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L'erse simple

publié le2 Novembre 2024

Le matelotage est un savoir-faire ancestral des marins qui comprend notamment l’art des nœuds et des épissures. L’erse simple, terme dérivé de «herse» et appelée aussi «loop», est un classique en nautisme et la base de différents nœuds marins.

L’erse simple consiste à lacer un cordage pour lui donner une forme d’an­neau. Alors à quoi sert-elle et quelles sont ses carac­té­ris­tiques ?

Quelles sont les parti­cu­la­ri­tés de l’erse simple ?

L’erse simple est scel­lée aux extré­mi­tés par une épis­sure. L’acte d’épis­ser signi­fie qu’on ne fait pas de nœud, mais qu’on entre­lace les torons du cordage pour fermer la confec­tion. Elle permet, entre autres, de rempla­cer des manilles métal­liques et des mousque­tons. Plus souple et moins impo­sante, elle est géné­ra­le­ment fabriquée dans un cordage en textile moderne comme le Dyneema ou le kevlar. Le Dyneema est un poly­éthy­lène haut module de plus en plus popu­laire, car il est léger et ne s’étire pas.

L’erse simple est facile à faire avec quelques outils de mate­lo­tage et reste à la portée de tous, débu­tants comme initiés.

Cet anneau de corde­lette est une solu­tion idéale pour suppor­ter des charges faibles et peut s’uti­li­ser dans de nombreuses appli­ca­tions, tant qu’il n’y a pas de risque de frot­te­ments.

Dans quels cas va-t-on utili­ser l’erse simple ?

L’erse simple était très utili­sée autre­fois et on la retrouve de plus en plus sur les voiliers aujour­d’hui. Elle peut servir comme élément d’at­tache ou de fixa­tion, et créer des points d’an­crage supplé­men­taires sur des équi­pe­ments marins. On s’en sert, par exemple, pour estro­per une poulie en pied de mât ou un anneau de fric­tion.

L’erse simple peut être utili­sée pour confec­tion­ner d’autres nœuds marins :

  • un nœud de Machard : c’est un nœud auto­bloquant qui ne peut se bloquer que dans le sens de la trac­tion. L’erse est la base de ce nœud. Elle est d’abord enrou­lée de manière serrée autour d’une corde marine, dans un nombre suffi­sant de tours pour obte­nir un frein effi­cace. Le bout de l’erse est alors placé dans le fond de sa ganse de départ puis tiré vers le bas pour resser­rer le nœud de Machard ;
  • un nœud de Prus­sik (ou prusik) : c’est un nœud auto­bloquant, mais symé­trique. Il permet de dépla­cer le nœud sur une corde et se bloque auto­ma­tique­ment en cas de mise en tension. Pareille­ment, l’erse est la base de ce nœud d’as­su­rage. Premiè­re­ment, on entoure une corde avec l’erse et on enfile l’un des fonds de ganse dans l’autre pour former une tête d’alouette. Il faut ensuite tour­ner autour de l’axe avec et au centre de la ganse, puis réali­ser une série de tours avec toute la longueur dispo­nible. Après avoir ajusté l’en­semble, il faut relier l’erse au pontet du baudrier avec un mousque­ton de sécu­rité. 

Par ailleurs, une erse de petite taille est appe­lée « erseau ». En forme de bague ou d’an­neau, l’er­seau peut permettre de saisir un palan, de servir de poignée sur une main courante, à fixer les avirons sur des tolets, etc.

Comment bien faire une erse simple : les diffé­rentes étapes ?

Pour réali­ser une erse simple, vous aurez besoin d’un cordage à torons, d’une aiguille creuse ou à voiles, d’une paire de ciseaux, de fil à surlier, d’une aiguille à long chas, d’un marqueur et d’un épis­soir. Un épis­soir est un outil de marine qui permet de déso­li­da­ri­ser les diffé­rents torons d’un cordon dit « toronné » ou de défaire la tresse d’un câble métal­lique.

Comment faire une erse simple ? Voici un tuto­riel étape par étape : 

  1. Couper deux fois la longueur de la circon­fé­rence finale,
  2. Repé­rer le milieu du cordage,
  3. Repé­rer égale­ment le milieu de chaque brin,
  4. Intro­duire l’ai­guille à long chas au point milieu et la faire ressor­tir à mi-longueur. Y fixer l’ex­tré­mité du brin opposé,
  5. Tirer sur l’ai­guille pour faire remon­ter le brin dans la gaine,
  6. Répé­ter l’opé­ra­tion avec les brins oppo­sés,
  7. Bien lisser la gaine sur tout le péri­mètre,
  8. Couper les sur-longueurs,

Pour élimi­ner tout risque de glis­se­ment, faire une couture de quelques centi­mètres de part et d’autre de la jonc­tion des deux extré­mi­tés.

Certains mate­lots réalisent des erses en bitord. Le bitord est un assem­blage de 3 ou 4 fils tordus entre eux et recou­verts de goudron natu­rel. Ce type de cordage résiste parti­cu­liè­re­ment bien à l’eau et aux intem­pé­ries grâce à l’ab­sence de commet­tage (les fils ne sont pas toron­nés).

Pour la confec­tion de l’an­neau, il suffit de tour­ner du bitord autour de 2 points fixes écar­tés d’une distance égale à celle souhai­tée pour l’erse. Il faut ensuite réali­ser un trans­fi­lage à demi-clés sur toute la longueur pour main­te­nir les filins ensemble. 

Retrou­­vez dans cette vidéo, réali­­sée par les sauve­­teurs en mer béné­­voles de Bandol, comment réali­­ser une erse simple :

 

Quelle diffé­rence avec l’erse à bouton ?

Il existe aussi l’erse à bouton, appe­lée « manille textile ». Il s’agit égale­ment d’un anneau de cordage, mais celui-ci est ouvert et non fermé. En effet, l’une des extré­mi­tés se termine par un nœud d’ar­rêt (bouton) et l’autre par une boucle. Croisé ou non, l’an­neau se ferme en bouton­nant le nœud dans la boucle.

Ce nouage est très pratique, car il est plus léger qu’un mousque­ton ou qu’une manille métal­lique. Il peut servir à rabou­ter deux cordages ou à frap­per les écoutes sur une voile, par exemple.

L’erse à bouton est moins bles­sante en cas de choc ou de raguage (usure du cordage pour cause de frot­te­ment).

Comment faire une manille textile ?

  1. Couper la gaine creuse à la bonne longueur (envi­ron 1 m) et en repé­rer le milieu,
  2. Intro­duire l’ai­guille à long chas légè­re­ment au-delà du milieu d’un brin,
  3. La faire ressor­tir au niveau du repère et y fixer l’ex­tré­mité du brin opposé,
  4. Tirer sur l’ai­guille pour faire passer le brin dans la gaine,
  5. Bien lisser la gaine en conser­vant l’œil légè­re­ment ouvert, en y intro­dui­sant une grosse aiguille, par exemple,
  6. Bloquer les brins en faisant traver­ser le courant par l’ex­tré­mité du brin exté­rieur,
  7. Confec­tion­ner le nœud d’ar­rêt, dans le cas présent, un nœud de sifflet de bosco.

Le nœud de sifflet de bosco se réalise à partir d’un nœud de carrick. Il est volu­mi­neux ce qui lui permet de scel­ler l’erse de manière sécu­ri­sée.

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