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Conseil

Plongée sous marine : les bonnes pratiques à adopter

publié le18 Juillet 2024

Plongée sous-marine © Pascale Cossin

La plongée loisir est une manière unique de découvrir le fabuleux monde sous-marin, et notamment la faune et la flore qui le composent. Elle reste malgré tout une activité qui peut s’avérer dangereuse. On dénombre chaque année environ 350 accidents en France, certains mortels ou laissant des séquelles irréversibles. Retrouvez ici tous les conseils des Sauveteurs en Mer sur la plongée sous-marine et les bonnes pratiques en cas d’accident.

Avant de commen­cer à pratiquer la plon­gée sous-marine

Préci­sion impor­tante : la plon­gée sous-marine ne se pratique en aucun cas seul. Où que vous soyez, il est indis­pen­sable de commen­cer avec un orga­nisme agréé et un moni­teur diplômé. Si vous voulez décou­vrir la plon­gée, vous pouvez avant cela effec­tuer un baptême de plon­gée : une première immer­sion d’en­vi­ron 20 minutes, en piscine ou en mer, qui vous permet­tra d’ap­pré­hen­der et de décou­vrir une première fois le milieu sous-marin.

Niveaux de plon­gée sous-marine

Le code du sport encadre la pratique de la plon­gée et précise les apti­tudes requises, l’en­ca­dre­ment néces­saire et les zones de plon­gée auto­ri­sées, en fonc­tion de 5 niveaux de plon­gée corres­pon­dant au niveau de loisir FFESSM, devant être vali­dés dans des centres agréés.

  • Niveau 1 : plon­geur enca­dré jusqu’à 20 m.
  • Niveau 2 : plon­geur enca­dré jusqu’à 40 m et auto­nome jusqu’à 20 m.
  • Niveau 3 : plon­geur auto­nome jusqu’à 40 m et auto­nome jusqu’à 60 m avec accord du direc­teur de plon­gée (personne respon­sable de l’or­ga­ni­sa­tion de la plon­gée).
  • Niveau 4 : guide de palanquée (enca­dre­ment en explo­ra­tion de plon­geurs de 0 à 40 m) et plon­geur auto­nome jusqu’à 60 m.
  • Niveau 5 : direc­teur de plon­gée et plon­geur auto­nome jusqu’à 60 m.
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Sortie d’une plongée – Photo : Pascale Cossin

Quelle condi­tion physique pour débu­ter la plon­gée sous-marine ?

Il faut une bonne condi­tion physique pour effec­tuer une séance de plon­gée. Il est seule­ment recom­mandé d’ef­fec­tuer une pratique spor­tive régu­lière et de savoir correc­te­ment nager.

Quelles contre-indi­ca­tions ?

Les problèmes respi­ra­toires tels que l’asthme, les patho­lo­gies cardio-vascu­laires, neuro­lo­giques ou les tympans fragiles peuvent consti­tuer des contre-indi­ca­tions. La visite médi­cale est obli­ga­toire avant la plon­gée, et le méde­cin fédé­ral véri­fie l’ab­sence de contre-indi­ca­tions médi­cales majeures (cardiaques, pulmo­naires, neuro­lo­giques, ou autres) pour garan­tir la sécu­rité du plon­geur. La gros­sesse est une contre-indi­ca­tion formelle.

Hormis pour le baptême, il est néces­saire de four­nir un certi­fi­cat médi­cal, qui peut être déli­vré par votre méde­cin de famille ou un spécia­liste agréé par la Fédé­ra­tion française d’études et de sports sous-marins (FFESSM).

Certains clubs ou struc­tures de plon­gée sont orga­ni­sés pour l’ac­cueil et l’en­ca­dre­ment de personnes en situa­tion de handi­cap. Rensei­gnez-vous.

Le maté­riel à utili­ser

Il dépend du type de plon­gée que vous souhai­tez pratiquer, jamais seul. Si vous restez près des côtes et plon­gez en apnée, masque, palmes et tuba pour­ront vous suffire. Selon la tempé­ra­ture de l’eau, il ne faut pas oublier la combi­nai­son. 

