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Artifices de détresse en mer : guide complet des signaux

publié le25 Septembre 2026

écrit parCaroline Taisne

12 minde lecture

Page d’accueilConseilsSignaux de détresse bateau : guide complet des artifices et procédures

Les artifices de détresse en mer sont des équipements de sécurité indispensables pour signaler une situation d’urgence et se faire repérer par les sauveteurs. Il est obligatoire pour les plaisanciers d’avoir ces signaux de détresse à bord et de savoir s’en servir.

 

Fusé-parachute, feu à main rouge, fumigène, procédure MAYDAY sur le canal 16 VHF : voici le guide complet des signaux de détresse et leur utilisation, la réglementation de la division 240, la procédure MAYDAY et l’élimination des artifices de détresse périmés.

Numéros d’urgence en cas de détresse en mer

VHF : canal 16 — lancez un appel MAYDAY en cas de détresse grave et de danger imminent pour les personnes à bord.

Téléphone : 196 — si vous avez du réseau, ce numéro permet également de joindre les secours en mer.

L’essentiel à retenir

  • Les artifices de détresse servent à signaler une situation d’urgence et à faciliter le repérage d’un bateau en difficulté par les secours.
  • Fusée parachute, feu à main rouge et fumigène ont des fonctions complémentaires : être repéré à distance, signaler sa position ou faciliter le repérage par les secours aériens.
  • La dotation obligatoire dépend de la catégorie de navigation et de la distance d’un abri, conformément à la division 240.
  • Les artifices de détresse ne doivent être utilisés qu’en cas de détresse réelle et doivent être manipulés en respectant les consignes du fabricant.
  • Les artifices périmés restent dangereux : ils ne doivent jamais être utilisés et doivent être éliminés par une filière adaptée.

Qu’est-ce qu’un artifice de détresse en navigation ?

Les artifices de détresse en mer sont des matériels de sécurité qui permettent à un bateau en difficulté de se signaler et d’alerter les secours en mer. Ils ne doivent être utilisés que quand il existe un danger réel pour les personnes se trouvant à bord.

Leur déclenchement permet au CROSS (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage) et aux équipages SNSM de localiser rapidement le bateau en danger.

Les 3 types d’artifices : fusée-parachute, feu à main, fumigène

Les fusées de signalisation utilisées en mer émettent de la lumière ou de la fumée. Elles sont complémentaires : certaines permettent à un navire d’être repéré à grande distance, d’autres servent à guider précisément les secours lorsqu’ils approchent de la zone.

  • La fusée parachute

Très efficace de nuit ou par faible visibilité, la fusée parachute permet de signaler une détresse et peut être repérée jusqu’à 25 milles. Une fois tirée, elle monte à 300 mètres d’altitude avant de redescendre lentement grâce à un parachute qui la ralentit, en produisant une lumière rouge vif.

Les fusées parachutes sont des signaux fugitifs. Mieux vaut les utiliser de façon à ce qu’elles aient des chances d’être aperçues par un bateau ou depuis la côte : tirées à 5 ou 10 minutes d’intervalle, elles confirmeront votre message de détresse.

  • Le feu à main rouge

Une fois l’alerte donnée et les secours proches, le feu à main rouge permet aux sauveteurs de repérer précisément le bateau et de faciliter leur approche.

Le feu à main rouge mer doit être tenu à bout de bras, sous le vent et au-dessus de l’eau, afin d’éviter les projections et les brûlures. Sa durée de combustion est d’environ 60 secondes.

  • Le fumigène

En libérant une épaisse fumée orange une fois dans l’eau, les fumigènes donnent des indications aux secours aériens qui survolent la zone. La fumée n’est visible qu’en plein jour et a une durée de 3 minutes ; elle peut donner des indices aux sauveteurs sur le vent et la houle.

Le nuage de fumée émis par le fumigène en mer peut être repéré à 5 miles nautiques par temps clair et vent faible.

Ce que dit la division 240 sur les artifices de détresse

La division 240 est la règlementation française relayée par le Secrétariat chargé de la Mer, qui définit le matériel de sécurité obligatoire à bord des navires de plaisance selon leur catégorie de navigation et leur distance d’un abri.

Elle précise les artifices de détresse qui doivent être embarqués, selon la distance d’éloignement d’un abri et la catégorie de navigation.

