Une fin d’année sous le signe de l’innovation pour les Sauveteurs en Mer

Actuel­le­ment en campagne de collecte de fonds, la SNSM rappelle l’im­por­tance des dons pour finan­cer ses maté­riels et équi­pe­ments. Renou­ve­ler sa flotte de sauve­tage, moder­ni­ser l’en­semble des tenues des sauve­teurs embarqués, équi­per les béné­voles de balises indi­vi­duelles de loca­li­sa­tion lors des inter­ven­tions en mer, cocréer un gilet de sauve­tage pour le grand public…

Les projets inno­vants se succèdent pour la SNSM, qui à cœur d’as­su­rer la sécu­rité des sauve­teurs lors des inter­ven­tions de sauve­tage, et plus large­ment des usagers de la mer en moder­ni­sant ses maté­riels et équi­pe­ments pour s’adap­ter aux nouvelles pratiques des usagers du litto­ral.

Tout cela est rendu possible grâce à l’éla­bo­ra­tion de groupes de travail et de commis­sions dédiées compo­sés de sauve­teurs aux profils variés et prove­nant de zones géogra­phiques diffé­rentes et au concours des direc­tions tech­nique et des achats. La cellule RETEX (retours d’ex­pé­riences) créée permet égale­ment de faire évoluer la concep­tion des navires et des équi­pe­ments grâce aux ensei­gne­ments tirés des inter­ven­tions et acci­dents surve­nus. Retour sur plusieurs projets R&D d’en­ver­gure menés par la SNSM au service du sauve­tage en mer.

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© SNSM | Tribord | Plas­timo – Jean-Marie Liot | Stéphane Lagoutte – MYOP

Gants, bottes, vestes, salo­pettes de mer, longes, balises de loca­li­sa­tion… Les nouveaux équi­pe­ments et tenues ergo­no­miques pour les Sauve­teurs en Mer

Après un travail de refonte de trois années, les sauve­teurs embarqués sont désor­mais équi­pés de nouvelles vestes et salo­pettes de mer plus ergo­no­miques, confor­tables et adap­tées aux condi­tions d’in­ter­ven­tions actuelles. De l’étude des besoins à la fabri­ca­tion, la concep­tion de ces nouvelles tenues a été poin­tilleuse respec­tant au mieux les attentes des sauve­teurs.

Enquêtes, sondages, cahier des charges précis, tests de proto­types pendant plusieurs mois… Cyril Grimal, le patron de la station SNSM de Cava­laire-sur-Mer, impliqué, détaille le process : «  Ces tests nous ont permis de mettre en avant nos besoins, ce que l’on aimait et ce que l’on n’ai­mait pas dans l’exis­tant. Nous avons orga­nisé un exer­cice de sauve­tage, en condi­tions réelles, avec un panel de sauve­teurs de toutes tailles et justi­fiant d’ex­pé­riences diverses, en mer, de jour et de nuit. Ce fut grati­fiant d’avoir contri­bué aux tests des futurs équi­pe­ments et au proces­sus de sélec­tion. Les béné­voles sont les premiers concer­nés et leur avis a été pris en compte ».

Gants, bottes mais égale­ment la longe, équi­pe­ments indis­pen­sables pour tout sauve­teur ont été repen­sés. Dix-huit mois de déve­lop­pe­ment auront été néces­saires pour cette nouvelle longe plus intui­tive et sécu­ri­taire. Avec le même schéma que les tenues, la SNSM a mis au point et testé le dispo­si­tif avant d’équi­per les sauve­teurs embarqués, qui doivent l’uti­li­ser dès que les condi­tions de mer sont dégra­dées et lorsqu’il leur est néces­saire de sortir à l’ex­té­rieur de la timo­ne­rie. S’at­ta­cher à la ligne de vie est une prio­rité.

Ses atouts : compo­sée de deux brins, son inté­rêt réside dans le fait que le sauve­teur peut passer faci­le­ment d’un point d’at­tache à un autre tout en étant sécu­risé. Les brins portent une surpiqûre rétro-réflé­chis­sante pour garan­tir une visi­bi­lité de nuit.

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Les nouvelles longes de la SNSM © Plas­timo – B. Legla­tin
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Autre nouvel équi­pe­ment : le dispo­si­tif indi­vi­duel de loca­li­sa­tion (DIL).

Jusqu’à lors les Sauve­teurs en Mer n’étaient pas équi­pés de balise indi­vi­duelle de loca­li­sa­tion. Après avoir déve­loppé DIAL (Dispo­si­tif indi­vi­duel d’alerte et de loca­li­sa­tion) destiné aux pratiquants d’ac­ti­vi­tés nautiques et de plein air, la SNSM a décidé de déve­lop­per un produit perfor­mant, répon­dant aux futures normes en vigueur. Adap­tée à un usage profes­sion­nel, cette nouvelle balise 100 % française a pour objec­tif d’as­su­rer un niveau de sécu­rité maxi­mum pour les béné­voles.

Conçu pour s’in­té­grer faci­le­ment dans les gilets de sauve­tage auto­gon­flants des sauve­teurs, le DIL se déclenche auto­ma­tique­ment en cas de chute à la mer. Un signal s’af­fiche alors sur la VHF présente à bord du navire et de ceux situés aux alen­tours, permet­tant d’aler­ter le CROSS (Centre régio­nal opéra­tion­nel de sauve­tage et de surveillance).

