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Pratique : comment ouvrir un radeau de sauvetage ?

publié le26 Avril 2023

Une fois le radeau non déployé mis à l'eau, tirer la bosse de percussion déclenche son ouverture. © Cécile Richard

Pour déployer un radeau de sauvetage dans un moment de stress, mieux vaut savoir comment il fonctionne. Découvrez ici les différentes étapes du processus d’utilisation de cet équipement de sécurité primordial, afin de savoir à quoi vous attendre en cas de besoin.

Stress et panique. Voilà les émotions qui émergent géné­ra­le­ment au moment de déployer un radeau de sauve­tage lorsqu’une embar­ca­tion menace de couler ou prend feu. Aussi, mieux vaut savoir ce que l’on doit faire. Adapté au nombre de personnes à bord et au type de navi­ga­tion, c’est un équi­pe­ment obli­ga­toire à bord des embar­ca­tions qui naviguent à plus de 6 milles (11 kilo­mètres envi­ron) d’un abri. Obli­ga­toire et indis­pen­sable.

En sac ou en conte­neur, le radeau de sauve­tage – égale­ment surnommé « bib » – est un objet lourd (de 23 à 43 kg) et volu­mi­neux. Qu’il soit stocké à bord ou arrimé sur le pont, il est souvent observé avec circons­pec­tion par les équi­pages, entre l’ap­pré­hen­sion d’avoir besoin de s’en servir et sa présence rassu­rante.
À ces réserves s’ajoute que l’on ne sait guère ce qu’il contient et que son manie­ment demeure géné­ra­le­ment très théo­rique.

Si l’ou­vrir « pour voir » (sur le sol ou dans l’eau) peut être un exer­cice inté­res­sant, le proprié­taire du bateau – et donc du radeau de sauve­tage ! – ne le souhai­tera proba­ble­ment pas. Car le radeau, ses révi­sions (1) et son recon­di­tion­ne­ment coûtent cher ! En revanche, les Sauve­teurs en Mer orga­nisent régu­liè­re­ment des ouver­tures de radeaux péri­més. N’hé­si­tez pas à contac­ter la struc­ture la plus proche de chez vous pour y parti­ci­per.

Les étapes du fonc­tion­ne­ment et de l’uti­li­sa­tion du radeau de sauve­tage

1– Un appel Mayday est diffusé ou enclen­ché sur la VHF. La balise de détresse est acti­vée.
2– Chaque membre de l’équi­page sangle son gilet de sauve­tage indi­vi­duel. Si vous en dispo­sez, enfi­lez aussi une combi­nai­son isotherme.
3– L’an­nexe peut être mise à l’eau en complé­ment.
4– Sortir le radeau non déployé sur le pont.
5– Atta­cher soli­de­ment la sangle qui dépasse. C’est la bosse de percus­sion, longue d’au moins 10 mètres.
6– Donner une mission précise à chaque membre de l’équi­page, notam­ment pour rassem­bler des objets qui pour­ront être utiles à votre survie.
7– Enfer­mer dans un sac étanche tout ce qui pourra servir dans le radeau de sauve­tage (bois­son, nour­ri­ture, VHF portable, télé­phone, balise de détresse, lampes fron­ta­les…) et le tenir prêt à être embarqué. N’ou­bliez pas de prendre de quoi vous tenir chaud et le plus au sec possible.
8– Mettre les coupe-batte­ries du bateau en posi­tion off afin d’évi­ter un court-circuit.
9– Contrô­ler l’état de flot­ta­bi­lité du bateau : hauteur du franc-bord, hauteur d’eau à l’in­té­rieur.
10– Accro­cher les longes des harnais sur un point visible et facile d’ac­cès.
11– Bascu­ler le contai­ner ou le sac à l’eau. Il va flot­ter le temps que l’amarre se déroule et se tende.
12– L’amarre déclenche le gonfle­ment auto­ma­tique. Le radeau se déplie.
13– Le radeau flotte à proxi­mité du bateau en diffi­culté.
14– Si votre radeau en est équipé, déployer la capote, qui vous permet­tra de rester au sec. En survie, le froid est un grand ennemi.
15– Le main­te­nir à distance afin qu’il ne rague (2) pas, ne s’ac­croche pas ou ne se place pas sous la coque du bateau, jusqu’au moment où il faudra embarquer.

Quand embarquer ?

Si votre bateau ne coule pas, il est recom­mandé de rester à bord et d’y amar­rer votre radeau de sauve­tage de façon préven­tive. Parce que le bateau est un abri rela­ti­ve­ment stable, qu’il dispose de moyens d’alerte (fusées, VHF, AIS…) et de survie (gilets, couver­tures, nour­ri­tu­re…) et, surtout, qu’il est, par sa taille, plus faci­le­ment repé­rable par les secours.
Lorsque le navire coule, l’équi­page doit embarquer à bord du radeau de sauve­tage. Un couteau sans pointe est géné­ra­le­ment fixé sur le radeau à proxi­mité de l’amarre pour la couper afin de ne pas être emporté par l’épave.

Pour plus d’in­for­ma­tions, lisez notre article La régle­men­ta­tion des radeaux de sauve­tage et comment les choi­sir ?

Un radeau de sauvetage déployé.
Les radeaux de sauvetage disposent généralement d’une tente permettant de s’abriter de la pluie, du soleil ou du froid. Cécile Richard

Que contient un radeau de sauvetage ?

Atten­tion, les équi­pe­ments peuvent chan­ger en fonc­tion du modèle.

Ancre flot­tante
1,5 litre d’eau par personne
Un gonfleur
500 grammes de rations alimen­taires par personne
Deux combi­nai­sons isolantes
Une trousse de premiers secours
Deux pagaies
Des compri­més contre le mal de mer pour tous les passa­gers
Un couteau
Un sac vomi­toire par personne
Une bouée avec filin
Six feux à main
Une écope
Deux fusées-para­chutes
Deux éponges
Un miroir de signa­li­sa­tion
Un kit de répa­ra­tion
Une lampe exté­rieure
Un mode d’em­ploi
Une lampe inté­rieure
Une notice de survie et des signaux de détresse
Une lampe de poche + piles et ampoules
Une gout­tière de récu­pé­ra­tion d’eau de pluie
Une réserve à eau de pluie
Des bandes réflé­chis­santes
Un sifflet

1 – Un radeau de survie à une durée de vie de 15 ans et doit être révisé tous les 3 ans.
2 – Raguer : s’user par frot­te­ment.

Article rédigé par Philippe Payen, diffusé dans le maga­­­­­­­­zine Sauve­­­­­­­­tage n°164 (2ème trimestre 2023)

En cas d'urgence en mer appelez le canal 16 par VHF ou 196 par téléphone

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