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L'hydrocution ou choc thermique : ce qu'il faut savoir

publié le10 Juin 2025

Foule estivale sur la plage de Donnant à Belle-Île © DR

L’hydrocution – ou choc thermique – est la réaction du corps à un brusque changement de température. Par exemple, lorsque l’on se jette dans l’eau après une longue exposition au soleil. Voici nos conseils pour l’éviter et bien réagir si vous en êtes témoins.

Qu’est-ce qu’un choc ther­mique  ou une hydro­cu­tion ?

L’hy­dro­cu­tion est une syncope due à l’im­mer­sion dans l’eau. C’est un terme popu­laire, dési­gnant une perte de connais­sance, un malaise provoqué par un choc ther­mique. Médi­ca­le­ment, on parlera plutôt d’ac­ci­dent synco­pal ou de malaise vagal.

Elle survient donc à la suite d’un brusque chan­ge­ment de tempé­ra­ture : lorsqu’il est chaud (à cause du soleil, de la tempé­ra­ture exté­rieure élevée ou d’un exer­cice physique), le corps humain va lais­ser se dila­ter les vais­seaux sanguins situés sous la peau, afin d’éva­cuer une partie de la chaleur corpo­relle. Le rythme cardiaque augmente égale­ment afin d’ac­cé­lé­rer ce refroi­dis­se­ment.

Exposé à un froid soudain, le corps va bloquer ce méca­nisme pour préser­ver sa tempé­ra­ture en contrac­tant subi­te­ment les vais­seaux sanguins péri­phé­riques. Cette augmen­ta­tion de la pres­sion arté­rielle entraîne un ralen­tis­se­ment du cœur et la dimi­nu­tion de l’af­flux de sang au cerveau, ce qui peut provoquer un malaise vagal, voire un arrêt cardiaque.

Quelle est la bonne tempé­ra­ture pour se baigner dans la mer ?

Vous savez sans doute qu’en vacances, en plus d’une météo clémente, la tempé­ra­ture de l’eau joue un rôle primor­dial dans le plai­sir et le confort de votre baignade ! Elle peut égale­ment avoir une influence sur la sécu­rité des baigneurs… En fonc­tion de votre acti­vité dans l’eau, de votre âge ou votre consti­tu­tion, mieux vaut prendre vos précau­tions avant de faire trem­pette !

Véri­fi­ca­tion de la tempé­ra­ture de l’eau avant de se baigner

La sensa­tion de confort lors d’un bain de mer peut varier selon les indi­vi­dus, mais en règle géné­rale, les tempé­ra­tures suivantes sont recom­man­dées :

  • Eau fraîche (18 °C à 22 °C) : cette plage de tempé­ra­ture est souvent perçue comme revi­go­rante, pour le moins, mais est décon­seillée aux personnes fragiles, âgées ou cardiaques. Certaines personnes se laissent d’ailleurs tenter par la baignade en eau froide, voire glacée (après consul­ta­tion d’un profes­sion­nel de santé et en respec­tant de nombreuses précau­tions bien sûr). Une entrée progres­sive dans cette eau aux tempé­ra­tures basses est donc vive­ment recom­man­dée pour éviter le choc ther­mique.
  • Eau tempé­rée (22 °C à 25 °C) : idéale pour celles et ceux qui souhaitent se rafraî­chir lors de leur bain de mer, cette tempé­ra­ture de l’eau consti­tue un bon équi­libre entre fraî­cheur et confort. Elle convien­dra sans doute mieux aux personnes actives dans l’eau. Toute­fois, sachant que le corps consomme beau­coup plus de calo­ries pour contrer cette tempé­ra­ture, il se fatigue aussi plus vite, la baignade ne doit pas se prolon­ger.
  • Eau à tempé­ra­ture idéale (25 °C à 28 °C) : agréable pour un bain de mer prolongé, cette tempé­ra­ture de la mer est conforme aux préco­ni­sa­tions de World Aqua­tics, la fédé­ra­tion inter­na­tio­nale de nata­tion lors des compé­ti­tions offi­cielles. Elle permet de profi­ter plei­ne­ment de la baignade, mais cette tempé­ra­ture moyenne peut se révé­ler un peu juste pour les tout-petits, les personnes âgées ou souf­frant de rhuma­tismes.
  • Eau chaude (> 28 °C) : votre première impres­sion sera sûre­ment de trou­ver la baignade très agréable, mais il ne faut pas pour autant en abuser ! Si vous vous agitez dans l’eau chaude, votre tempé­ra­ture corpo­relle augmente elle aussi, tout comme votre rythme cardiaque. Comme pour les nour­ris­sons, pour qui la tempé­ra­ture de l’eau idéale serait plutôt de 30 °C, voire 32 °C, il vaut mieux ne pas dépas­ser les 30 minutes de trem­pette.