Woal­len : une appli­ca­tion d’alerte créée par un sauve­teur pour les sauve­teurs

Woal­len est une appli­ca­tion mobile acces­sible à toutes les stations de sauve­tage, exploi­tée par les CROSS et recom­man­dée par la DAM (Direc­tion des Affaires mari­times). Cette dernière permet au CROSS d’aler­ter un équi­page en trente secondes, et grâce à un agenda partagé, seuls les équi­piers béné­voles s’étant préa­la­ble­ment décla­rés dispo­nibles reçoivent une noti­fi­ca­tion pour appa­reiller en cas d’in­ter­ven­tion.

Plus qu’un système de mise en alerte des équi­pages, Woal­len est un gain de temps qui faci­lite l’or­ga­ni­sa­tion des stations de sauve­tage ; et elle a le mérite d’avoir été déve­loppé par un sauve­teur de la station SNSM du Golfe du Morbi­han et désor­mais déployée dans la quasi inté­gra­lité des stations de sauve­tage.

Gilet Tribord

L’ex­pé­rience de la SNSM au service des usagers de la mer à travers une co-créa­tion de gilet de sauve­tage

Au-delà d’in­no­ver pour ses Sauve­teurs en Mer, la SNSM met égale­ment à profit son exper­tise de la sécu­rité en mer au service des marins. Ce fut le cas avec Tribord, marque spécia­liste de la voile de l’en­seigne Décath­lon. Après trois années de recherche et déve­lop­pe­ment, l’as­so­cia­tion et Tribord ont lancé conjoin­te­ment un nouveau gilet de sauve­tage auto­gon­flant dédié aux usagers de la mer.
Un cocréa­tion ambi­tieuse puisqu’il s’agit du premier gilet du marché doté d’une vessie asymé­trique faci­li­tant le retour­ne­ment. « Cette vessie en forme ’bélier’, comme la décrit Benja­min Serfati, direc­teur des achats à la SNSM, assure au mieux le main­tien de la tête hors de l’eau ! »

Plus de soixante itéra­tions et de nombreux tests ont été néces­saires pour obte­nir un produit fina­lisé répon­dant à un objec­tif prio­ri­taire : la sécu­rité du marin à bord. D’abord testé en bassin au centre de concep­tion de la marque de Décath­lon sur des mannequins puis avec des personnes de diffé­rents gaba­rits, les tests ont suivi en mer à Saint-Nazaire au sein du pôle natio­nal de forma­tion de la SNSM, dans des condi­tions plus enga­gées : houle, pluie, froid, à la tombée de la nuit.

Le gilet sera commer­cia­lisé fin 2022 via le réseau Décath­lon, en maga­sin et en ligne.

Nouvelle flotte livrée starck de la SNSM
La nouvelle flotte de la SNSM © SNSM – COUACH – Barreau Neumann – Iden­tité visuelle Ph.Starck

Une future flotte de sauve­tage moderne et inno­vante après huit années de travail

Impos­sible d’évoquer les inno­va­tions à la SNSM sans mention­ner la nouvelle flotte des Sauve­teurs en Mer. Initié en 2014 et conçu en inté­grant le retour d’ex­pé­rience et l’ana­lyse poin­tue de l’ac­ci­den­to­lo­gie et des géogra­phiques d’uti­li­sa­tion en mer, le projet a pour objec­tifs de faire face au vieillis­se­ment des bateaux actuels, homo­gé­néi­ser la flotte et ainsi opti­mi­ser la forma­tion et la main­te­nance, amélio­rer la sécu­rité des sauve­teurs et enfin s’adap­ter aux nouvelles pratiques des usagers du litto­ral.

Nouvelle livrée, gamme de navires stan­dar­di­sés avec options person­na­li­sables, système inno­vant de récu­pé­ra­tion des naufra­gés, archi­tec­ture de navire connec­tée, renfor­ce­ment quali­té… les inno­va­tions dans la conduite du programme sont nombreuses.

140 bateaux sont à renou­ve­ler d’ici dix ans, pour un montant avoi­si­nant les 100 millions d’eu­ros. Le premier navire hautu­rier, destiné à la station SNSM de Noir­mou­tier, béni en octobre dernier rejoin­dra défi­ni­ti­ve­ment son port d’at­tache dans les prochains mois. Suivront ensuite les autres navires.

L’amélioration des conditions d’interventions et la sécurité à bord des sauveteurs sont au coeur des enjeux de la SNSM

En faisant le choix d’im­pliquer ses béné­voles, l’as­so­cia­tion souhaite répondre aux mieux à leurs besoins et ainsi dessi­ner des points d’amé­lio­ra­tion à la suite des retours d’ex­pé­riences.

L’oc­ca­sion de rappe­ler que la SNSM est une asso­cia­tion loi 1901 à but non lucra­tif qui s’ap­puie sur 8 800 béné­voles qui œuvrent à partir des stations de sauve­tage, centres de forma­tion et d’in­ter­ven­tions et postes de secours sur tout le litto­ral.

La SNSM, dont le finan­ce­ment repose essen­tiel­le­ment sur la géné­ro­sité du public est d’ailleurs en pleine campagne de collecte, pour finan­cer notam­ment ses équi­pe­ments indis­pen­sables mais couteux. Sans dons des parti­cu­liers et soutiens des entre­prises mécènes, les inter­ven­tions en mer ne pour­raient pas s’ef­fec­tuer dans de bonnes condi­tions pour les requé­rants.

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