Appeler les secours ou se débrouiller ? Témoignages de lecteurs sur leurs pannes
publié le10 Juillet 2026
écrit parJean-Claude Hazera
7 minde lecture

Remorquage d'une vedette au soleil couchant © Pierre Mouty
Témoignages, conseils d’experts … Voici nos conseils pour éviter les pannes et les problèmes de mouillage les plus courants sur un bateau. Des témoignages de lecteurs qui vont vous aider à devenir moins victimes et plus acteurs de votre sécurité.
« Je suis rentré à 2 nœuds avec mon moteur d’annexe »
« Un après-midi d’été sur un trajet Sète – Saintes-Maries-de-la-Mer, le vent tombe, plus un souffle d’air. Je démarre le moteur in-bord et l’alarme sonne, raconte Jean-Jacques Maury, propriétaire d’un voilier de 9,50 mètres. Stop moteur ! Très grosse fuite d’huile, impossible de continuer au moteur. Que faire ? J’ai bien le petit moteur de 2,5 ch de l’annexe. » Notre lecteur va astucieusement bricoler une installation provisoire sur son échelle de bain. « À 2 nœuds, nous avons fait route vers Frontignan. Notre arrivée a attiré quelques curieux… »
Commentaire : Bravo pour l’autonomie du marin bricoleur et cette manœuvre de beau temps par un marin expérimenté. Il est sage de prévenir le CROSS de ce que l’on tente. Le petit moteur hors-bord de secours installé à demeure sur le tableau arrière et régulièrement vérifié est une sécurité intéressante pour des bateaux pas trop gros.
« Quand tu as une panne, jette l’ancre… »
« J’ai un canot de 4,60 mètres pour 40 ch, dans un petit port des Côtes-d’Armor. On navigue avec mes enfants entre les rochers, surtout pour la pêche du bar et relever nos casiers. Vents et courants peuvent nous faire dériver extrêmement vite. Un jour, mon moteur ne reprend pas après une longue dérive – on taquinait le bar – qui nous mène vers des rochers. Je pense alors à un conseil donné par mon voisin, mécano de la station SNSM locale : « Quand tu as une panne, ton premier réflexe doit être de jeter l’ancre. Une fois ton bateau immobilisé, analyse ta panne. » J’ai jeté l’ancre. C’était l’essence qui manquait, un classique. Heureusement, j’avais un jerrican. Cinq minutes plus tard, on repartait. Mes garçons n’ont même pas compris qu’on était à quelques mètres de gros ennuis. »
Commentaire : Mouiller l’ancre est une bonne manière de se sécuriser pour réfléchir et/ou attendre les secours. Cela reste plus compliqué pour de gros bateaux, qui ont besoin de leur guindeau électrique. En cas de panne sèche d’essence, il suffit d’un bidon. Avec un diesel, il faut penser à réamorcer le circuit.
Pas de moteur, pas de vent et de nuit
« Nous effectuons de longues croisières avec notre voilier de 12 mètres. Mi-août, nous partons de Roscoff pour gagner Camaret-sur-Mer. Le vent faiblit. Nous enroulons le génois et poursuivons notre route sous grand-voile et au moteur. Au nord de la Grande Vinotière [ndlr : roche isolée dans le chenal du Four, au large du Conquet], le moteur s’arrête et refuse de redémarrer. Consultant les notes prises lors d’un stage de mécanique, je vérifie la jauge, les niveaux, les filtres… Tandis que mon équipière, à la barre, maintient le bateau sur sa route, emporté par le courant. Le temps passe et la renverse du courant s’annonce. Il est 20 heures, la nuit est tombée. Il n’y a aucun bateau à proximité. À la dérive et sans vent, nous ne pouvons sortir du chenal du Four. Nous décidons d’appeler le CROSS pour être remorqués. »
Commentaire : Le remorquage par la SNS 151 La Louve, de la station du Conquet, s’est très bien déroulé. Sans vent pour s’en tirer à la voile, ni moteur, ni perspective de réparer, dans un fort courant, de nuit, en équipage réduit, il était sage de demander du secours.
Une panne d’après-travaux
Le président d’une station de la SNSM a rencontré une panne postérieurement à de gros travaux sur le moteur diesel de son petit hors-bord de 6,50 mètres. L’engin s’arrête, circuit de carburant bouché (un joint de caoutchouc tombé dans le réservoir). Trouver l’intrus, déboucher et réamorcer le circuit est faisable par un plaisancier averti, mais demande du temps. Pas très loin du port et par temps maniable, le marin en panne hèle une embarcation, qui le remorque avec son modeste hors-bord de 15 ch. À la barre, un ancien ministre des Finances !
Commentaire : La solidarité entre marins est encouragée par les CROSS, qui demandent souvent à la radio si un autre navire peut aider. Il faut, cependant, s’en sentir capable. Un remorquage peut tourner au suraccident. Révisez notre dossier remorquage. Et testez bien votre bateau après de gros travaux avant de vous lancer au loin.
Les voiles ne sont pas là que pour faire joli
C’est une belle matinée d’hiver en Méditerranée. Un peu au large, entre Toulon et Marseille, sous une jolie brise et par mer peu agitée, un voilier de 7,50 mètres tombe en panne moteur, avec deux personnes à son bord (manque de carburant, semble-t-il). Divers échanges radio avec le CROSS, les pompiers, les Sauveteurs en Mer et le propriétaire du bateau ont lieu. Mais l’assureur ne prend pas le remorquage en charge. Le bateau va, tout simplement, rentrer à la voile, à petite allure, et mouiller en sécurité en baie de Cassis. Le CROSS et le sémaphore du Bec de l’Aigle suivent la situation d’heure en heure.
Commentaire : Combien de voiliers qui ne sont pas en danger devraient faire de même ? On n’a plus le droit d’entrer dans les ports à la voile. En revanche, on peut s’en approcher assez pour mouiller et se faire aider à ce moment-là.
Belle manœuvre
Le moteur ne redémarre pas quand Alain veut regagner sa place à Port-la-Forêt, dans le Finistère. Il utilise alors les voiles de son bateau de 11 mètres pour attraper une bouée de mouillage. Le temps de « coupler » les batteries des équipements à celle du moteur pour avoir plus de puissance, et le moteur repart.
Commentaire : Il y a souvent des bouées de mouillage avant l’entrée des ports. Les prendre à la voile est une manœuvre amusante à apprendre et qui peut s’avérer utile.
Grâce à vos dons, nos sauveteurs sont formés et entraînés pour effectuer ces interventions de sauvetage
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