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Pourquoi porter un gilet de sauvetage et comment le choisir ?

publié le22 Juillet 2024

Croisière en voilier © Mael Balland - Unsplash

Le gilet de sauvetage porté est un élément indispensable de la sécurité du plaisancier ou du pratiquant de loisirs nautiques (canoë, kayak, ski nautique, windsurf…) en cas de chute à la mer. Selon la SNSM, 8 noyades sur 10 auraient pu être évitées si les victimes avaient été munies d’un gilet. Voici nos conseils pour bien s’équiper et pratiquer les sports nautiques en toute sécurité.

Pourquoi porter un gilet de sauve­tage et quelle est la régle­men­ta­tion en cours ?

Le gilet de sauve­tage est-il obli­ga­toire ?

Vous ne serez pas verba­lisé si vous ne portez pas sur vous un gilet de sauve­tage à bord de votre embar­ca­tion en mer. Il n’ y a pas d’obli­ga­tion légale de « porter » un gilet à bord d’un bateau. Néan­moins, son utili­sa­tion est très forte­ment recom­man­dée par les Sauve­teurs en Mer.

Atten­tion, le port du gilet de sauve­tage est en revanche obli­ga­toire pour la conduite d’un Jet-Ski©. Voir la divi­sion 240 article 240–2.12 des condi­tions d’uti­li­sa­tion des véhi­cules nautiques à moteur , page 16.

Est-il obli­ga­toire d’en avoir à bord ?

L’em­port de gilets de sauve­tage est bien obli­ga­toire sur toute embar­ca­tion. Il en faut au moins 1 par personne à son bord. Vous trou­ve­rez plus d’in­for­ma­tion sur la fiche d’in­for­ma­tion « L’Équi­pe­ment de sécu­rité des navires de plai­sance en mer » éditée par minis­tère chargé de la Mer et de la Pêche en colla­bo­ra­tion avec la SNSM (mars 2024).

Quand utili­ser un gilet de sauve­tage ?

Dès que vous posez le pied sur un bateau et où que vous soyez par rapport au rivage. Les acci­dents n’ar­rivent, en effet, pas qu’au large. On constate, chaque année, de nombreuses chutes depuis une annexe sur le bref trajet du rivage au mouillage. Même proche des côtes, vous pouvez tomber à l’eau incons­cient, à la suite d’un malaise ou si vous vous faites acci­den­tel­le­ment proje­ter par la bôme de votre voilier. Cette recom­man­da­tion est d’au­tant plus impor­tante si vous êtes au large.

Quelles que soient les condi­tions clima­tiques et l’ex­pé­rience de la mer que l’on peut avoir, le port du gilet de sauve­tage est une recom­man­da­tion prio­ri­taire des Sauve­teurs en Mer.

Chiffres clés sur le port du gilet de sauve­tage en mer

Dans le cadre du Forum Mer en Sécu­rité de 2014, la SNSM a présenté une étude menée avec le soutien de la MACIF sur l’at­ti­tude des Français face à la mer.

Inter­ro­gés sur les freins au port du gilet, sont cités dans cet ordre :

  • L’in­con­fort : 48 %
  • L’ha­bi­tude : 42 %
  • N’en voient pas l’uti­lité : 37 %
  • Parce qu’ils rendent moins perfor­mant : 22 %
  • Parce qu’ils sont lourds : 17 %
  • Parce que ce n’est pas esthé­tique : 11 %
  • Parce qu’ils sont trop chers : 9 %

L’uti­li­sa­tion d’un gilet est frei­née par le manque de confort, l’ha­bi­tude et des idées fausses qui ont la vie dure et prouvent qu’il faut redou­bler les efforts d’in­for­ma­tion auprès du grand public. Même s’il fait chaud, les Sauve­teurs en Mer recom­mandent son utili­sa­tion en perma­nence pour navi­guer ou pour exer­cer des acti­vi­tés nautiques, que vous sachiez nager ou non. Ces dernières années, les fabri­cants ont fait de réels efforts d’er­go­no­mie, de compa­cité, de poids et de tenue près du corps (mais aussi de style) et il est ainsi tout à fait possible de trou­ver des gilets légers, faciles à enfi­ler et confor­tables à porter, même par beau temps !

Les types de gilet de sauve­tage et leurs usages

On peut distin­guer les gilets de sauve­tage selon deux grands critères : leur flot­ta­bi­lité et le maté­riau utilisé.

La flot­ta­bi­lité

Expri­mée en newton, elle renseigne sur la capa­cité à faire flot­ter un corps. On trou­vera des gilets de 50 newton (N), 100N, 150N et 275N. Plus le chiffre est élevé, plus le gilet vous aidera à flot­ter.

Les gilets 50N ne proposent qu’une aide à la flot­ta­bi­lité. Ils peuvent être utili­sés lorsque l’on reste à moins de 2 milles nautiques d’un abri. Dès que l’on s’éloigne vers la haute mer, il est impé­ra­tif de choi­sir un gilet de 100N, 150N ou 275N. Ces derniers sont forte­ment recom­man­dés en cas de longue traver­sée, mais égale­ment en hiver, lorsque l’on est plus lour­de­ment équipé (polaire, imper­méable, chaus­sures, etc.).

Plus on s’éloigne des côtes, plus il est néces­saire d’as­su­rer une sécu­rité maxi­male pour les personnes à bord et donc d’op­ter pour les gilets de 150 ou 275 newton. Si le temps est mauvais et que vous êtes loin en mer, les secours mettront plus de temps à arri­ver. Un gilet de 275N permet, en cas d’ac­ci­dent, d’as­su­rer une plus longue flot­ta­bi­lité et de garder la tête hors de l’eau plus faci­le­ment dans les vagues.