À cause du réchauf­fe­ment clima­tique, la mer atteint parfois des tempé­ra­tures maxi­males. Cela peut pertur­ber la faune et la flore aqua­tiques, et causer une proli­fé­ra­tion de micro-orga­nismes poten­tiel­le­ment toxiques. Ceux-ci peuvent alors conta­mi­ner les fruits de mer par exemple, et les humains qui les consomment. Par ailleurs, une eau de mer trop chaude peut aussi influer sur les condi­tions atmo­sphé­riques et géné­rer des records de préci­pi­ta­tions, comme des pluies intenses ou de violents orages…

Lien entre la tempé­ra­ture de la mer et l’hy­dro­cu­tion

Le choc ther­mique, encore appelé hydro­cu­tion, survient prin­ci­pa­le­ment lors d’une immer­sion soudaine dans une eau froide, surtout après une expo­si­tion prolon­gée au soleil. Lorsque le corps, chauffé par le soleil, est brusque­ment confronté à une eau nette­ment plus froide, il peut réagir violem­ment, entraî­nant des malaises, des pertes de connais­sance, voire des noyades. 

Pour limi­ter tout risque, il faut impé­ra­ti­ve­ment :

  • éviter, si vous profi­tez d’un fort enso­leille­ment, de plon­ger direc­te­ment dans une eau froide, car cela accen­tue le risque d’hy­dro­cu­tion.
  • entrer dans l’eau et se mouiller progres­si­ve­ment pour s’adap­ter à la tempé­ra­ture.
  • surveiller les prévi­sions météo­ro­lo­giques, car les heures très chaudes augmentent la diffé­rence de tempé­ra­ture entre l’air et la mer.
     

Choc ther­mique : recon­naître les symp­tômes

La recon­nais­sance des symp­tômes du choc ther­mique est déci­sive pour inter­ve­nir effi­ca­ce­ment et éviter les compli­ca­tions poten­tiel­le­ment graves. Voici les prin­ci­paux symp­tômes à surveiller :

Signes précur­seurs

Avant qu’une syncope ne se mani­feste plei­ne­ment, plusieurs indi­ca­teurs peuvent signa­ler l’im­mi­nence d’un choc ther­mique. Voici les prin­ci­paux signes avant-coureurs à surveiller :

  • Sensa­tion de chaleur exces­sive : même en présence d’une tempé­ra­ture ambiante déjà élevée, ressen­tir une chaleur acca­blante peut signa­ler le début d’un choc ther­mique.
  • Soif intense : ce symp­tôme indique que le corps tente de régu­ler sa tempé­ra­ture corpo­relle en augmen­tant l’hy­dra­ta­tion.
  • Trans­pi­ra­tion abon­dante : c’est un méca­nisme de défense, où le corps essaie de se refroi­dir par l’éva­po­ra­tion de la sueur.

Ces signes doivent être pris au sérieux comme indi­ca­teurs préli­mi­naires d’un possible choc ther­mique, surtout dans des envi­ron­ne­ments chauds ou lors d’ac­ti­vi­tés physiques intenses.

Symp­tômes physiques

Lorsqu’un choc ther­mique se produit, divers symp­tômes physiques peuvent appa­raître. Voici les prin­ci­paux à iden­ti­fier :

  • Pâleur soudaine et refroi­dis­se­ment de la peau : révé­la­teurs d’une vaso­cons­tric­tion, proces­sus durant lequel les vais­seaux sanguins se rétré­cissent afin de préser­ver la chaleur interne de l’or­ga­nisme.
  • Crampes muscu­laires : souvent causées par la déshy­dra­ta­tion et un déséqui­libre élec­tro­ly­tique, résul­tant d’une trans­pi­ra­tion abon­dante.
  • Rythme cardiaque rapide ou irré­gu­lier : signe que le cœur est soumis à un stress accru.

Ces mani­fes­ta­tions physiques doivent être atten­ti­ve­ment surveillées, car elles indiquent une réac­tion sévère du corps au chan­ge­ment rapide de tempé­ra­ture.

Mani­fes­ta­tions neuro­lo­giques

Les symp­tômes neuro­lo­giques asso­ciés à un choc ther­mique sont parti­cu­liè­re­ment alar­mants et méritent une atten­tion immé­diate. Ils comprennent :

  • Vertiges : souvent l’un des premiers signes que le cerveau n’est pas suffi­sam­ment perfusé en sang.
  • Maux de tête : peuvent surve­nir lorsque le flux sanguin vers le cerveau est réduit.
  • Confu­sion : ce symp­tôme préoc­cu­pant peut signa­ler une alté­ra­tion immi­nente de la conscience et précé­der une perte de connais­sance.

Ces mani­fes­ta­tions résultent d’une réduc­tion de l’ap­port en oxygène au cerveau, exacer­bée par la contrac­tion des vais­seaux sanguins péri­phé­riques, et indiquent un état poten­tiel­le­ment critique.

Quels sont les facteurs de risque du choc ther­mique ?

L’hy­dro­cu­tion aura plus de proba­bi­lité d’ar­ri­ver si le corps est chaud : sieste ou expo­si­tion prolon­gée au soleil, footing en milieu de jour­née, etc. La consom­ma­tion d’al­cool – et l’ef­fet vaso­di­la­ta­teur qu’elle induit – est un autre facteur aggra­vant.