Les pavillons

Si vous prenez un bateau pour aller au large, il est impé­ra­tif de hisser un pavillon indiquant que vous et/ou d’autres personnes êtes en plon­gée. Ces pavillons sont utili­sés dans le cadre de la plon­gée en apnée ainsi qu’en bouteille. Il en existe trois : 

  • Le pavillon Alpha : il signi­fie « plon­geurs en immer­sion ».
  • Le pavillon rouge à diago­nale blanche ou le pavillon à croix de Saint-André : ils signi­fient « plon­geur isolé ».
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Respectivement : un pavillon alpha, un pavillon avec une croix de Saint-André et un pavillon rouge avec une diagonale blanche

Ce pavillon est une indi­ca­tion pour les plai­san­ciers, pêcheurs ou autre utili­sa­teur de Jet-Ski® de l’obli­ga­tion de passer à une distance mini­mum de 100 mètres pour ne pas bles­ser un plon­geur qui remon­te­rait en surface à distance du bateau.

Le maté­riel de plon­gée sous-marine

En plus de la bouteille de plon­gée, qui sera four­nie par votre centre de plon­gée, voici l’équi­pe­ment indis­pen­sable à vous procu­rer si vous voulez plon­ger plus régu­liè­re­ment :

  • Le trio PMT : palmes, masque et tuba, néces­saire pour voir, nager et respi­rer à la surface (notam­ment si vous faites du snor­ke­ling). Atten­tion, pas d’apnée, ni d’ef­forts après une plon­gée !
  • Un déten­deur : impé­ra­tif pour décou­vrir les fonds marins, puisqu’il vous permet­tra de respi­rer sous l’eau une fois relié à votre bouteille de plon­gée.
  • Une combi­nai­son : le choix dépend de la zone où vous plon­gez et de la tempé­ra­ture de l’eau. En fonc­tion, vous devrez opter pour :
    • une combi­nai­son étanche, pour les eaux froides (avec des tempé­ra­tures infé­rieures à 12° C, atten­tion cela néces­site une forma­tion),
    • une combi­nai­son semi-étanche ou 7 mm pour les eaux tempé­rées (tempé­ra­tures entre 12 et 26° C),
    • une combi­nai­son humide 3 ou 5 mm pour les eaux chaudes (tempé­ra­tures supé­rieures à 24° C).
  • Le gilet stabi­li­sa­teur : il assure un bon équi­libre à votre équi­pe­ment et permet de fixer votre bouteille de plon­gée.
  • Un ordi­na­teur de plon­gée : c’est une montre / ordi­na­teur minia­ture qui vous four­nit des infor­ma­tions sur la profon­deur, la tempé­ra­ture et la pres­sion de l’eau, votre réserve d’air, etc.
  • Un moyen de décom­pres­sion, une table et un profon­di­mètre ou un ordi­na­teur est obli­ga­toire à partir du niveau 2.

Ces équi­pe­ments peuvent être coûteux. Il est inté­res­sant de les louer ou de les emprun­ter dans les clubs où vous pratiquez ou via des maga­sins spécia­li­sés, pour tester ce qui vous convient avant d’in­ves­tir.

Quelques acces­soires pour profi­ter au mieux de votre explo­ra­tion sous-marine

  • Gants et chaus­sons en Néoprène® : notam­ment si vous plon­gez en eaux froides, mais égale­ment pour vous proté­ger d’éven­tuelles coupures.
  • Une petite lampe ou un phare pour voir au mieux toute la richesse des paysages sous-marins.
  • Un appa­reil photo étanche ou, si vous plon­gez plus profond, un cais­son étanche pour votre appa­reil, afin de rame­ner un maxi­mum de souve­nirs.

Les lieux pour pratiquer la plon­gée sous-marine

On peut plon­ger partout en France, le terri­toire français abrite d’ailleurs de magni­fiques spots de plon­gée. Il n’est pas forcé­ment néces­saire d’al­ler à Bali ou dans les Caraïbes pour faire de belles décou­vertes. Comme pour toutes les acti­vi­tés un peu risquées, la SNSM recom­mande ferme­ment de ne jamais pratiquer la plon­gée seul et de plon­ger avec une struc­ture recon­nue, par exemple par la FFESSM (Fédé­ra­tion française d’études et de sports sous-marins).