La division 240 impose à tous les marins d’avoir à leur bord des artifices en bon état et non périmés.

Avertissement de sécurité

Il est formellement interdit d’utiliser un artifice de détresse en mer par jeu, sous peine de sanctions pénales. Faire un usage festif du matériel pyrotechnique de survie en mer est totalement prohibé.

Combien d’artifices faut-il à bord ?

Le nombre d’artifices obligatoires à bord dépend de la catégorie de navigation définie par la division 240. Le RIPAM R37 (Règlement international pour prévenir les abordages en mer), dans son Annexe IV, donne la liste officielle obligatoire des signaux de détresse.

Dotation obligatoire selon la division (côtière, hauturière)

  • Navigation côtière (jusqu’à 6 milles d’un abri)

La réglementation impose au minimum 3 feux rouges à main. Cette dotation vous permet de signaler rapidement une détresse à proximité des côtes ou dans une zone fréquentée. Par « abri », il est fait référence à un port, une crique protégée, une plage accessible.

  • Navigation semi-hauturière et hauturière (au-delà de 6 mille)

Le matériel d’armement et de sécurité doit être renforcé avec :

– 3 feux rouges à main ;

– 2 fumigènes orange flottants ;

– 3 fusées parachute.

En navigation semi-hauturière, une radiobalise de détresse EPIRB n’est pas obligatoire mais fortement recommandée. Au-delà de 60 milles, elle est strictement obligatoire.

En navigation semi-hauturière et hauturière, une radio VHF fixe est obligatoire.

Tableau récapitulatif : catégorie de navigation → artifices requis

Combien de fusées sont obligatoires sur un bateau de plaisance ?

 

Catégorie de navigationDistance d’un abriArtifices obligatoires
BasiqueJusqu’à 2 millesAucun artifice obligatoire
CôtièreJusqu’à 6 milles3 feux rouges à main
Semi-hauturièreDe 6 à 60 milles3 feux rouges à main + 2 fumigènes orange + 3 fusées parachute + VHF fixe
HauturièrePlus de 60 millesMême dotation renforcée + balise EPIRB + VHF portative

 

Tous vos artifices de détresse doivent être rangés dans un lieu étanche et facilement accessible à bord ; vérifiez régulièrement leur état car ils peuvent être contrôlés lors des inspections des Affaires maritimes.

Récemment au Cap d’Agde (Hérault), deux plaisanciers ont embarqué sur un bateau à moteur de 7,70 mètres et sont tombés en panne de carburant de nuit. Comme ils n’avaient aucun artifice de détresse ni VHF à bord, ils étaient dans l’incapacité d’alerter les secours ; ceux-ci ont été prévenus par leurs proches restés à terre. Chris­tian, président de la station de SNSM de Port-la-Nouvelle déplore l’impréparation des deux hommes : « c’est incons­cient, dit-il, car, en plus de mettre leur vie en danger, ils mobi­lisent et exposent nos équi­pages et celui de l’hé­li­co­ptère ».

 

Comment utiliser une fusée de détresse ?

Les fusées de détresse doivent être manipulées avec précaution : une mauvaise utilisation peut provoquer des blessures graves, un incendie ou une explosion, voire déclencher une fausse alerte.

Il est impératif que votre équipage connaisse leur emplacement exact sur le bateau et sache les utiliser correctement et efficacement avant toute sortie en mer ; il ne s’agit pas de découvrir comment s’en servir en pleine situation d’urgence.

Fusée parachute : mode d’emploi étape par étape

Avant de percuter une fusée parachute, lisez attentivement les instructions figurant sur le boîtier.

  1. Mettez-vous en position très stable.
  2. Placez-vous dos au vent.
  3. Vérifiez qu’aucun obstacle ne se trouve au-dessus du bateau.
  4. Retirez la sécurité.
  5. Tenez fermement la fusée au bout de votre bras fléchi à cause du recul, et gardez le bras au-dessus de l’eau.
  6. Déclenchez le tir en percutant le film et tirez sur la languette (peut varier selon les modèles).
  7. Orientez le dispositif vers le ciel.

Par mauvais temps ou sous une couverture nuageuse basse, il peut être utile d’incliner légèrement le tir sous le vent afin d’améliorer la visibilité.

