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Histoire de la station de Saint-Malo

publié le15 Septembre 2026

écrit parPierre De Guiringaud

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Photo de la façade de la station de Saint-Malo

Histoire de la station de sauvetage en mer de Saint-Malo.

1864

En 1864, la Société Centrale de Sauve­tage aux Naufra­gés (SCSN) sélec­tionne Saint-Malo comme site d’im­plan­ta­tion d’une station eu égard à l’im­por­tance et à la dange­ro­sité de la zone ainsi qu’à la présence de nombreux « hommes de mer » dans l’ar­ron­dis­se­ment mari­time de Saint Servan. En juin 1865 est égale­ment créée la Société Humaine de Saint-Malo et de Saint-Servan (absor­bée par la SCSN en 1883) et dotée d’un premier canot de sauve­tage à voile et avirons, insub­mer­sible, long de 9,78m, et baptisé …Saint-Malo.

Canot Commandant Philippes de Kerhallet
Canot Commandant Philippes de Kerhallet similaire au Canot Saint-Malo Crédit : Musée national de la marine

 

Ce canot, de concep­tion anglaise, selon les plans Peake, déjà utilisé par la RNLI, était opéré par 12 hommes (1 barreur, 10 rameurs et 1 équi­pier) et était basé dans une maison abri, cale de Dinan. 

Canot sauvetage Saint Malo
Canot sauvetage Saint-Malo Collection Germain fils ainé

1873

Paral­lè­le­ment à la SCSN, est créée en 1873 l’as­so­cia­tion des Hospi­ta­liers Sauve­teurs Bretons (HSB) qui s’im­plante sur la Côte d’Eme­raude en 1875 et établit 2 postes de sauve­tage : à Paramé, et à Saint Servan. La voca­tion première des HSB est d’as­su­rer la sécu­rité des bords de côte avec de petites embar­ca­tions. Elle s’in­ves­tira progres­si­ve­ment aussi dans l’en­sei­gne­ment aux marins pêcheurs, dans la forma­tion au secou­risme et encou­ra­gera l’in­no­va­tion tech­nique.

Baptême Canot HSB Solidor. On peut lire « Les Hospitaliers Sauveteurs Bretons Reconnaissants à Monsieur Ansbert Labbé ». Le canot HSB était noir avec un liseret blanc

1912

En 1912 est inau­guré un nouveau canot de la SCSN. Il s’agit d’un des premiers canots à moteur et à voile : le Emile Perrin. Il sera équipé d’un moteur Panhard de 35CV et attein­dra les 7nds.

1939

En 1939 arrive un nouveau canot pour la station. D’une longueur de 11,93m et prove­nant des chan­tiers Pierre Jouët à Sartrou­ville, il est moto­risé par 2 moteurs Baudouin DB2 pour une puis­sance totale de 50cv. Il était posi­tionné sur la cale de saint Servan (actuel empla­ce­ment de l’AR Zenith). Vous pouvez retrou­ver le récit d’époque du baptême.

Inauguration Pourquoi Pas ? 2 juillet 1939. Une cérémonie tournée sur l’hommage au Commandant Charcot disparu 3 ans plus tôt. La veuve Charcot ainsi qu’un survivant de l’expédition du Pourquoi Pas ? IV sont présents

 

Lors du lance­ment de ce navire, il a été établi que le nom de Pourquoi Pas ? serait aussi celui des futurs canots malouins, en hommage aux expé­di­tions polaires du Comman­dant Jean-Baptiste Char­cot sur notam­ment son Pourquoi pas ? IV. Tradi­tion respec­tée jusqu’à ce jour.

Canot Jean Bouzard situé à Dieppe. Similaire au Pourquoi pas ? L’ESTRAN Cité de la Mer Dieppe

 

A la fin de la seconde guerre mondiale, une grande partie des équi­pe­ments (navires et abris) des deux asso­cia­tions de secours sont soit détruits, soit forte­ment endom­ma­gés. Le Pourquoi Pas ? de la SCSN est répa­rable mais ne revient qu’en juillet 1948 (après sa réqui­si­tion). Celui de la station des HSB est inuti­li­sable (canot sabordé par les alle­mands).