Atten­tion aux idées reçues : la baignade après avoir mangé ne semble pas être un facteur de risque direct d’hy­dro­cu­tion. En revanche, le malaise vagal peut être accom­pa­gné de vomis­se­ments, d’au­tant plus lorsque la personne est en pleine diges­tion.

Si le fait d’al­ler à l’eau après un repas ne va donc a priori pas entraî­ner d’hy­dro­cu­tion, cela peut néan­moins compliquer le secours de la personne en cas de vomis­se­ments, notam­ment la néces­sité de main­te­nir les voies respi­ra­toires libres (voir plus bas).

Petit rappel des facteurs de risque de choc ther­mique à la mer :

  1. Risques accrus en contexte nautique : dans un contexte aqua­tique, les symp­tômes peuvent évoluer rapi­de­ment, passant d’une simple fatigue à une inca­pa­cité à se main­te­nir à flot, risquant ainsi la noyade.
  2. Facteurs aggra­vants spéci­fiques au milieu nautique :
  • Expo­si­tion prolon­gée au soleil : une expo­si­tion prolon­gée au soleil, même avec des nuages, sans protec­tion adéquate peut augmen­ter signi­fi­ca­ti­ve­ment le risque d’hy­dro­cu­tion. La peau, chauf­fée par le soleil, perd sa capa­cité à gérer effi­ca­ce­ment une brutale immer­sion dans une eau beau­coup plus froide.
  • Consom­ma­tion d’al­cool : l’al­cool, en dila­tant les vais­seaux sanguins, rend le corps plus sensible aux varia­tions de la tempé­ra­ture corpo­relle. De plus, l’al­cool peut alté­rer le juge­ment et dimi­nuer la capa­cité à recon­naître les symp­tômes d’un choc ther­mique.
  • Accli­ma­ta­tion trop rapide : les indi­vi­dus non habi­tués à des tempé­ra­tures extrêmes, ou à l’ac­ti­vité physique intense, sont plus suscep­tibles de subir un choc ther­mique lorsqu’ils entrent soudai­ne­ment dans une eau froide. Une accli­ma­ta­tion progres­sive est recom­man­dée pour réduire ce risque.

Les bons réflexes pour éviter le choc ther­mique

Il faut éviter les chan­ge­ments brutaux de tempé­ra­ture. Pour cela : 

  • Après une expo­si­tion prolon­gée au soleil, entrez prudem­ment et progres­si­ve­ment dans l’eau.
  • Ne vous amusez pas à jeter quelqu’un à l’eau.
  • Mouillez-vous la nuque, le ventre, la tête ou les bras avec de l’eau froide pour permettre au corps de s’ha­bi­tuer à la fraî­cheur de l’eau.
  • Portez une combi­nai­son pour la pratique des sports nautiques même s’il fait chaud. La diffé­rence de tempé­ra­ture entre l’air et l’eau peut occa­sion­ner une hydro­cu­tion.
  • Hydra­tez-vous régu­liè­re­ment pour compen­ser la perte d’eau et de sels miné­raux due à la trans­pi­ra­tion.
  • Évitez les expo­si­tions prolon­gées au soleil, surtout durant les heures les plus chaudes de la jour­née.

Que faire en cas de choc ther­mique ?

Une inter­ven­tion rapide est néces­saire dès l’ap­pa­ri­tion des premiers signes, notam­ment pour les personnes qui pratiquent des sports nautiques, ou qui sont expo­sées à une grande diffé­rence de tempé­ra­ture entre l’air chaud et l’eau plus froide.

En cas de malaise d’une personne à vos côtés dans l’eau, voici les bons gestes à adop­ter :

  1. Gérer la victime : il s’agit de main­te­nir ses voies aériennes hors de l’eau afin de lui permettre de respi­rer.
  2. Gérer le retour : il faut deman­der, si possible rapi­de­ment, de l’aide autour de vous ou auprès des sauve­teurs présents sur le plan d’eau, ou, le cas échéant, rame­ner seul la victime au bord. Main­te­nez la tête de la personne hors de l’eau si vous en êtes capable. Ne prenez pas le risque de vous mettre en diffi­culté si vous n’êtes pas sûr de vos capa­ci­tés (cela ferait deux acci­dents au lieu d’un).
  3. Sécu­ri­ser la personne : si la personne est incons­ciente, instal­lez-la sur le côté afin de ne pas bloquer sa respi­ra­tion.
  4. Préve­nir les secours : si le malaise a eu lieu en mer et que vous êtes sur un bateau, il faut appe­ler le canal 16 sur la VHF ou compo­ser le 196 sur un télé­phone. Si vous êtes à la plage, faites le 15, le 18 ou le 112.

En résumé, la connais­sance et la recon­nais­sance des symp­tômes du choc ther­mique sont essen­tielles pour préve­nir les inci­dents graves, en parti­cu­lier dans des envi­ron­ne­ments à risque comme les acti­vi­tés nautiques.

Les béné­voles de la SNSM surveillent le litto­ral et inter­viennent, si besoin, en cas de choc ther­mique. Pour les soute­nir, vous pouvez faire un don

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