Une fusée de détresse ne doit jamais être dirigée vers une personne, une voile ou un élément inflammable.

Feu à main rouge : quand et comment l’utiliser ?

Déclenchez vos feux à main rouge si vous êtes en situation d’urgence vitale, c’est-à-dire si votre vie ou votre navire est en danger immédiat.

  1. Protégez vos mains : enfilez des gants résistants, car cet artifice chauffe intensément.
  2. Mettez-vous en position stable, en vous tenant aux haubans par exemple.
  3. Placez-vous sous le vent, pour éviter les projections.
  4. Retirez le capuchon de protection et actionnez le système d’allumage : tirez la languette, le percuteur ou frottez le grattoir (selon le modèle).
  5. Tendez le bras à 45°C et tenez la fusée à bout de bras vers l’extérieur du bateau pour éviter tout risque de brûlure ou d’incendie.
  6. Baissez les yeux à cause de la luminosité et de l’incandescence très forte.
  7. Si vous êtes dans le radeau de survie, gardez votre bras à l’extérieur du radeau.

En fin de combustion, ne pas le lancer mais le laisser tomber dans l’eau en ouvrant la main.

Fumigène : usage de jour vs usage de nuit

Le fumigène libère un panache orange qui permet aux secours aériens de vous repérer et d’évaluer la force du vent. Il est utile pour les sauvetages ayant lieu de jour.

  1. Placez-vous dos au vent pour que la fumée soit rabattue loin de vous.
  2. Au moment de la mise à feu, tendez le bras pour tenir l’engin éloigné de vous.
  3. Enlevez le capot.
  4. Tirez sur la languette.
  5. Si c’est un modèle à jeter à l’eau, jetez-le directement sous le vent pour marquer votre position sans risquer d’inhaler les émanations.
  6. Il n’est pas utile de déclencher un fumigène de nuit car sa fumée est invisible dans l’obscurité.

Fusées de détresse périmées : que faire ?

La Préfecture Maritime de l’Atlantique est claire : « pour votre sécurité, ne percutez jamais d’engin pyrotechnique dont la limite de validité a expiré. Leur enveloppe peut être endommagée (rouille, exposition aux rayons solaires ultraviolets…) et fragilisée au point de ne plus pouvoir contenir correctement la mise à feu. Cela entraîne un risque de brûlure grave pour l’utilisateur ainsi qu’un risque de retard d’allumage générateur d’accident ».

Quelle est la durée de validité des artifices ?

La durée de vie des artifices de détresse est généralement d’environ trois à quatre ans à compter de leur fabrication.

Avant chaque saison de navigation, il est impératif de vérifier :

  • la date de péremption ;
  • l’état du boîtier ;
  • l’absence d’humidité ;
  • la conformité des équipements.

Les feux de détresse doivent être éliminés et remplacés à temps pour rester conformes et être prêts à faire face à une urgence.

Où et comment éliminer les artifices périmés ?

Les artifices de détresse en mer, même périmés, restent hautement inflammables et instables. Pour la sécurité de tous, merci de respecter ces consignes :

À FAIRE

Rapportez vos feux périmés dans un magasin d’accastillage agréé ou autre point de collecte spécialisé. Ils seront :

  • Collectés en toute sécurité ;
  • Pris en charge par un transporteur spécialisé ;
  • Détruits dans des centres certifiés, sans danger pour l’environnement.

À NE PAS FAIRE

  • Ne laissez pas vos feux périmés dans votre bateau.
  • Ne les jetez pas à la poubelle ni aux ordures ménagères ;
  • Ne les brûlez pas ;
  • Ne les abandonnez pas en mer ;
  • Ne les utilisez pas pour des célébrations ;
  • Ne les apportez pas en déchetterie ;
  • Ne les laissez pas en capitainerie ;
  • Ne les apportez pas à la SNSM !

Conseil SNSM

Les secours en mer

Procédure MAYDAY : comment lancer un signal de détresse en mer ?

Le MAYDAY est l’appel international utilisé en cas de détresse absolue en mer et de péril imminent pour la vie humaine ou le navire. C’est une demande d’assistance immédiate qui s’effectue sur le canal 16 VHF.

Le MAYDAY suit une procédure stricte en 5 étapes clés, pour transmettre les informations vitales aux secours (le CROSS).

