La fabrique des vagues et de la houle
publié le6 Juillet 2026
écrit parJean-Claude Hazera
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Les vagues déferlent en présence d'un fort vent, ou lorsque la houle atteint un récif ou la côte. © Patrice Thouzeau
On aime les admirer depuis la côte, se jeter dedans à la plage, ressentir leur mouvement régulier sur un bateau. Quelques précautions s’imposent, toutefois, pour jouer avec les vagues.
Si on met de côté les tsunamis – produits par des phénomènes sismiques –, les vagues sont créées par l’action du vent sur la surface de la mer. Soit là où nous sommes : on appelle alors cela la mer du vent. Soit loin de là où nous sommes : c’est la houle.
Voire très loin. Grâce aux satellites, des scientifiques ont suivi en détail les effets d’une grande tempête, en décembre 2024, dans le nord du Pacifique. Les ondes produites – des vagues d’une vingtaine de mètres au cœur de la tempête – sont venues mourir à environ 24 000 kilomètres de là, sur les côtes d’Afrique de l’Ouest, deux semaines plus tard.
Car les vagues sont formées par des ondes qui se propagent dans l’eau, et non par l’eau qui se déplace elle-même. Une vague n’est pas un courant. L’eau bouge dans chaque vague, qui peut pousser le bateau ou le baigneur, mais la masse d’eau globale ne se déplace pas.
Écume et déferlantes
À partir d’une certaine force de vent, certaines vagues déferlent en écume blanche, même au large. Sinon, elles ne forment des rouleaux que sur les récifs ou la plage. La vague s’écroule progressivement si les fonds remontent en pente douce. Plus violemment sur une plage devant laquelle le fond remonte de façon plus abrupte.
Si le courant se met de la partie, attention au vent contre courant.
Il se peut aussi que le vent tourne (pendant le passage d’une dépression, par exemple) ou qu’un train de vagues régulières rencontre une houle venant de loin. Ou encore que des vagues ricochent sur des découpages de la côte. Ces situations génèrent des mers dites croisées, qui ne sont pas du tout agréables.

Ciel clair, alerte houle
Exemple concret, le 26 août 2025. Paisible fin de saison estivale. Le temps semble encore au beau fixe. Et, pourtant, une sirène retentit. Alerte houle ! Le ciel reste clair, mais les ondes générées par la tempête Erin ont traversé tout l’Atlantique. Les mises en garde, largement relayées, vont éviter des drames. Autrement, promeneurs, baigneurs et plaisanciers auraient été pris par surprise. Les nuages, le vent fort et la pluie nous alarment, mais nous avons tendance à négliger les vagues et/ou la houle.
Or, la concordance entre le vent et les vagues n’est pas parfaite. Pour que des vagues naissent et prospèrent – et, éventuellement, voyagent loin sous forme de houle –, il faut que le vent frotte sur l’eau sur une grande distance (un grand fetch). Sinon, on peut avoir du vent sans vagues. En Bretagne sud, par exemple, par vent de terre, la situation est dangereuse pour les matelas pneumatiques, bouées et autres engins flottants, qui peuvent avoir du mal à revenir vers le bord. Elle est idéale pour les voiliers qui longent la côte. Ils ont un bon vent sans vagues. Elles se forment plus au large.
Quand le vent souffle fort et durablement sur de grandes distances, les vagues s’organisent, de plus en plus hautes, avec une longueur d’onde (distance entre deux crêtes) de plus en plus grande.
Prévoir les vagues
Quand on prend la météo, on a trop tendance à s’intéresser au vent en négligeant les prévisions sur l’état de la mer. Elle peut pourtant être plus forte que ne le laisse supposer le vent. Dans les bulletins de météo marine diffusés par Météo-France, la mer est décrite selon l’échelle de Douglas (voir tableau ci-contre) : belle, peu agitée, agitée, forte…
Attention pour les petits bateaux, le niveau 3 peut être un peu trompeur. « Peu agitée » n’exprime pas que la mer n’est « pas agitée », mais qu’elle est agitée, un peu. Ce qui va quand même jusqu’à 1,25 mètre de hauteur (entre la crête et le creux) « significative ». La hauteur significative est la moyenne du tiers des vagues les plus grandes. Météo-France précise bien que les écarts à la moyenne sont importants. Les vagues maximales peuvent atteindre deux fois la hauteur significative. Soit 2,5 mètres dans le cas d’une mer « peu agitée », la limite entre « mer agitée » et « forte ».
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