Pour la plai­sance (navi­ga­tion à voile ou à moteur), Les Sauve­teurs en Mer vous recom­mandent de porter un gilet de 100N ou 150N même si on navigue à moins de 2 milles nautiques d’un abri. En effet, une aide à la flot­ta­bi­lité de 50N ne permet pas, par exemple, un déga­ge­ment des voies aériennes si la personne est incons­ciente. Adap­tez le choix de votre gilet à votre pratique spor­tive et aux risques pris plutôt qu’à l’éloi­gne­ment d’un abri.

En mousse ou gonflable

Ce sont les deux grands types de gilet de sauve­tage que vous pour­rez trou­ver, avec les diffé­rents niveaux de flot­ta­bi­lité détaillés ci-dessus. 

  • Les gilets de sauve­tage en mousse

En mousse, ils présentent le premier avan­tage de propo­ser une flot­ta­bi­lité perma­nente, dès l’ins­tant où l’on tombe dans l’eau. Ils sont ainsi bien adap­tés à la voile légère, aux cata­ma­rans de sport, à la planche. Des acti­vi­tés pour lesquelles on pourra se conten­ter d’un gilet 50N, étant donné que ces sports se pratiquent souvent avec une combi­nai­son Néoprène®, qui offre déjà un premier niveau de flot­ta­bi­lité. La mousse présente, en outre, une protec­tion contre les chocs et protège du vent. Ils sont enfin faciles à entre­te­nir (il suffit de les rincer) et coûtent géné­ra­le­ment moins cher qu’un gilet gonflable.

Les gilets en mousse avec une flot­ta­bi­lité plus impor­tante (100N-150N) proposent, en revanche, une moindre liberté de mouve­ment et peuvent être moins confor­tables lorsqu’il fait chaud. De plus, ils prennent plus de place sur un bateau. À noter égale­ment que, contrai­re­ment aux gilets gonflables et aux gilets en mousse de flot­ta­bi­lité supé­rieure, les gilets 50N ne garan­tissent pas auto­ma­tique­ment le retour­ne­ment de la personne tombée à l’eau sur le dos afin de libé­rer ses voies respi­ra­toires. En cas de chute incons­ciente, à la suite d’un malaise ou d’un acci­dent, la personne peut donc rester sur le ventre et se noyer.

  • Les gilets de sauve­tage gonflables

Ils sont dispo­nibles en 100, 150 et 275 newton, et se gonflent soit manuel­le­ment, soit auto­ma­tique­ment. Pour les premiers, il suffit de tirer sèche­ment sur une poignée pour libé­rer le gaz de la cartouche et les gonfler.

Les seconds se déclenchent seuls au contact de l’eau et se révé­le­ront donc parti­cu­liè­re­ment utiles si la personne tombe à l’eau incons­ciente. Il existe deux tech­no­lo­gies diffé­rentes. Ils peuvent inté­grer une pastille de cellu­lose ou de sel (qui va se désin­té­grer au contact de l’eau et déclen­cher l’ou­ver­ture de la cartouche) ou être équi­pés d’un détec­teur de pres­sion de l’eau (système Hammar) qui va déclen­cher le gonfle­ment. Tous ces gilets permettent égale­ment de retour­ner auto­ma­tique­ment la personne tombée à l’eau.

Comment le choi­sir ?

Les diffé­rents types de gilet répondent, tout d’abord, à des normes précises et strictes, concer­nant la flot­ta­bi­lité, la présence d’un sifflet, de bandes réflé­chis­santes, etc. Chacun présente ensuite ses avan­tages et ses incon­vé­nients. 

Le choix se fera donc en fonc­tion de sa pratique (type d’ac­ti­vité, zone et fréquence de navi­ga­tion), de sa morpho­lo­gie, de son poids et, bien évidem­ment, du prix. Les Sauve­teurs en Mer vous recom­mandent les modèles compor­tant des sous-cutales.

On trouve ainsi des gilets 50N en mousse à moins de 20 euros, quand certains gilets gonflables auto­ma­tiques peuvent atteindre 500 euros. 

En plus du respect des normes, la diffé­rence se fera sur les maté­riaux, avec des mailles par exemple plus respi­rantes, sur l’er­go­no­mie, avec des coupes plus compactes, près du corps, sur la qualité et des fini­tions ou bien sur certaines options (poches, capuche pour se proté­ger des embruns, etc.).

Et pour les enfants ?

Le gilet de sauve­tage est l’un des équi­pe­ments de sécu­rité incon­tour­nables pour les enfants. Il faut s’as­su­rer, en premier lieu, qu’il est adapté au poids et à la morpho­lo­gie de votre enfant. Les gilets sont spéci­fiques aux enfants, il ne faut donc pas choi­sir un petit gilet pour adulte. Afin de garan­tir un parfait ajus­te­ment et qu’il ne remonte pas en cas d’im­mer­sion, il est impor­tant qu’il soit équipé d’une sangle sous-cutale (qui passe entre les jambes et sous les fesses). Les enfants de 30 kg maxi­mum disposent d’un gilet de niveau de perfor­mance 100N, quelle que soit la distance d’éloi­gne­ment d’un abri.

Suivez les conseils des Sauve­teurs en Mer et de son parte­naire Ocean Skills sur la manière de se dépla­cer en toute sécu­rité sur un bateau

 

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