Coupé du monde en pleine nuit au large de Royan
publié le16 Juillet 2026
écrit parClarisse Oudit-Dalençon
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La SNS 162 Sieur de Mons, de la station de Royan, lors d'un exercice de sauvetage départemental en mai 2025. © Maxime Franusiak
Un voilier fait face à de grandes difficultés après avoir percuté un haut-fond. En pleine houle, endure les lames et leurs creux. Sans éclairage, il est retrouvé de justesse par les sauveteurs de la station de Royan, grâce à leur caméra thermique.
Lorsque la nuit tombe, les embarcations deviennent des ombres parfois difficiles à distinguer dans les vagues. Sans lumière et à la merci de la force de l’océan, la situation peut rapidement basculer. Dans la nuit du 17 mars, la brise soulève les flots, formant des creux de près de 2 mètres. Les bénévoles de la station de Royan reçoivent un Mayday pour un voilier en difficulté.
« On nous informe que l’embarcation a été repérée dans la Mauvaise. On l’appelle comme ça, parce qu’on sait que ce haut-fond est dangereux », décrit Cédric Mourier, patron de la station de Royan. La zone se situe en face du phare de la Coubre, à La Tremblade (Charente-Maritime). Les bancs de sable se déplacent selon les courants. Dans les vagues sombres, les navigateurs ont du mal à déterminer les fonds et risquent le choc. La fusée de détresse aperçue par un autre bateau ne donne aux sauveteurs qu’une indication approximative de la localisation du voilier. Ils n’arrivent pas à entrer en contact avec la victime, malgré de multiples tentatives à la radio. Aucune information sur son état ni celui de son embarcation. Les sauveteurs partent à sa recherche à bord de la SNS 162 Sieur de Mons sans coordonnées précises.
« On y est allés avec une grande prudence. De nuit, on n’a pas du tout les mêmes repères », déclare Cédric Mourier. Une fois arrivés sur la zone, à l’œil nu, il leur est difficile de discerner une embarcation. « On était dans le noir complet. Mais la caméra thermique nous a permis de détecter une silhouette au loin », continue-t-il. En s’approchant prudemment, les bénévoles se rendent compte de la situation. Le voilier a été fracassé par les vagues. L’eau s’est infiltrée sur le pont. Les voiles sont totalement déchirées. La violence des flots a abîmé les moyens de communication, l’électricité et le moteur.
À bord, au milieu des décombres, un homme seul, d’une cinquantaine d’années. « Il est incapable de faire quoi que ce soit, il se voyait mourir », relate le patron. La victime a du mal à communiquer et le choc l’empêche de pouvoir prendre le contrôle de son monocoque. De plus, il est blessé à l’épaule. « Vu l’état du bateau, on imagine rapidement la situation à ce moment-là. Il a dû se prendre vraiment de la grosse gîte », souligne Cédric Mourier. Un équipier monte à bord. La manœuvre est délicate, car la vedette de la SNSM peut, à son tour, entrer en collision avec les fonds marins. « Grâce à l’entraînement, tout s’est bien passé », ajoute le bénévole. Un équipier rassure le plaisancier, avant d’installer la remorque. La bonne coordination des sauveteurs leur permet de sécuriser l’embarcation et de s’éloigner de la zone dangereuse. Le voilier est lentement ramené au port. Quelques jours après, la victime se rend à la station pour remercier les sauveteurs.
Équipage engagé
Vedette de première classe SNS 162 Sieur de Mons
Patron : Cédric Mourier
Équipiers : Alain Charnet, Frédérique Hénon, Benjamin Le Corfec, Yves Page
Grâce à vos dons, nos sauveteurs sont formés et entraînés pour effectuer ces interventions de sauvetage
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