Le Pourquoi Pas ? sert à Saint Servan jusqu’à fin novembre 1956. Il est alors refondu et affecté à la station d’Etel sous le nom de Vice Amiral Schwe­rer II. Il coulera en octobre 1958 lors de l’ex­pé­ri­men­ta­tion d’un radeau de sauve­tage par Alain Bombard, ce qui sera appelé le drame d’Etel.

1958

En avril 1958, la station reçoit un nouveau canot, le (second) Pourquoi Pas ?. Il s’agit d’un canot de 13,60m du chan­tier Augus­tin Normand propulsé par 2 moteurs de 140cv chacun. Il sera posi­tionné dans l’abri SNSM à Soli­dor à côté du maré­graphe.

Le second Pourquoi Pas ? en 1966 La forme du canot reste similaire au précédent et les équipements sont encore minimum

 

1966 Une timonerie ouverte, peu de zone protégée pour les équipiers. La quille permet de protéger les hélices. Le safran est simple. Le canot pouvait rejoindre son ber par l’avant ou par l’arrière.

 

1958 marque égale­ment la renais­sance de de la section malouine des HSB. Des vedettes de patrouille sont utili­sées pour la surveillance du litto­ral entre le môle des Noires et la Hoguette et pour la sécu­rité au large des plages. En 1964, un nouveau type de vedettes spécia­le­ment conçues pour le secou­risme côtier sont lancées. Ce sera la HSB6 « Henri Dunant », suivie en 1965 par la HSB46 « Henri Dunant » et la HSB52 « Rance 1 » desti­née à la sécu­ri­tés esti­vale de la Rance. En 1966, la vedette HSB78 « Rance 2 » est mise en place sur la partie amont de la Rance mari­time.

1967

La SNSM est fondée le 10 décembre 1967 , issue de la fusion des HSB et de la SCSN en France. Saint-Malo est la seule ville à abri­ter les deux asso­cia­tions. Un comité est donc créé et les postes sont parta­gés entre les membres des deux ex-socié­tés.

Le logo historique en vigueur jusqu’en 2022

Années 1970

Au début des années 1970, le canot Pourquoi pas ? subi une phase de moder­ni­sa­tion avec l’ar­ri­vée notam­ment d’une timo­ne­rie fermée appor­tant un réel confort pour l’équi­page par mauvais temps. C’est égale­ment l’ap­pa­ri­tion des premiers équi­pe­ments de radio­na­vi­ga­tion.

Second Pourquoi Pas ? entre 1970 et 1991. On note la timonerie fermée, l’annexe gonflable et le mât de communication avec l’apparition du radar, la VHF et de l’antenne goniométrique pour la recherche de requérant.

Années 1980

Dans les années 80, la station SNSM prési­dée par Alain Bois­nard, s’ins­talle au port des Bas Sablons. Sa flotte opéra­tion­nelle se compose du « Pourquoi Pas ? » et succes­si­ve­ment de 2 vedettes de type Anta­rès, la SNS80 « Martine Char­cot » puis la SNS218 « Martine Char­cot II » (1985–2002).

1991

En 1991 , est affecté à la station un nouveau canot, le SNS072 Pourquoi Pas ? II. Il mesure 17,60m, vient du chan­tier Bernard et est propulsé par 2 moteur de 350cv.

Pourquoi pas ? II – La forme du navire marque une rupture avec les anciens modèles. La timonerie est bien plus importante et les antennes se sont multipliées. Didier Chazal

 

On remarque que la main courante sous la ligne de bourlingue, héritage des premiers canots existe toujours. Le poste en hauteur du barreur facilite les manoeuvres d’approche et la potence sur le côté Tribord aide à la récupération de victime

2001

En 2001, venant de la station de Calais, le comman­dant Patrick Le Rouillé est nommé à la tête de la station avec une nouvelle équipe et quelques anciens. Son charisme et son éner­gie porte­ront et déve­lop­pe­ront la station au fil des 22 années de sa prési­dence, jusqu’au début 2023.

2023

Le nouveau canot de sauve­tage tous temps de Saint Malo, le SNS005 Pourquoi Pas ? III, baptisé le 21 octobre 2023, témoigne de l’évo­lu­tion de notre station. Il mesure 17,80, vient du chan­tier Sibi­ril et est moto­risé par 2 moteurs Scania de 650cv chacun.

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