Voici une sélec­tion des plus beaux sites de plon­gée sur les litto­raux français.

Mer Médi­ter­ra­née

Des eaux trans­lu­cides qui regorgent de faune, de flore et d’épaves :

  • le golfe de Porto (Corse-du-Sud),
  • le parc natio­nal de Port-Cros (Var),
  • la réserve marine de Cerbère-Banyuls (Pyré­nées-Orien­tales),
  • le golfe d’Ajac­cio (Corse-du-Sud),
  • la réserve natu­relle des îles Lavezzi (Corse-du-Sud),
  • le parc natu­rel des Calanques (Bouches-du-Rhône).
     

Côte Atlan­tique

Elle abrite des eaux magni­fique­ment turquoise, notam­ment en Bretagne sud, pour décou­vrir des reliefs et une faune extra­or­di­nai­re­ment variés :

  • la rade de Brest et Le Conquet (Finis­tère),
  • Belle-Île-en-Mer (Morbi­han),
  • archi­pel des Glénan (Finis­tère).

Manche

Des eaux froides et sombres, avec une faune variée et d’in­nom­brables épaves de bateaux du débarque­ment améri­cain en Norman­die :

  • les plages du débarque­ment (Norman­die), pour les amateurs d’épaves.
  • Arro­manches (Calva­dos).

Alpes

Il n’y a pas que l’eau salée ! Décou­vrez dans les Alpes la plon­gée souter­raine (plon­gée spéléo) ou la plon­gée en eau froide. Ces  pratiques hors du commun néces­sitent toute­fois des forma­tions spéci­fiques:

  • Le lac de Tignes (Savoie),
  • Crest, Grotte du Grou­nier (Vercors),
  • La Grotte de Choranche (Vercors).

Les conseils pour pratiquer la plon­gée sous-marine

  • Commen­cez par vous former dans un club. Vous appren­drez à vous équi­per et à véri­fier le bon fonc­tion­ne­ment de votre maté­riel.
  • Infor­mez un proche de votre mise à l’eau, de votre heure prévue de retour en sécu­rité ainsi que du site de plon­gée
  • Ne plon­gez jamais seul. Plon­gez toujours au mini­mum en binôme, que vous soyez des plon­geurs débu­tants ou un peu plus expé­ri­men­tés, c’est la règle pour que la pratique de la plon­gée se déroule en toute sécu­rité.
  • Avant de plon­ger, assu­rez-vous de ne pas être fati­gué, de ne pas avoir froid ou de ne pas être enrhumé.
  • Ne consom­mez pas d’al­cool, de drogue ni de médi­ca­ments avant une plon­gée.
  • Ne plon­gez avec un scaphandre auto­nome que si vous êtes en bonne condi­tion physique.
  • Si vous faites de l’apnée, respi­rez norma­le­ment avant de plon­ger et enta­mez votre remon­tée avant de ressen­tir le besoin de respi­rer. Des cursus de forma­tion existent dans certains centres agréés.
  • Ne pratiquez pas l’apnée après avoir effec­tué une plon­gée bouteille.
  • Pendant la plon­gée, respec­tez les paliers de décom­pres­sion s’il y en a et signa­lez votre présence en surface à l’aide d’un pavillon appro­prié (pavillon Alpha, croix de Saint-André ou rouge avec une diago­nale blanche).
  • Après une plon­gée, atten­dez 24 heures avant de prendre l’avion.
  • Réhy­dra­tez-vous bien après être sorti de l’eau, car la plon­gée déshy­drate.

Que faire en cas d’ac­ci­dent de plon­gée sous-marine ?

Chaque plon­geur doit savoir réagir en cas d’ac­ci­dent. Déclen­chez les secours en mer via le canal 16 de votre VHF ou par télé­phone au 196, même en cas de doute. La rapi­dité de l’in­ter­ven­tion des secours est déter­mi­nante et l’état d’une victime d’un acci­dent de plon­gée ne s’amé­liore jamais de lui-même. Il est donc primor­dial de faire en sorte que sa prise en charge soit la plus rapide possible.

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