­tions cardiaques. Il n’y a plus de fris­son.

L’hy­po­ther­mie sévère

Cela peut entraî­ner une perte de conscience, un arrêt cardiaque, et même la mort. La tempé­ra­ture corpo­relle chute sous 28 °C, entra­vant les fonc­tions cardio­vas­cu­laire, neuro­lo­gique et pulmo­naire.

L’hy­po­ther­mie en mer : les bons réflexes à adop­ter

Que l’on soit à bord d’un bateau ou que l’on tombe à l’eau, il existe des moyens de préve­nir l’hy­po­ther­mie. Une prépa­ra­tion adap­tée à sa sortie en mer et quelques règles simples mini­misent les risques d’hy­po­ther­mie. 

Que faire pour éviter l’hy­po­ther­mie à bord d’un bateau ?

Voici une liste de conseils à suivre :

  • Proté­gez-vous du froid !
  • Ne buvez pas d’al­cool.
  • Mangez correc­te­ment et chaud.
  • Dormez suffi­sam­ment.
  • Le mal de mer provoque une déshy­dra­ta­tion, favo­ri­sant l’hy­po­ther­mie ; buvez de l’eau en quan­tité suffi­sante.
  • Portez un bonnet de laine couvrant la nuque.
  • Portez des vête­ments chauds en laine et/ou synthé­tiques, mais pas en coton (par exemple, des jeans) qui, mouillés, restent froids.
  • Pour bien vous proté­ger du froid, portez plusieurs couches de vête­ments (larges) plutôt qu’un gros pull.
  • Abri­tez-vous du froid et de l’hu­mi­dité.
  • Si vous avez une combi­nai­son étanche, entraî­nez-vous jusqu’à ce que vous soyez capable de l’en­fi­ler en moins d’une minute (même de nuit et par mauvais temps). Sachez où elle est stockée.

En résumé, pour préve­nir l’hy­po­ther­mie et régu­ler la tempé­ra­ture corpo­relle, préfé­rez des vête­ments appro­priés (en couches, imper­méables et isolants). N’ou­bliez pas de rester au sec, de vous hydra­ter et de limi­ter l’ex­po­si­tion au froid.

Que faire en cas de chute dans l’eau froide ?

Si vous êtes seul(e), adop­tez la posi­tion fœtale en repliant les jambes et en les tenant avec les bras afin de dimi­nuer la perte de chaleur. N’es­sayez pas de nager, car cela vous fati­gue­rait et vous ferait perdre encore plus de chaleur.

Si vous êtes avec d’autres personnes, mettez-vous en grappe et atta­chez-vous ensemble. Placez les enfants et les bles­sés au milieu. Accro­chez-vous à tout ce qui flotte. Au besoin, amar­rez-vous à un flot­teur et, si possible, essayez de monter dessus pour sortir le plus possible de l’eau.

Si une personne tombe à l’eau, il faut agir rapi­de­ment pour la réchauf­fer. Enle­vez ses vête­ments mouillés, couvrez-la avec des couver­tures chaudes, et donnez-lui des bois­sons tièdes si elle est consciente. En cas de symp­tômes graves et d’ur­gence médi­cale, préve­nez immé­dia­te­ment les secours.

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Maxime Baudry – Adjoint au sauvetage littoral

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