Les étapes du MAYDAY sur VHF canal 16

Comment lancer un Mayday en mer ?

  1. Dire « MAYDAY » trois fois.
  2. Donner le nom du bateau trois fois.
  3. Donner la position GPS du bateau.
  4. Décrire la nature du sinistre.
  5. Préciser le nombre de personnes à bord.

Finissez l’appel en disant « Terminé », puis attendez une réponse. Le message doit être répété jusqu’à accusé de réception.

Si vous avez du réseau, vous pouvez aussi composer aussi le 196 depuis un téléphone portable.

Artifices vs balise EPIRB : quand utiliser quoi ?

  • Quand utiliser les artifices de détresse : en cas de détresse avérée, lorsque vous apercevez un navire, un avion ou des sauveteurs à proximité et que vous devez guider visuellement leur approche finale (de jour comme de nuit). Ces artifices servent à signaler visuellement une position à courte distance pour attirer l’attention des équipes de secours en mer ou des navires proches ; ils ne déclenchent pas d’alerte automatique auprès des centres de sauvetage (CROSS) s’ils ne sont pas vus.
  • Quand utiliser la balise EPIRB : lors d’une situation critique ou d’un naufrage/abandon de navire imminent, en particulier au large (> 60 milles), où elle est obligatoire. Elle émet par satellite sur la fréquence 406 MHz pour alerter directement les secours internationaux. La balise EPIRB, une fois déclenchée, transmet l’identité du bateau et une position GPS précise ; si le bateau coule elle flotte librement.

Nous soutenir

Chaque jour depuis 200 ans, la SNSM agit pour protéger la vie humaine en mer. Grâce à nos 10 000 bénévoles, notre mission est de vous secourir en mer de jour comme de nuit.

Ecoutez les témoignages de sauveteurs et de rescapés sur notre podcast Sauvetage en Mer,  en accès libre sur toutes les plateformes de diffusion.

Donner à terre, c’est sauver en mer. Soutenez les Sauveteurs en Mer, faites un don.

Article vérifié par Antoine Breton

Directeur adjoint à la formation au sauvetage embarqué

Artifices de détresse en mer

La dotation en artifices de détresse dépend de la catégorie de navigation et de la distance d’un abri, prévues par la division 240. Elle varie notamment selon que le bateau navigue à proximité des côtes ou au large. Il est impératif de se reporter à la réglementation en vigueur pour connaître l’équipement exact correspondant à votre situation.

La fusée parachute permet d’être repéré à longue distance, le feu à main facilite le repérage à proximité et le fumigène sert principalement au repérage final de jour. Ces trois artifices ont donc des fonctions différentes et complémentaires lors d’une opération de sauvetage.

Une fusée parachute doit être manipulée conformément aux instructions figurant sur son boîtier et aux consignes de sécurité du fabricant. Son utilisation doit être étudiée en amont afin d’être maîtrisée en cas d’urgence : position stable, prise en compte de la direction du vent et absence d’obstacle au-dessus du bateau sont notamment essentiels.

Les artifices de détresse périmés ne doivent jamais être utilisés. Ils doivent être remplacés et confiés à une filière de collecte adaptée aux produits pyrotechniques, selon les dispositifs prévus localement. Ils ne doivent être ni jetés à la poubelle, ni brûlés, ni abandonnés en mer.

Une fusée de détresse s’utilise uniquement en cas de détresse réelle, lorsqu’un danger immédiat nécessite de signaler visuellement le bateau aux secours ou à un moyen de sauvetage proche. Son déclenchement injustifié peut mobiliser inutilement les moyens de sauvetage et avoir de graves conséquences.

Le MAYDAY est l’appel de détresse à utiliser sur le canal 16 VHF lorsqu’une situation de détresse grave nécessite une assistance immédiate. Le message doit notamment indiquer le nom du bateau, sa position, la nature du sinistre et le nombre de personnes à bord. Les artifices de détresse peuvent compléter cet appel, mais ne le remplacent pas.

Oui, la conformité du matériel de sécurité embarqué peut être vérifiée lors des contrôles des Affaires Maritimes. Il convient notamment de vérifier que la dotation correspond à la navigation prévue et que les artifices sont en bon état et dans leur période de validité.

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